CHAPITRE IX
envoyée à la main avant que le sujet n’ait reconnu le signal. A l’aide de cette méthode, Cattell put déterminer différents temps additionnels de discrimination. Expérimentant sur deux sujets il trouva qu’il leur fallait pour discerner et reconnaître un signal blanc 0,030 et 0,050 sec. ;
Dour distinguer une couleur d’unè autre,
0,100 et 0,110;
une couleur de dix autres couleurs,
0,105 et
la lettre A, en caractères ordinaires d’imprimerie, de la lettre Z,
0,142 et 0,137 ;
une lettre donnée de tout le reste de 1 alphabet (les sujets ne devant pas réagir avant l’apparition de cette lettre),
0,119 et 0,116.
Pour distinguer un mot de vingt-cinq autres mots, les temps varièrent de
selon que les mots étaient plus ou moins longs et appartenaient à un vocabulaire plus ou moins familier aux sujets.
Cattell attire l’attention sur ce fait que le temps nécessaire pour distinguer un mot est souvent à peine plus long que celui requis pour distinguer une lettre. « Ainsi, dit-il, nous ne distinguons pas séparément les lettres dont se compose un mot, mais bien le mot pris comme un tout. On voit l’importance de ce résultat pour l’enseignement de la lecture aux enfants. » Il a trouvé également que les différentes lettres exigeaient, pour être reconnues, des temps très différents ; E surtout était difficile et long à reconnaître.
On a aussi mesuré le ternes requis pour Vassociation d’une idée à une autre. Galton, se servant d’un appareil très simple, trouva que la vue d’un mot
CONDITIONS GÉNÉRALES DE l’aGTIVITÉ NERVEUSE 163
montré pour la première fois éveillait une « idée » par association en 5/6 de seconde environ. Wundt fit ensuite d’autres mensurations pour lesquelles le « signal » était fourni par des mots monosyllabiques prononcés par un assistant : les sujets devaient frapper une touche dès que le son du mot leur suggérait une idée connexe ; un appareil -enregistreur marquait les instants successifs où le mot était prononcé et la réaction signalée. L’intervalle total entre les deux inscriptions fut, chez quatre sujets, de 1,009 0,896 1,037 1,154.
Pour avoir le temps exact nécessaire à l’apparition de l’idée associée, il faut soustraire du temps total le temps de réaction simple et le « temps d’aperception » (celui employé à reconnaître le son du mot). Ces temps déterminés et soustraits, la différence, appelée par Wundt temps d’association, fut pour les mêmes sujets de
L’élévation de ce dernier chiffre s’explique facilement si l’on songe que le sujet était américain ; il devait naturellement associer moins vite des mots allemands que ne le faisaient des sujets nés en Allemagne. Le temps d’association le plus court fut obtenu par Wundt lui-même, auquel le mot « Sturm » (tempête) suggéra le mot « Wind » (vent) en 0,341 de seconde.
Cattell a fait quelques observations intéressantes sur le temps d’association, en prenant pour termes à associer la sensation visuelle de lettres et leur nom. « Je collai des lettres, dit-il, sur un cylindre animé d’un mouvement de rotation, et je déterminai la vitesse à laquelle on les pouvait lire à haute voix quand elles apparaissaient à travers la fente d’un écran. » Il trouva que cette vitesse variait selon que l’on pouvait voir par la fente une ou plusieurs lettres ; une demiseconde en moyenne était nécessaire pour voir et