‹ Précis de sociologieChapitre 26 sur 99 · Nietzche, Pav delà le Bien et le Mal · texte numérisé non relu

Nietzche, Pav delà le Bien et le Mal

activité de second ordre, une simple (( réactivité )). Bien plus, on a défini la vie elle-même : une adaptation intérieure toujours plus efficace à des circonstances extérieures (Herbert Spencer). Mais par là on méconnaît lessence de la vie, la Volonté de Piiismnce ; on ferme les yeux sur la prééminence fondamentale des forces d'un ordre spontané, agressif, conquérant, usurpant, transformant et qui donne sans cesse de nouvelles exégèses et de nouvelles directions, l'adaptation étant d'abord soumise à leur influence. C'est ainsi que l'on nie la souveraineté des fonctions les plus nobles, fonctions où la volonté de vie se manifeste active et formatrice. On se souvient du reproche adressé par Huxley à Spencer, au sujet de son (( nihilisme administratif ». Mais il s'agit là de bien autre chose encore que d'administration'. »

On ne sait vraiment pourquoi la pliilosophie sociale d'H. Spencer se décore du titre d'Individualisme. Avec son mécanisme passif, elle est aussi anti-individualiste qu'on peut l'imaginer. — Spencer, il est vrai, veut soustraire l'Individu à la tyrannie de l'État; mais c'est pour le subordonner plus étroitement aux influences dites naturelles ; le milieu, les mœurs, les coutumes les préjugés de race et d'ambiance sociale, en un mot à l'esprit grégaire.

La philosophie sociale de M. Ammon repose aussi sur le postulat du Monisme. — Le principe mis en avant par ce sociologue est l'idée darwinienne de ïlrdèrèt de l'Espèce, dont l'expression sociale est le compagnonnage animal, le grégarisme ou pécorisme. La morale humaine n'est qu'un degré supérieur de la morale animale. La sociologie humaine n'est encore que du pécorisme.

« Dans beaucoup d'espèces, dit M. Ammon, les individus vivent isolés; dans d'autres espèces, c'est

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