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Novicow, Con.-^cu'/ice et Volante i^cciales, p

qu'est-ce que la conscience sociale 65

à être d'une manière de plus en plus claire et de plus •en plus complète le scnsor^ium social, la fonction gouvernementale serait destinée au contraire à devenir de plus en plus inconsciente et automatique. « La fonction gouvernementale, écrit à ce sujet M. Novicow, n'est pas encore devenue inconsciente dans nos sociétés, •comme elle l'est devenue dans le corps humain. Les sociétés sont des organismes assez récents. La lutte pour l'existence n"a pas encore eu le temps d'éliminer les formes les moins parfaites et de laisser survivre seulement les mieux organisées. Mais il est facile de •démontrer que la perfection est dans l'inconscience. Masse de gens, même parmi ceux qui ont une représentation très nette du groupe politique dont ils font partie, ne veulent pas s'occuper des affaires de l'État. — Plus les gouvernements se perfectionnent, moins on s'en occupera. En effet, si le citoyen n'est molesté en aucune façon par ceux qui détiennent le pouvoir, il pourra ne jamais penser à eux. La fonction régulatrice deviendra alors inconsciente au sein des sociétés, comme elle l'est •déjà devenue dans le corps humain. »

Nous n'admettons pas pour notre part ces vues de ^L Xovicow, sur l'abdication future de l'individu. La définition que donne M. Novicow de la fonction gouvernementale exprime un état de fait qui peut se rencontrer dans telle ou telle société. Mais il est à souhaiter, selon nous, une fois admis que le gouvernement est un mal nécessaire que les gouvernants aient la conscience la plus large et la plus complète possible de la société dans toutes les complications de son mécanisme, et inversement que les citoyens ne se désintéressent pas de la fonction gouvernementale et ne se fient pas à elle •comme à une providence infaillible. — L'opinion de M. Novicow est un exemple du danger que présente le Biologisme social au point de vue de ses conséquences pratiques.

Le principal de ces dangers est de regarder l'auto-

matisme comme l'idéal en matière de vie sociale et d'amener l'individu à une attitude passive devant les pouvoirs sociaux. Une telle conception aurait pour effet de substituer à l'énergie individuelle l'inertie des groupes grégaires. Car il ne peut y avoir d'énergie au sens humain du mot, que par la conscience claire que l'individu prend de lui-même et de son milieu social. L'idéal social est un minimum de gouvernement; encore ce minimum doit il rester autant que possible sous le contrôle conscient deTlndivida. — A cet égard, les projets et tentatives de Référendum méritent d'être pris en sympathique considération.

LIVKE III

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