HISTOIRE DE L'HUMANITÉ : VIE OU 6ENRB HUMAIN
Philosophie de rhistoire et sociologie.
La relation qu'il y a entre la sociologie et la philosophie de rhistoire est analogue à celle qull y a entre la statistique et l'histoire.
On a souvent dit que la statistique était une tranche d'histoire. Gela signifie que la statistique s'occupe d'une situation déterminée, tandis que l'histoire voudndt-embras* ser l'ensemble du cours des destinées de l'humanité. Il est évident que ce désir est tout simplement impossible à réaliser et que toujours la nature des choses empêchera l'histoire d'accomplir une pareille lâche. La statistique, se bornant dans le temps et dans respace, a donc une grande supériorité, en ce qu'il lui est possible de venir à bout de ses entreprises.
Il en est de même pour la sociologie et ta philosophie de l'histoire. Celle-ci se propose de nous donner une idée générale de l'histoire de l'humanité; elle prétend nous donner la théorie du cours entier de l'histoire humaine, et partant elle est condamnée à échouer contre l'impossibilité d'apercevoir jamais l'ensemble. — Prendre l'idée d'une partie pour l'idée de l'ensemble faussera toujours l'idée de l'ensemble.
La sociologie, au contraire, est plus en mesure d'exécuter ses projets, puisqu'elle s'impose elle-même des limites. Elle renonce à embrasser l'ensemble de l'histoire de l'humanité;
elle se contente d'étudier /e processus après lequel s'élaborent les associations humaines^ — ce processus de Devenir^ dont l'éternelle répétition constitue toute histoire. Elle ne s'occupe donc pas de la signification du cours général de
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l'histoire, — ne le connaissant pas; elle se contente d'établir la régularité de ce cours, d'étudier la façon dont s'opère le développement social, — bref, d'exposer les processus réguliers qui, sortis d'un contact donné entre des sociétés humaines, se déroulent en vertu de ces contacts et de réactions réciproques.
Ainsi, il est bien entendu que nous n'avons pas le dessein de nous aventurer à parler du cours général de l'histoire de l'humanité. Nous laissons cela à l'histoire de la philosophie. Mais nous étudierons les questions de principe qui ressortissent à la sociologie : celles relatives à la régularité dans le cours de l'histoire politique, ainsi qu'au mode de développement des sociétés. Nous examinerons si de grandes sections du cours de l'histoire ne nous offrent pas certaines idées, des directions générales (par exemple le progrès, l'anoblissement etc.) ou des formes collectives de processus sociaux.
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Régnlaiitô dans lo développement.