‹ Précis de sociologieChapitre 32 sur 124 · SUBSTRATA DES LOIS SOCIALES · texte numérisé non relu

SUBSTRATA DES LOIS SOCIALES

est pas à lui, mais simplement à ce que c'est une erreur de croire qu'aucun des peuples historiques ait jamais formé une unité généalogique.

Aussi Virehow, après de laborieuses investigations, au lieu de découvrir le « type primitif » des Germains, qu'il ■ cherche, arrive-t-il à rucouaaître qu' « il est ahsolument arbitraire jusqu'à présent d'admellre un type germanique primitif, simple. Personne n'a prouvé que tous les Germains eussent la môme forme de crâne, ou, en d'autres termes, que les Germains fussent originairement une nation parfaitement homogène [!], dont le tfpe le plus pûr serait fourni par les Suèves et les Francs. Si les Germains et les Slaves sont des divisions de la même souche indo-germanique, si la brachycéphalic slave n'empôche point d'admettre des arric'^re-ascendants communs '?] pour les Germains dolichocéphales et les Slaves, on devrait penser que la découverte de Germains mésocéphales et même brachycéphales, pour lesquels on ne pourrait soupçonner aucun mélange slave, serait plutôt une circonstance favorable. Alors la grande lacune serait comblée, la compréhension de la parenté primitive serait facilitée par la découverte de membres intermédiaires réels. S'il y a eu jadis dans rexlr<?me Orient un pays primitif commun à la nation germanique, il me semble très possible et tout indiqué que des différences de ce genre aient été apportées, dès cette époque, dans la patrie nouvelle... »

. On voit avec quelles précautions et combien à contrecœur Yirehow constate quil n'y a point d'unité anthropologique d'un peuple germain. Il réclame du reste d'autres recherches sur ce sujet. « Peut-être constalera-l-on », pense-t-il, « qu'il y eut elVcctivemeut, de toute antiquité, eu Allemagne, des tribus de Germains différentes entre elles, et c'est ce que semble montrer le résultat de nos statistiques scolaires. Ces tribus se seraient avancées de l'Ëst à l'Ouest, les unes à côté des autres, et se seraient étendues davantage vers rOuest. »

Ce que l'anthropologiste entr'aperçoit comme une hypothèse en étudiant ses matériaux craniolugiques, le fait dus

tribus différentes entre elles, apparaît de prime abord au sociologiste, comme résultant de la nature des choses; seulement, c'est un préjugé national que de désigner ces tribus comme étant des tribus « de Germains ». Il y avait,

entrem(^lées, toutes sortes de tribus hétérogènes, et ce sont ces tribus... qui, avec le temps, par l'effet du contact et d'une marche commune de civilisation, résultant de ce contact, ont constitué une unité « germanique ».

Retenons un aveu de Tanthropologiste, aveu qui est précieux pour nous : « Ce type collectif (germanique) n'est pas autant qu'on Pavait admis jusqu'à présent un type sans mélange» »

Plus les recherches anthropologiques progressèrent, plus on recoiiiiul <|u"il ne peut pas y avuir de « type sans mélange », même chez les tribus les plus loiiiluines, môme chez celles qui sont complètement exclues des engrenages de l'histoire, des migrations et mélanges de peuples. C'est ainsi que la présence de plusieurs chez les anciens habitants des Frises force Virchow à admettre qu' « il existait peut-être là amnt eux d'autres peuples qui furent soumis par eux et dont le sang se mélangea avec le leur ». Le fait de seiiiljlables mélanges paraît ressortir, en outre, ih^s études craniologiques faites sur les Finnois et les Lapons d'aujourd'hui, ainsi que sur les Weddas, qui vivent à l'état sauvage dans l'intérieur de l'Ile de Ceylan, où ils semblent isolés du reste du monde, non moins que sur les crânes retirés des antiques tombeaux de Troie (1).

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