‹ Précis de sociologieChapitre 36 sur 124 · Constance du squelette · texte numérisé non relu

Constance du squelette

Mais ces recherches valent-elles la peine qu'elles donnent?

Toutes ces « diflérences dans le squeleUe des hommes ne sont-elles pas l'effet d'un caprice de cette nature qui se complaît à des combinaisons infinies qu'elle fait varier éter-

(I) Çtmok$î9eks GrûUrfunde in dtr Schwti^ 18S3. (}) I^idtm.

SUBSTRATA DBS LOIS SOCIALBS. 159

nellement sans règles et sans lois? La science moderne répond nettement à celle question.

« Le squelette », dit Rutimeyer, « nous apparaît comme l'organe qui garde avec le plus de persistance les formes qu'il a une fois acquises : à tel point que, même dans les croisements, deux facteurs coopérant ne produisent pas une troisième forme, mais continuent à exister, Tun à côté de l'autre. On pourrait dire que le croisement, dans ses résultats, e&t comparable à une action mécanique, non à une action chimique. » — Vogt, lui aussi, se prononce sans ambages pour la constance des caractères de race, parfaitement constatables sur le squelette. — Passavant- considère <c la forme du crâne comme un caractère de race se transmettant constamment par hérédité. On connaît une quantité dVxemples qui prouvent que le type d'une race donnée se maintient ou réapparaît plus tard par atavisme. » KuUman fait à ce sujet une réflexion très frappante : « Si, à côté de la fécondité des mélanges, il n'y avait pas en même temps la persistance extraordinaire des caractères de mc^ contre les influences extérieures, il régnerait déjà depuis longtemps une complète uniformité parmi les hommes. Mais la craniologîe peut démontrer et tout observateur sans parti pris constate que ce qui a lieu, c'.est le contraire de runiformité. » Ailleurs le même auteur fait cette observation : u La vie de salon peut favoriser la diminution dos tendons et de la force musculaire, ainsi que la potitesso des mains et des pieds; mais les caractères de variété, que l'individu porte avec lui à titre d'héritier d'ascendants perdus dans la nuit des temps, persistent inébranlablement en dépit des chapeaux haute forme et des bottes vernies. »

S. — Conclusion.

Que résulte-t-il de ces deux faits démontrés, constance des caractères de race et pluralité, — si considérable qu on ne peut pas encore en apprécier toute l'étendue, — des variétés et races humaines qui s'appuient sur celte constance?

Il en résulte apparemment qu*il nous fout admettre, au début de l'existence humaine sur la terre, avant qu'il y eût

eu encore mélange de races et « pén(Hration », une inlinité de hordes humaines: celles-ci îjOuL aujourd'hui représentées une à une par les divers caractères de race qui, en dépit de la pénétration s'opérant de tous côtés, se sont- maintenus eonstants à travers les siècles.

Cette conclusion s'impose. Si les caractères de race ne se transmettent que par hérédité, de générations en générations ; si nous n*en voyons pas se produire de nouveaux et si ce sont toujours les anciens... qui reparaissent; s'il y en a actuellement un nombre incalculable et si ces caractères ne cessent de se propager de plus en plus loin par pénétration et héritage (ce qui néanmoins n'exclut pas le fait de l'extinction et de la disparition d'un grand nombre de variétés); si l'on constate la constance et l'hérédité de ces caractères par les découvertes faites dans les tombeaux, ne faut-il pas indispensablement conclure qu'il y a^'ait au début un nombre inlini de hordes humaines hétérogènes et cjue ces hordes se sont perpétuées dans les races et les variétés contemporaines? (Pour, à ce propos, se rattacher à une inQnité de premiers « couples », il n'y aura que les esprits dévoyé^ par Taccoutumance à la tradition biblique et à la notion de la famille moderne 1)

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