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PÉRIODES DE DÉVELOPPEMENT

Le fait de ce développement cyoloïdal des États et des peuples est décisif pour la question du « progrès » dans le domaine de Thistoire humaine.

Deux assertions que j'ai émises clans La lutte des races ont choqué beaucoup de personnes et provoqué de vives critiques. Il semble que je ne me sois pas bien fait comprendre. J'aurais dit qu'il n'y a aucun progrès et qu'il n'y a rien d'essentiellement nouveau dans le domaine de la recounatssance intellectuelle. Mes affirmati<ms n'étaient pas aussi absolues. Je crois donc devoir donner quelques édaircissements nouveaux.

Je reconnais absolument le progrès dans le développement d'un monde de civilisation isole\ développement recommençant chaque fois et chaque fois s'achevant ; c'est ce qu'a exactement aperçu l'auteur d'un compte rendu très bxef, dans la revue anglaise « Mind ». Cet auteur s'exprime ainsi: « La conclusion à laquelle arrive Gumplowicz est qu'il n'y a rien qui ressemble soit à un progrès, soit à une rétrogradation, dans le cours de Thistoire considéré comme un tout, mais qu'il n'y a progrès ou rétrogradation que dans les périodes particulières d'un processus qui fonctionne perpétuellement en cercle... dans certaines contrées où le processus social recommence perpétuellement. » Il est vraiment curieux que le critique anglais, analysant mon ouvrage en quatorze lignes, exprime exactement ma penséOf

360 HI8T0IRB DB L'flUHANITÉ : VIB DU 6BNR8 HUMAIN.

.alors que tant de critiques allemands, daus dos comptes rendus détaillés, affirment que je nie obsohimmt tout progrès [\)\ En tout cas, je vois par là que je ne me suis sans doute pas exprimé avec assez de clarté sur ce point, et je me crois par suite obligé d'exposer mes idées plus longuement, — plus clairément, si je le puis.

Considérant l'homme comme un type constant, non seu-

(i) Par coutrc, Maurice Block, daus le Journal des économistes, serait disposé à ac«'eptpr la nrfjalion complète du progrès (Je ne vais yms aii<«>i loio) 81 j'avais fait une réserve au sujet de la scieuce et de ses applicatiouiï techniques. Le paesagc par lequel Maurice Bloelc termioesen compte rendu de La tulle des races est trop remarquable pour que je oe le reproduise pas ici : « Une des vues de l'auteur aura de la poinc à se faire admettre : c*e?t la Qégalion du progrè»; les choses chaugeut eu apparence, uiais doo eu réalité; elles Ghaugent, si Ton peut dire alusl, de bêtement, mais non de corps ni d'esprit; et pourtant il y a du vrai dans cette proposition, et si l'antour avait eu la précaution oratoire de réserver la science et «es applications iiiaustrielles, j'aurais été assez porté à lui donner raison, car je me suis plus d'une fois demandé si l'on peut prouver qu'il existait A Mcmphis, Babylone, Niol^e, proportionnellement à l'ensemble des babilant«, moins de braves gpns qu'à Parii*, Londres et Berlin. « J'adh«'rc volontiers à cette réserve demandée par M. Block eu faveur des sciences et des arts, mais seulement avec la contre-réserve exposée dans le texte au sujet de VintUer^ ruption du développement de la civilisation humaine! Qui nous garantit que le fil de ce (lévcloppement, même du développement intellectuel, ne casse pas complèlemenl de temps eu temps et que plus tai'd les générations désireuses de s*élever à leur tour ne sont pu réduites à en filer un tout nouveau? Leur rcsle-t-il quoi que ce soit des acquisitions antérieures?

Était-il parvenu au moyen A«re européen quelque chose des connaissances astronomiques, iudubitablcmcut très étendues, des Chaldéeos et des anciens ÉgyptieosT Le fil n'était-îl pas comptèlemmt rompu? Lorsque pous comparons les grotesques œuvres tles artistes du moyeu âge européen chrétien avec les produits de l'art grec, ne sommes-nous pas forcés de reconnaître que le courant du développement de la civilisation humaine se perd de temps en temps dans le sol pour reparaître longtemps après sur quelque autre point très éloigné, après s'être pênihlenient frayé un chemin à travers d'étroites fissures? Serait oîi, par hasard, fondé à croire que des catastrophes comme celles qui anéantirent subitement des civilisations ayant coûté des siècles de travail soient désormais impossibles? que nouf, avec nos presses i imprimer et nos machines à vapeur, nous soyons garantis par quelque charme nia^jiquc et que notrfi OMivre iiitellectuellc ne périra jamair^ " Nous ne demauderiuus pas mieux que d'adopter cette opinion, pourvu que des hommes de science consentissent à nous rassurer sur un seul point : la stabilité de nos continents. A en juger d'après plusieurs indices très récents, les forces qui se «ItM-haiiient sous nos pieds, à l'intérieur de notre planète, paraissent avoir tr< â peu de re;«pect pour les produits de notre intelligence cl de notre art, très peu d'égards pour les lois du développement de la civilisation bumaine. En vérité, la civilisation bumaine est menacée par des forces anarchistes de nature double : les «mes... godales, les autres... co.-miques. Nous smirons bieu nous garder contre les premières; quant aux secondes, puisse un heureux sort nous protéger longtemps encore contre elles I Alors nous serons assurés de notre progrès indéfini dans les sct^ce», les ar<r etletlcv/btigtief.

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