Gâbl Vogt
Qu'il me soit permis, avant tout, de citer encore, comme garant de la « pluralité primitive » et de la « constance » des races humaines, une autorité de premier rang dans les sciences naturelles. : Cari Vogt (2). Voici comment il
(1) Caspari dit avec rai^^nn : < La notion de force suppose une relation avec une autre force, celle-ci étrangère, que l'on nomme la résistance. Une force sans résistance serait uue force sans lorce, par conséquent une absurdité ineoDcevable. Celui qui parle de force ett donc obligé de comprendre en m^mc temps par là la résistance memnique à cette force, nu bien il se contredit. C'est pourquoi tous les iiivesti^^ateurs en philosophie formés par l'étude des sciences naturelles et ayant étudié la mécanique ont reconnu qu'il fallait toujours supposer uoe pluralité primitive de véfdculêi de ftirees ('pars : les centres de force, les atomes de force de Dt^mocrile, ou les monades de Leibuitz, ou tes réalités de Herbart, ou les djrnamides de Rudteubâcher, etc. » (La revue Kosmoa^ I, 9.)
il) Je ferai remarquer encwe que, parmi les anciens oaturalisteevCuTier. Bulfon, Lat *' pè(ie. Burdach se sont déclarés pour le polyi^i'u^'tipine, que. parmi les philosophes, VVhewell dans « Spuren dn" Gollkeil » [Traces Je la Divinité) coniidère les nègres comme une espèce d'hommes particulière, d'une autre
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S exprime dans ses « Vorlesungen ûber deii Mmschen » (Leçons sur l'homme) (1).
« Personae certaînement ne se serait avisé de douter de la différence des diverses espèces humaines, s*il n'avait pas fallu afBrmer à tout prix Tunité, maintenir en face de ce fait évident un myllie qui ne nous paiaiL si vénérable qu'en raison de ce que, avec ce qui s y rattache, il bafoue toute science positive. »
« Aussi loin que nous remontions avec les traditions, même celles qui remontent jusque dans l'antiquité la plus reculée, nous constatons toujours ceci : les hommes qui émigreni et qui découvrent de nouveaux pays trouvent, dans ces pays, des habitants humains, lesquels ne leur paraissent pas moins étrangt s que le monde animal et le monde végétal. Les îles les plus graïules, tous les continents de tous les climats depuis les chauds jusqu aux plus froids ont toujours été trouvés habités par des hommes, lorsque des navigateurs et des conquérants s'avancèrent jusquelà. » Vogt rappelle ensuite avec raison que « les légendes religieuses qui prennent pour sujet, souvent avec une rare bizarrerie, la naissance du genre humain ne racontent jamais ([ue la naissance d une seule tribu, laquelle s'estime privilégiée. Or ces légendes elles-mêmes trahissent dans leurs parties accessoires la conscience de ce que, lors de la création de l'ancêtre, la terre était déjà peuplée ailleurs. » (Vogt donne comme exemple le récit biblique.) — « Le seul fait duquel nous puissions partir est l'état de dispersion primordial des hommes sur la terre, qui implique la diversité primitive de ces hommes dispersés sur la surface de la terre. On aura beau s'égarer dans des spéculations théoriques sur l'apparition du genre humain et sur la diversité des espèces d'hommes, on aura beau apporter des preuves et des conclusions importantes en faveur de la thèse de l'unité origi-
provenance généalogique que le» autres hommes; Bory et Viercy pi'x aussi proXesseut le polygcoétisme. Perly dit à ce sujet : « Ce qui £st de beaucoup le plut vndttembtable, e*eft<|u6, tar les divers points du globsi ftdes époque» toutes très éloignées de la nôtre, llasorgldes hommes de nature diflérente. »
{Ethnographie, 1859, p. 38C.) (ij Giesseu, 1863, 1. 1, p. 284.
