KOLLMAKN
A rencontre de Virchow qui, après s'être mis en quête du type primitif uniforme, ne constate qu'avec répugnance et hésitation l'absence universelle de ce type et ne concède qu'avec une sorte de désillusion et de résignation le fait de la pluralité primitive des types chez toutes les tribus étudiées par lui, — Kollmann^ le craniologiste si distingué, a élevé
(1} Voir Virchow, Weddes und Altrojanische Schudel und Graber,
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à la certitude d'un principe scientiliquement démontré la généralité de ce fait.
Ao//mâ/m a résumé» en 1883, le résultat de ses recherches craniologiques, en affirmant que « Ton peut déceler chez chaque peuple les traces d'éléments anthropologiquement différents. Déjà depuis des siècles il n'y a plus de peuples, en Europe, qui constituent une raee homogène, et actuellement il n'existe pas une seule vallée, quelque isolée qu'elle soit, où l'on puisse trou\er une race pure.. » Cette hétérogénéité des races ne serait-elle pas le résultat d'un processus de différenciation postérieur ? Non : elle existe depuis l'époque diluvienne : les recherches craniologiques les plus récentes ont fourni de nombreuses preuves de son immuabilité.
Kollmann écrit à ce sujet : « En comparant avec soin les
crânes de l'époque diluvienne et de l'école moderne, on a reconnu que les caractères de race existant sur le crâne et sur le squelette n'ont pas varié depuis la période diluvienne. Depuis lors l'homme n'a pas varié dans le sens attribué par Darwin à la variation sous l'influence de la sélection naturelle. Ses caractères de race ont résisté avec une grande ténaeité aux influences extérieures et ont persisté malgré celles-ci. Il est vrai que ce résultat de Texamen craniologique est en contradiction avec l'opinion courante qui admet le contraire : une variation continuelle de l'homme. Mais, à y rélléchir attentivement, on sera forcé de convenir de ceci : c'est que les documents apportés par moi peuvent s'interpréter conformément à mon avis. » — Kollmann rappelle que des naturalistes éminents, comme Guvier, Huxley et «Rûtimeyer, signalent le fait que « beaucoup d'animaux présentent le caractère de types permanents, caractère 'qui, d'après Cnvier, appartient incontestablement aux hommes de la vallée du Ail, d'après Rtitimeyer aux hommes postérieurs au déluge ». — Et il continue : " L'homme, d'après tous les témoignages qu'il nous a laissés dans ses sépultures, appartient aux types permanents. Depuis qu'il a émigré en Europe, il ne s'est modifié ni dans les caractères ostéologiques de ses races, ni dans
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ceux de ses variétés... Un exemple frappant de la réalité de
cette règle, indépendamment de beaucoup d'autres, c'est la (lifîérenco entre les l*apous et les Malais. Depuis des temps immémoriaux, ils habitent les uns auprès des autres dans les mêmes contrées tropicaleSi et cependant ils sont ditlérents... » — De môme pour les temps primitifs de l'Europe non moins que pour les temps actuels, l'existence d'un grand nomàre de races hétérogènes (ainsi que leur pénétration réciproque depuis les temps primitife) est un fait constaté. « Cette pénétration », dit Kollmann, « a fait que partout en Europe aujourd'hui les représentants de plusieurs races vivent à côté les uns des autres, comme cela avait déjà lieu... des milliers d'années auparavant: chaque peuple et chaque État contient donc, en diverses proportions, une partie des diverses races. C'est la conclusion que j'ai tirée de la comparaison de plus de 3 000 crânes de peuples européens. »