Tartlo, i,7f/c/c's (le P.-^fjr/iolot/ic son'ah', p
2. De Hobertv, Lr'.s- Fondcincnt.^ de l'Etliique. p. 126. Paris, F. Alcan.
seulement de saceroitre dans un cerveau individuel^ mais encore de se répandre au dehors, d'envahir les cerveaux mis en contact avec le premier. Et cela indéfiniment, selon notre mesure humaine, à travers les générations et les époques successives. Le progrès scientifique rend possibles toutes les autres formes de progrès.
Voyons maintenant quelles sont les Espèces du Progrès.
M. Tarde les ramène à deux : le progrès par accumulation et le progrès par substitution. Il y a des. découvertes ou des inventions qui ne sont que substituables. d'autres qui sont accumulables. Un problènie posé suscite toutes sortes d'inventions, d'imaginations contradictoires, apparues ici ou là, disparues bientôt,, jusqu'à la venue de quelque formule claire, de quelque machine commode qui fait oublier tout le reste et sert désormais de base fixe à la superposition des perfectionnements, des développements ultérieurs.
La lutte entre les inventions rivales qui cherchent à se substituer l'une à l'autre donne lieu à ce que M. Tarde appelle les combats logiques. Les soudures d'inventions^ dans le sens du progrès donnent naissance à ce que ce sociologue appelle unions lofjifjues. D'après lui, ce sont ces combats logiques et ces unions logiques qui remplissent tout le champ de l'histoire.
M. Tarde distingue à un autre point de vue le progrès inventif et le progrès imitatif. Ce dernier progrès, dans une société, provient de l'intervention d'influences extérieures. Le premier provient d'une action interne; il est l'expression des énergies propres d'une société.
Les causes du progrès sont multiples. On peut les ranger sous trois titres : 1" causes d'ordre mécanique; 2" d'ordre physiologique; 3" d'ordre psychologique et moral.
M. Spencer donne de la inanière suivante la formule de la condition mécanique du progrès : toute évolution
l'adaptation sociale et le progrès 137
est un gain de matière accompagné d'une perte relative de mouvement et toute dissolution l'inverse. M. Tarde traduit cette formule mécanique en disant que tout développement vivant ou social est un accroissement d'organisation compensé ou plutôt obtenu par une diminution relative du fonctionnement'.
Au point de vue physiologique, il faut invoquer avec les Darwiniens, comme facteurs du Progressa concurrence vitale et la survie des plus aptes. Faut-il ajouter l'hérédité des caractères acquis? Cette question est encore aujourd'hui une des plus controversées en biologie. Weismann. comme on sait, admet la non-transmissibilité des caractères acquis pendant la vie de l'individu. Les Lamarckiens admettent l'hypothèse contraire.
Voici comment un sociologue contemporain résume l'état actuel de la question : (( La victoire, dit ^L Matteuzzi, est désormais assurée aux Xéo-Lamarckistes, et ainsi se présente à la biologie un champ encore très vaste à explorer. Avec la théorie de Weismann, tout se limitait à la sélection naturelle... Au contraire, avec le principe de l'école adverse, le problème de l'hérédité des caractères s'impose à l'examen. — Or, si les sociologues avaient pleinement accepté les théories de Weismann, comme l'a fait M. Kidd, ils seraient fatalement tombés dans l'erreur, au moins pour les théories qui auraient eu pour fondement des lois biologiques d'une telle nature. Il aurait fallu attribuer tout perfectionnement organique à la lutte pour l'existence, en négligeant les facteurs plus simples et plus généraux de l'influence du milieu et de l'hérédité des caractères acquis'. ))
Nous admettrons pour notre part les conclusions de M. Matteuzi. La théorie de ^^>ismann nous paraît