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S4 HISTOIRE DE L'HUMANITÉ : VIE DU GENRE HUMAIN

UevXf se déroule toujours d'après la même loi. Donc, ce que nous avons décrit plus haut, ces transitions par les* quelles... à la horde pour nous primitive, avec communauté

des femmes et famille maternelle, succédât le rapt des femmes et le mariage consécutif, puis des orçanisations simples pour dominer, puis la propriété, TEtat et la a société », — tout cela, nous avons à nous le figurer... non point comme un processus spécial à une humànité qui représenterait à nos yeux une collectivité se développant sur une seule ligne ou sur plusieurs, à partir d*im moment déterminé j mais comme un processus s'accomplissant en $e renouvelant toutes les fois que et partout où se rencontrent les conditions sociales préalables qui lui sont nécessaires. Si aujourd hui encore nous pouvons observer, dans de lointaines parties du monde, les phases primitives de ce processus... s'accomplissant avec autant de jeunesse et de spontanéité qu'elles ont pu en avoir dans notre propre passé, cela ne s'accorde qu'avec un concept de ce genre et non avec le concept contraire, que nous avons mentionné.

La description que nous avons donnée du développement social prétend à au Li e chose qu'une vérité chronologique et locale, s'applique à autre chose qu'un sujet déterminé ; ce qui lui appartient et ce qu'elle revendique, ce n'est qu'une vérité typique^ car notre description est celle d'un processus qui concerne le genre homme, partout oii et toutes les fois que des groupes d'hommes se sont trouvés, se trouvent... dans les conditions sociales adéquates.

C'est donc faire preuve d'une manière de voir tout à fait fausse que de parler, comme le fait Comte, d'un « déveluppemonl de l'humanité ». On ne peut parler que d'un développement social dans le ressort du genre homme. Toujours ce développement commence partout où se trouvent, pûtout oii s'établissent les conditions sociales adéquates; il se pour* suit régulièrement jusqu'à un point final où, ne trouvant plus les conditions nécessaires & son développement, les manifestations de forces sociales... qui lui sont indispensables, il se ralentit et s'arrête. On ne saurait douter de la réalité d'un pareil arrêt du développement, lorsque l'on voit

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les nombreuses régions qui étaient autrefois un lliéiltrc tle civilisation, un théAtrc de puissant développement social, et qui sont aujourd'hui désertes, abandonnées. L'Asie, l'Amérique, l'Afrique nous fournissent de nombreux exemples de territoires étendus dans lesquels aujourd'hui toute vie est éteinte, sur lesquels cependant des développements sociaux avaient jadis produit de grandioses résultats de civilisation. D'autre part, il ne serait pas impossible que, dans les mêmes régions, le développement social recommençât, — il est même probable que ce développement social recommencerait... si les conditions adéquates survenaient : par exemple si de nouveaux colons venaient s'y établir.

Ces faits sont donc propres à faire penser que le développement social présente d'ordinaire un cours cydoidal. Ce qui suffirait déjà à confirmer cette idée, c'est que le développement des États lui môme est cycloïdal.

Je ne puis me dispenser de revenir ici sur celte idée que j'ai déjà exprimée à plusieurs reprises.

lY.

Le cycle du développement.

Lorsque j'affirme que la vie dos Etats présente un cours cycloïdal et que toute nation parvenue à l'apogée de sa civilisation marche à son déclin, qu elle n est pas loin d'être emportée par quelque invasion barbare, je ne ine dissimule pas que cet énoncé rappelle un peu les aphorismes de Hegel * et de Schftffle. Les esprits calmes ne sont guère disposés à prendre au sérieux une affirmation de ce genre.

11 n'est cependant pas diflicile de signaler, dans les conditions^naturelles, écono?7iigiics et sociales y de la vie des peuples, les causes de ce mouvement cvcioïdal, et ces causes sont si évidentes, leur action est si prédominante et si générale, en même temps si nette et incontestable, que, quand on les connaît, on ne peut manquer de se convaincre de la généralité et de la nécessité naturelle de leurs effets.

