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L'ÉTAT CONSIDÉIIL: COMME ORGANISATION ÉCONOMIQUE

quelque puissance étrangère, voisine ou éloignée. Pour ces causes éternellement et partout agissantes, toute domiaation organisée, même la moins agressive extérieurement, est entraînée, même contre sa volonté, dans le courant de

V « histoire »; le développement ne peut s'arrêter. Tout cela résulte de ce que les besoins croissent de tous côtés.

De môme que la tendance à la satisfaction des besoins a suscité I Ktat, de môme l'éternel accroissement des besoins pousse i'Ktat à continuer ses conquêtes, à augmenter encore son territoire et ses moyens do puissance. Poursuivons la comparaison : TÉtat en bhc présente la même tendance que chacun de ses éléments sociaux. La seule différence est que, dans l'État, la tendance individuelle est maintenue dans des limites fixes... par 1 onhe politique et que la compétition universelle pour la suprématie n'aboutit qu'à des luttes pacifiques, tandis qu'à l'extérieur la lutte prend les formes de « la guerre destructrice d'hommes».

Or cette tendance est, de part et d'autre, l'effet d'une loi de nature ; donc la lutte sociale est, tout comme la guerre internationale, une nécessité naturelle.

Mais la guerre internationale, quelque inévitable qu'elle soit, ne peut pas avoir une durée éternelle. Lorsqu'elle dure trop longtemps et cause trop de ravages, ulle anéantit même Ifs ressources qui fournissaient des satisfactions aux vainqueurs^ elle réduit à rien le prix de la victoire.

Le ropos et la paix sont donc, comme la guerre revenant périodiquement, un besoin universel. C'est grâce à ce besoin que l'État a pu être fondé, car sans lui les plus forts se seraient vus obUgés d'anéantir les plus faibles. Mais le repos et la paix ne valent que par les jouissances. La guerre n ayant été entreprise r/uen vue de la satisfaction de fjrsoins accrus, il est indispi'n^nhle ({Uf. lapaix procure des jouissances supérieures^ il est nécessaire que la paix donne la sécurité pour les acquisitions dues à la guerre. Il n'y a qu'un seul parti cependant qui puisse rester victorieux; la paix ne peut donc augmenter les jouissances que du côté de ce parti ; de là résulte que l'autre sera astreint à des privations, soumis & une oppression. H est nécessaire que cette inégalité soit

maintenue dans la paix; cela ne va pas sans une certaine dépense de force, sans peines et sans soucis. Il faut prendre toute une série de mesures, il faut créer des institutions convenables et les maintenir. C'est ce que fait la classe gouvernante et possédante. Mais la classe gouvernée et ne possédant rien? Certes elle se soumet à la loi du vainqueur; néanmoins, elle no se borne pas à ne point laisser déplacer h son désavantage les limites qui lui ont été prescrites : elle s'ingénie à les reculer lentement et progressivement, à obtenir plus de latitude et plus de liberté.

On le voit: ce qui est en apparence la paix est en réalité une lutte incessante et pacifique au sujet des limites tracées par le système politique.

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