‹ Précis de sociologieChapitre 107 sur 124 · Impuissance Diws us domaucb scuMnnQiïE · texte numérisé non relu

Impuissance Diws us domaucb scuMnnQiïE

Il n'y a aucun domaine où la liberté humaine paraisse se déployer plus librement que dans celui du Penser scientifi-

93i riNOIVlOU ET L£S PBÉiNOMÈNES PSYCaïQUES SOCIAUX.

que et philosophique. Les pensées ne sont-elles pas <c libres »?

IS ont-elles pas quelques territoires qui ne sont pas soumis à la censure et que les procureurs de l'Etat ne rendent pas dangereux? L'homme libre peut dune là prendre sêb ébats à sa guise et se réjouir de sa liberté : il le fait du reste, comme il Ta toujours fait, sans contrainte et sans restriction. Or le but de son travail intellectuel est de découvrir des vériUs ; c*est donc d'arriver à connaître. Et qnel est le résultat de ces « libres » efforts, qui ont été continués pendant des siècles? Encore l'histoire du bouchon! Après beaucoup d'essais inutiles faits par des hommes au Penser « libre », voici que quelqu'un a la main heureuse et trouve le bouchon qui convient à la bouteille philosophique. Le vide est comblé. Mais y a-t-il là une œuvre de notre esprit libre? Y a-t-il là un mérite de notre travail intellectuel? Du tout! C'est la nécessité immanente aux choses et aux situations... qui s'accomplit : en tâtonnant dans les ténèbres, nous rencontrons une vérité.

La recherche scientifique et philosophique faite par notre « esprit libre », cette application si haute de la « liberté » humaine, n'est qu'un jeu de hasard. Les vérités philosophiques et scientiûques sont des numéros gagnants entre les millions de numéros perdants d'un immense tourniquet qui tourne sous nos yeux, et nous, « penseurs libres », qui nous targuons de notre « travail intellectuel », nous sommes comparables aux petits enfants qui s'y prennent gauchement pour lancer la roue. — Voici que l'aiguille du disque tournant s'arrête sur un bon num«h*o. Dès lors, l'heureux gagnant est un penseur fêté, dont on vante les u mérites u. 11 est cependant bien étranger au résultat de son travail intellectuel. 11 n'a ni plus ni moins de mérite que les « mazettes » auxquelles la déveine n*a fait amener que des erreurs scîentiflques et philosophiques. Il n'en a pas plus, disonsnous, car les malchanceux, en faisant passer sous l'aiguille fatale les innombrables mauvais numéros, ont contribué pour leur part à ce que celle-ci s'arrêtât sur un bon; ils sont tout aussi estimables et méritants que le gagnant. El même le « grand philosophe » qui apparaît « une fois

dans des milliers d'années » a plutôt mains de mérite qoe les phalanges des petits, car, si le premier a eu la chance de hîen lancer le tourniquet, c'est parceque les autres ont

rendu possible cette chance en donnant rimpuisiou à la mécanique nonibre de fois avuut lui.

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