nelle du genre humain; tout ce qui est certain, cest qu il n'y a aucun fait historique, nî, comme nous Tavons précédemment démontré, aucun fait géologique qui puisse nous mettre sous les yeux cette unité rêvée. A quelque distance que nous puissions porter nos regards en arrière, nous trouvons partout des races (rhommes différentes^ répandues sur diverses parties du globe, »
« Ce n'est pas seulement la diversib^ des races qui a été complètement établie, c'est aussi leur constance dans le cours du temps. Nous avons déjà cherché à démontrer que l'on peut suivre ces caractères par delà les temps historiques jusqu'à Tépoque des constructions sur pilotis et jusqu'à 1 âge de pierre, jusque dans les cavernes et les terrains d'alluvion. On peul dcmontrer, d'apn'^s les monuments égyptiens, que, déjà sous la douzième dynastie, environ deux mille trois cents ans avant J.-C, dos nègres furent amenés en Kgyple ; que, depuis cette époque, des expéditions ayant pour but la capture et l'esclavage do nègres, — expéditions analogues à celles qui ont lieu de temps en temps... même de nos jours, — se sont renouvelées sous les diverses dynasties, comme le prouvent les cérémonies de triomphe de Totmès IV^ environ 1700 ans avant J.-C, et de Rhamsès III, environ 1300 ans avant J. -Ci. On voit là de longs défilés de nègres captifs dont les traits et la couleur sont reproduits dans tous leurs détails avec une lidélité merveilleuse; on voit des scribes égyptiens qui enregistrent des esclaves avec femmes et enfants, ceux-ci ayant sur le crâne ce duvet planté par touffes qui est particulier aux enfants nègres. On voit même beaucoup de têtes qui présentent les particularités caractéristiques des diverses tribus de nègres habitant dans le Sud de l'Égypte : l'artiste, en figurant à côté la tige de lotus, a signal (' expressément des tribus méridionales. Du reste, ce ne sont pas seulement les nègres, mais aussi les Nubiens, les Berbères, ainsi que les anciens Égyptiens eux-mêmes,... qui sont représentés avec leurs pieurticularités caractéristiques, lesquelles se sont maintenues parfaitement inaltérées jus(|u'à nos jours. » — Yogt cite ensuite les assertions de Broca, Morton et Jomard, assertions étayées de preuves,
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sur l'identité du type du fellah contemporain et du type dos Egygliens de 1 époque dos Pharaons, et il poursuit : " La m<!'nie constance absolue des earaclères peut se d(^inonti*er d'une façon convaincante pour les autres races avec lesquelles les Égyptiens ont été en contact Les juifs sont aussi reconnaissables que les Tartares ou les Scythes contre lesquels Rhamsës III guerroya. »
u Pareillement nous voyons reproduits sur les monuments de TAssyrie et des Indes les caractères dos races qui habitent encore aujouid liiii ces contrées, de sorte que môme à cet égard la constance des caractères chez les races humaines se montre hors de doute. »
Indépendamment de cette constance, Yogt accorde aux « races naturelles » du genre humain une <c certaine faculté d'adaptation »gr&ce à laquelle « lorsqu'elles sont transportées dans d'autres conditions, elles subissent certaines variations constatables ». Ces transformations toutefois ne dépassent jamais un certain maximum tre.s rapprociié, qui u'offace pas les caractères essentiels des races : c'est donc une erreur que de vouloir, avec Darwin, — d'exemples isolés de faibles variations consécutives au transport d'une espèce humaine dans un milieu qui lui est étranger, — conclure que ces variations ne cesseront de progresser de plus en plus, dans le cours des temps, et qu'enfin les caractères essentiels de la race disparaîtront, la race sera modifiée,
« Pour nous résumer, tous les prétendus exemples que Ton a donnés jusqu'à présent de modilications de races humaines, la souche étant conservée pure, par simple effet de changement de milieu, d'émigrations dans d'autres pays, etc., sont bien insignifiants et ne concernent pas les caractères profonds des races. Ces modifications, que du reste nous ne contestons pas complètement, sont loin de rendre compréhensible la diversité du genre humain. » Vogt conclut : « Eu suivant ies faits^ nous sommes fora's de prendre pour point de départ la diversité fondamentale
primitive des races (1). »
(l}6iaMeD,t II, p. 241.
n fuat nous borner à ces citations de Yogt. Noos nous laisserions entraîner trop loin, si nous essayions de suivre
les excellentes explications qu'il donne plus loin et dans lesquelles il d(5montre, par des exemples frappants, non - seulement que la théorie de Darwin se concilie parfaitement avec le polygénétisme, mais môme que celui-ci est une conséquence wfeessaire de cette théorie.