‹ Précis de sociologieChapitre 21 sur 124 · Phénomèmes soaAvr · texte numérisé non relu

Phénomèmes soaAvr

Puisque nous allons avoir à nous engager sur le ten*ain spécial des phénomènes sociaux, il nous faut nous rendre . compte de Tessence et de la notion de ces phénomènes, puis en séparer le terrain... de tous les autres terrains de phénomènes, chercher à l'envisager dans son ensemble, enfin reconnaître les principaux phénomènes qui s'y produisent. En môme temps, nous premlroiis contact avec les sciences spéciales qui succupcnt de ces divers groupes de phénomènes et que i on a le. droit de désigner par le nom collectif de sciences sociales.

Par phénomènes sociaux, nous entendons les situations qui se produisent par la coopération de groupes humains et

de communautés. Ces groupes et communautés constituent les éléments sociaux de ces situations créées par eux. Nous devons considérer comme étant les éléments sociaux les plus primitifs et les plus simples ces hordes humaines primitives dont il doit forcément y avoir eu un grand nombre, comme nous l'avons établi ailleurs. (Voir La lutte des races, pages 54 et suivantes.)

Toutes les combinaisons et intrications poslérieures lie ces éléments sociaux les plus simples en de grandes communautés, tribus, clans, peuplades, Étals et nations, sont autant de phénomènes sociaux. Mais, indépendamment des conditions sociales existant entre les éléments sociaux et les collectivités constituées par eux, la coopération de ces éléments et leur influence sur l'esprit individuel produisent les pbéuomèncs psychiques sociaux tels que langue, coutume, droit, religion, etc.

Le territoire de la sociologie s'étend sur tous ces phénomènes ; elle a à étendre ses investigations, de son point de vue, sur eux tous et à démontrer le pouvoir des l<ns sociales dans leur développement.

Or ces divers groupes de phénomènes ont été pris pour objets de sciences indépendantes : cela n'empêchera pas la sociologie de les étudier de son point de vue de science sociale. La plupart d'entre eux, jusqu'à présent, n'ont été examinés que d'un point de vue exclusivement individualiste. C'est précisément la tâche de la sociologie, d'étudier l'origine Sociale de ces groupes de phénomènes, la façon sociale dont ils se produisent et les lois sociales de leur développement.

La sociologie aura donc à étudier successivement ces • divers groupes de phénomènes ; elle aura donc à s'occuper implicitement, au point de vue suciologique, des diverses sciences dont ils forment l'objet.

Le substratum de tous les phénomènes sociaux ét^nt le genre humain, on peut désigner celui-ci ou, d'un mot, l'humanité comme étant l'objet proprement dit, l'objet scientifique de la sociologie. Il est évident que la notion, la compréhension exacte ou fausse, de ce qu'est l'humanité pour l'histoire naturelle, de son essence historico-naturelle, si l'on

NOTION, PROBLÈMBS, ÉTENDUE DB LA SOCIOLOGtE. 133

peu l s'exprimer ainsi, ne peut manquer d'avoir une influence décisive sur la destinée de la sociologie, sur sa réussite Ott sur son insuccès. La faute de calcul, même la plus petite^ que nous commettrions, — en envisageant Thumanîté, considérée comme appartenant à Thistoire naturelle, ses commencéments et son développement, — entraînerait infailliblement des erreurs cciil fois et mille fois plus cousidcrables dans la suite deVédirication de cette science.

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