POST
l'on pût accepter la thèse de Post, selon laquelle il y aurait développement ullériour conduisant aux formes sociales plij<^ élevées. Seulement, cette acceptation est difiicile, aliendu que Post n'explique point et n établit point ce développement ultérieur, mais prétend que le fait s'accomplit spontanément, en vertu d*une loi intime de développement.
«c C'est de cette forme que part, c'est à elle qu'aboutit toute forme d'orgaiiisatîon. L'association des membres du clan est la forme d'organisation régulière des peuples chasseurs et nomades, et ici, par croissance allant de l'intérieur à l'extérieur, elle s'étend souvent au delà de son cercle primitif, qui, selon toute apparence, était assez restreint pour constituer des clans et des tribus possédant des institutions passablement développées. » Conceptions obscures I
Ce n'est point « par croissance allant de rintérieur à l'ex- ' térienr » que ce développement s'est accompli. D'autre part Post ne se rend pas compte des causes actives, des facteurs de ce développement. « Cela s accomplit », et il constate que ces transformations s'effectuent d après une loi. Post ne demande pas davantage. « Après que la sédentarité est survenue^ l'ancienne constitution s'appli quant à l'association des membres du clan se désagrégé toujours jusqu'à un certain point (1). » Quant à savoir de quelle manière et par quels moyens s'effectue l'avènement de cette sédentarité, Post ne son inquiète guère. « Elle survient », dit-il, et puis <( lassociation des membres du clan se désagrège », et voilà! L'exposé continue. Évidemment il ne peut satisfaire; du moins, il ne peut satisfaire le socioiogiste. — Il faut reconnaître ce que l'on doit à Post pour le zèle et le jugement dont il a fait preuve si souvent dans la reobercbe et le cboiz de ses matériaux, pour son infaligabilité à pousser aux investigations sociologiques sur le terrain de la science du droit. Mais, dans son exposé du développement social, il ne va pas au fond des choses; il laisse voir qu'il ne s'est pas bien rendu compte de la nature et de l'essence de ce développement.
(t) Poit, Ursprung dt$ MiU, p. It.
Lioogie
Son ouvrage plus récent, « Die Grundlagen des Beehts und
(lie Grundzûge seiner Entwicklungsgeschichle » {Les bases du droit et les traits généraux de r histoire de son développement^ montre que Posl a réalise de grands prog^^s dans plusieurs sens et que de la clarté s'est faite, à maints égards, dans son esprit; cet ouvrage toutefois n'est pas satisfaisant, du moins pour le socioiogiste, en ce qui concerne le développement social. Nous ne tiendrons pas rigueur à Post d'enfour^ cher encore de temps en temps son vieux cheval de bataille et de nous dire, par exemple, que « la race hmnaine, comme toute race organique de noire planète, forme, dans son ensemble, un organisme biologique (t)>s ou d'avancer d'autres propositions dans le môme genre, mais ce que nous ne pouvons nous dispenser de lui reprocher, c'est de conserver encore dans ce dernier ouvrage ses fausses idées sur le développement social, que nous avons relevées plus haut. Il aurait bien pu, en consultant les publications spéciales, s éclairer sur des points nombreux qui pour lui sonl demeurés obscurs ! Ainsi la proposition suivante serait difficile à justifier scientifiquement : — « Le fait, pour une pluralité d'individus humains, de descendre d'une mère commune, d'un père commun, ou de parents communs est la base sur laquelle repose le clan. Au fur et à mesure que la postérité augmente, le processus de génération se poursuit avec celle-ci et une union de clans succède au clan primitif; lorsque ce môme processus se poursuit à travers une longue série de générations, on a une tribu, puis un peuple, enfin des tribus de peuples >». — Voilà encore ce concept naïf, qui est emprunté aux récits bibliques et qui, si nous en cherchons logiquement les prémisses, ne peut manquer de nous ramener à Adam et Ëve !
D'autre part, estp-ce expliquer scientifiquement le développement que de dire ... « Au fur et à mesure que la communauté de vie des clans se désagrège, certains droits et certains devoirs qui reliaient les associés entre eux s'éliminent (2) »... et de parier d une « désagrégation qui sepro-
(I) GrundSagen muf Grundzûge^ p. 16.
(3) Grtmdlagtn und Grmdzage, p. 75.