‹ Précis de sociologieChapitre 67 sur 124 · LA SOCIÉTÉ · texte numérisé non relu

LA SOCIÉTÉ

ce mot ainsi compris ne peut plus se justifier, car on devrait savoir qu'aucune réalité n'y répond.

Nous objecterait-on que la collectivité de tous les cercles sociaux dans l'État est cimentée, elle aussi, par certaines « relations durables », telles que la communauté de territoire, de gouvernement, etc.?

Nous répondrions que pour cette société on a le mot « peuple » et que ce mot suffit parfaitement. Le mot société, dans la plus vaste des deux acceptions, a donc fait son temps et peut prendre congé de nous. L'acception étroite est donc la seule qu'il y aurait lieu do conserver. On ne parlerait plus de la société, mais des sociétés: celles-ci s'entendraient, non seulement des divers groupes sociaux dans l'État, mab encore des cercles qui ont certains intérêts et certaines relations s'étendant au delà de l'État.

Les Bociétôs.

Nous ne pouvons nous proposer d'énumérer toutes les sociétés qui se trouvent dans l'État, et encore moins d'exposer le développement historique de chacune d'elles. Ceci impliqumît, pour chacfue cercle social, un travail analogue à celui que Lippert a si heureusement accompli dans son ouvrage sur l'histoire des prêtres : il faudrait fàure Histoire sociologique de toutes les autres classes sociales, de toutes les professions, et nous serions entraînés bien au delà du cadre de ce Précis. Force nous est ici de nous borner à expliquer les liens sociaux, ces » relations » qui des divers groupes font un tout et qui maintiennent l'unité du hloc, — à expliquer aussi les principes généraux sur lesquels repose la puissance de ces groupes dans l'État. Ici encore, il faut réserver à rhUtoire ce qui est individuel, la sociologie ne pouvant préciser que les formes générales des phénomènes, les lois. Que la naissance et le développement des sociétés présentent des formes de phénomènes pareilles entre elles ou, en d'autres termes, soient régis pAr des « lois » de ce genre, cela résulte de deux considérations que voici : d'une part, les besoins dérivant de la nature humaine partout la môme et par conséquent aussi la croissance de ces besoins, leur manière de se déployer sont toujours les mêmes, —d'autre part, les classes et les cercles sociaux correspondent à ces besoins et à leur accroissement. Les organisations sociales qui, en vertu de ces besoins, sont issues d'un terrain commun... sont donc identiques dans leur nature intime; elles ont les mêmes principes de vie, les mêmes tendances et aspirations; leur développement par

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