Ces causes se trouvent dans le domaine dé la vie économique et populationnelle. Or c'est là un domaine où il est absolument indéniable que l'homme n'est point libre, (ju'il dépend de besoins physiques^ où Jonc on peut irréfutablement compter avec les hommes comme a\ ce des forces naturelles aveugles qui suivent leur voie régulière. Les hommes, comme nous l'avons vu, poussés par ces besoins et obéissant à. leurs aspirations, s'élèvent toujours, par groupes ou par sociétés, d'un état primitif à un état civilisé, et, une fois arrivés à cet état, ils agissent de telle sorte (jue leur décadence, causée par d'autres jrroupes et sociétés, ceux-ci en plein essor, devient inévitable.

Chez un peuple primitif, par conséquent pauvre au point de vue économique, le seul besoin qu'éprouvent instincli-

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vemenl les hommes, apr^s celui de la conservation personnelle, est celui de la reproduction du genre. Là on procrée beaucoup d'enfaots et la population augmente considérablement.

Chez les peuples à un haut degré de civilisation » l'homme désire assurer autant que possible à ses enfants une existence matérielle meilleure que celle qu'il a eue en partage.

Chez les peuples à un degré inférieur, au contraire, un désir de ce pronrc ne peut restreindre Taugnienlation des naissances, et cela pour une raison bien simple : c'est que tout être humain représente chez eux une force de travail de plus, ce qui déjà contribue à améliorer la situation. Une famille qui ne possède rien s'augmente donc sans souci, car les membres futurs de la famille ne seront pas plus mal partagés, sous le rapport de la propriété, i|iie les membres actuellement vivants. Et même l'augmentation du nombre des travailleurs donnera plus de bien-être à toute la famille.

Telle est la raison pour laquelle la population augmente fortement chez les peuples à un degré inférieur de civilisation et de bien-être. Tant que dure ce mouvement d'augmentation, ils représentent, vis-à-vis d'autres communautés, une ptassance populationnelle ascendante qui, à l'intérieur, peut' s'appuyer sur sa production ascendante. Une population qui marche ainsi à la prospérité économique peut parfaitement constituer la base d'un système, politique dominé par une minorité très instruite et civilisée ; elle forme ensuite, dans son développement normal, les assises dé la puissance politique de cet État. Mais il ne peut manquer d'arriver qu'au cours du développement du dit État les couches inférieures du peuple s'élèvent à un degré supérieur de civilisation et de bien-être : dès lors, le souci du bien-être de la " postérité commence à ralentir le mouvement des naissances. L'insouciance de jadis, conipague de la pauvreté, fait place à une « sage prévoyance » et la population devient stationnaire; elle finit par rétrograder. Partant la communauté devient plus faible en population qu'une communauté ne se trouvant point encore à cette phase de « raffinement », ce

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qui entraîne la faiblesse économique et la décadence politique, tandis ^ju'une autre communauté, — celle-ci encore à un degré inférieur de développement, celle-ci possédant encore une classe prolétarienne qui est pauvre et qui« par suite, est en voie de développement normal, — remporte la victoire, grâce à sa puissance populationneUe.

Telles sont les causes réelles, toujours et partout agissantes, qui produisent le mouvement cycloïdal dans la vie des peuples et des Étals et qui expliquent pourquoi des nations très développées, avec toute leur civilisation, sont toujours anéanties par des « hordes de barbares ».

Ce n'est pas toujours et forcément du dehors que viennent toutes ces « hordes de barbares » ; celles du dehors, si elles

étaient seules, ne seraient pas capables de détruire de fond en comble de puissants Etals civilisés. Chaque Étal, malheureusement, et ceci d'autant plus qu'il se trouve à un plus haut degré de civilisation, renferme en lui-môme des hordes de barbares qui n'attendent qu'un signe, un moment critiquet dans une guerre intérieure ou étrangère, pour commencer l'œuvre de destruction. Le renversement de tant de puissants États civilisés. . . par des hordes de barbares peu nombreuses. . . ne se comprendrait pas, si l'on ne savait qu'au moment du danger la colùre que les ennemis sociaux de l'ordre existant conservaient on eux-mêmes contre les riches et les chefs... éclate violemment, met le feu partout et réduit en cendres l'œuvre pénible des siècles.

. On ne peut empêcher ces ennemis intérieurs de devenir d'autant plus nombreux^que le développement de iacivilisa«

tion proL^resse davantage; ils sont comme un germe de destruction grandissant peu à peu dans chaque État et en préparant la ruine, tandis que les ennemis extérieurs lui donnent l'assaut.

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Progrès et nouveauté.

i. — Le prooeès n'sst incohtistable que poqe caoànm

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