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Les deux facteuhs principaux ou PRûC]i;ssus social

Le mobile de la fondation des systèmes politiques les plus primitifs a été, comme nous Tavons vu, un mobile économique. Toujours il s'est agi, pour un certain nombre d*hommcs, d'arriver à un degré supérieur de bien-ôtre matérieL Ce mobile ne s'arrête pas : il est constamment maintenu en activité par la nature intime de Thomme et, de même qu'il a généralement contribué à fonder les premières dominations organisées, de même il en entretient sans relâche le développement.

Oui, ce sont toujours et partout les mômes mobiles économiques,.» qui provoquent tous les mouvements sociaux, qui déterminent tout développement politique et social : pour contrôler la vérité de cette proposition, nous n'avons qu'à considérer un événement historique quelconque, une transformation politique quelconque, et à en chercher les causes : toujours et partout nous Cuverons des mobilcA économiques. El il n'en peut être autrement, car ce qui décide les hommes à agir ou à s'abstenir, ce sont toujours^, en première ii(jfie, des besoins matériels (i).

Or, de môme que c'est surtout la nécessité de satisfaire les besoins matériels... qui pousse les hommes à tirer parti des forces humaines et de même que la nature, par la multi-

Les véritables ressorts sont toujoun les besoii» pratiques ; en nttâcbant CCS besoins à des textes de loi, on ne cherche qu'à irâr donner une base légale plus solide », dit Bruno, esqni^^^ant le développement du droit romain dans 1' o Encyclopédie » de iioltxeudoilT.

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plicité primitive des bandes humaines comme par les dissemblances entre ces bandes, a pourvu à la satisfaction de ce besoin qui ne peut se satisfaire sans contrainte et sans violence coalre d autres hommes, — de môme, dans le développement ultérieur des dominations organisées et des systèmes politiques, cette opposition naturelle entre groupes humains joue un r6ie important, favorable au développement. En effet, l'existence de contrastes ethniques qui aident à mettre de côté toutes considérations d'« humanité » et qui attisent la lutte étemelle... facilite la satisfaction impitoyable des besoins liumuins. Voilà doue les deux principaux facteurs du processus social : satisfaire (1rs besoim en tirant parti des étrangers. C'est par ces deux moyens imiy ni fiante, ])otils en apparence^ que la nature a tant fait sur le terrain du développement social ; c'est à l'aide delcos deux misérables leviers qu'elle met Thumanité en mouvement, qu'elle déroule l'histoire. Elle a pourvu, d'une part, à ce que ce développement soit infini, car les besoins des hommes ne cessent jamais et toute satisfaction de besoins, pour les choses indispensables, suscite des besoins nouveaux, plus élevés et « plus nobles », — d'autre part, à ce que, là où les dissemblances naturelles menacent de cesser, il s'en forme d'artificielles, de « sociales », si bien que dès lors la lutte, qui aupara^ ant généralement avait eu lieu entre des variétés humaines différentes par nature, se poursuit entre des variétés humaines sociales. De la sorte l'instinct éternellement agissant pour la satisfaction des besoins continue à être aiguillonné pour la lulte par les dissemblances entre les groupes humains, — la forme, la couleur, l'odeur étant remplacées par l'alimentation, les mœurs et la religion, ou par la propriété, la position sociale, la profession, les occupations et l'intérêt.

Nous ne continuons donc à rencontrer, dans la suite du développement social, que les deux mêmes facteurs favori* sant ce développement : la tendance à la satisfaction des besoins et l'appropriation, rendue par eux nécessaire, des groupes humains dissemblables, ou en d autres termes l'éternelle lutte pour la domination. Seulement, au fur et à mesure du développement social, ces deux facteurs attei-

gnent des degrés de plus en plus élevés et se présenfenl à

nous sous des espèces toujours nouvelles.

Ce qui, au déparé le plus primitif, n'était qu'un besoin d'enlreleiiir l'exisleiice pure et simple... so Irans^Mine, au degré le plus élevé, en besoin de satisfaire l'orgueil, le désir de renommée, les intérêts dynastiques ou enfin les intérêts idéaux les plus divers ; et ce qui, au degré le plus primitif, était une lutte exaspérée entre hordes anthropologiquement différentes... se transforme, aux degrés du développement les plus élevés que nous connaissions, en une lutte entre groupes, classes, castes, professions... sociaux et entre partis pulilitiues.

Les difficultés que la sociologie trouve pour exposer ce processus proviennent de ce que le développement ne se fait point par sauts et par bonds, mais de ce que, comme tout développement dans la nature, il s'accomplit peu à peu en présentant une série infinie de transitions et de phases également insensibles : la science voit tous ses efforts écbouor contre celte abondance et elle est réduite, pour se tirer d emljarras, à se contenter d'un très petit nombre de situations quelle choisit arbitrairement et donne comme exemples. Nous non plus, nous ne pouvons préteudre à faire mieux.

N'oublions pas de mentionner cette circonstance: on observe, pour le développement social, ce même parallélisme qui se remarque sur d'autres terrains de phénomènes entre les faits qui se succèdent et les faits simultanés, entre le développement dans le tenijts et la concomitance à un moment (juelconquc. L'image du développement social dam le Icmps, depuis la satisfaction des besoins les plus simples et la lutte la plus acharnée pour l'existence jusqu'à la satisfaction des besoins les plus élevés d'une civilisation raffinée et jusqu'à la lutte des partis politiques... se déroulant sous les formes d'un droit perfectionné, — cette image avec toutes ses dégradations insensibles nous apparaît nettement sur la coupe, pour ainsi dire, d'un Etat au degré le plus élevé du développement, lorsque nous examinons les éléments de la structure sociale intime de cet État, depuis le prolétaire

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peinant pour ga^er son pain quotidien à la siuMir de son front jnstju'à rhomiiiti d'ÉLal (jui, au degré le plus élevé de la société, lutte pour sa situation de gouvernant ou pour ses phacipes politiques ; et elle ne se répète pas seulement à régard de la satisfaction des besoins, mais aussi à l'égard da mode de lutte et de la forme que prend la compétition pour Texistence ainsi que pour la satisfaction des besoins.

Nous nous bornons à faire celte observation en passant, et nous abordons l'analyse du développement social produit et seconilé par les mesures que i on a prises pour organiser la domination.

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