Influence du milieu social sur le physique
de l individu.
Ceux qui le contestent parcequ'ils ne veulent pas croire que rinfluence du milieu puisse être à la fois aussi universelle et aussi puissante... deviendront plus accomodants, s'ils considèrent que l'élément social dans lequel l'individu se meut n'agit pas seulement sur son esprit, mais, ce qui est certainement plus curieux encore, exerce aussi sur sa physionomie une influence incontestable. Ce fait est bien connu des physionomistes et il est trop apparent pour être nié sérieusement. Qui ne rcconnaîlra, au milieu de centaines de personnes appartenant à des nationalités diverses, l'Anglais, le Français, l'Italien, l'Allemand du Nord, l'Allemand du Sud? 11 est diffîdie d'exprimer avec précision à quoi nous les reconnaissons ; le dessinateur sait seul se rendre compte des différences. Mais nous reconnaissons John Bull; nous reconnaissons le <i brave Souabe », nous reconnaissons le Français, gracieux et avenant; nous reconnaissons l'Italien, légèrement sinistre, sataiiiquc, etc.
Qui n'a remarqué qu'après un long séjour, un séjour de plusieurs années, ou de plusieurs dizaines d'années, chez un peuple d un type de civilisation accusée, tout étranger
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finit par s'être assimilé, dans tous les détails, la manière d'être, de se tenir et de marcher propre à ce peuple?
L'AUemand qui vit pendant plusieurs dizaines d'années en Angleterre devient un parfait John Bull. Qui n'a remarqué le curieux pouvoir orientalisateur que la vie en Orient exerce sur tous les Européens? Nous avons connu des Polonais, rejetons d'ancieones familles polonaises, qui aprte un long séjour en Turquie avaient pris de tous points le type oriental. Mais pourquoi pousser plus loin la démonstration de ce fait? Un homme qui ne l'a pas observé ne le comprendra jamais et ne voudra pas nous croire. Toutes les personnes qui ont eu roccasion même la plus fugitive de le voir... seront certainement de notre avis.
Ce n'est qu'à ceUes-d que nous nous adressons et nous leur présentons un argument logique. Une influence qui peut le plus... peut aussi le mdns. L'influence de l'élément social, qui va jusqu'à changer le type pliysique de l'homme, a certainement commencé par transformer l'esprit de rindividu; elle a sans doute bien plus facilement moditié l'homme intime; elle a exercé sur ses pensées et ses opinions^ sur ses sentiments et ses dispositions, l'influence qui se remarque ensuite dans tout son habitua, celui-ci n'étant pas autre chose que l'expression de l'homme intellectuel, le miroir dans lequel nous voyons l'image de son âme.
Certainement, la langue humaine ne possédera jamais assez de finesse, nos pensées n'acquerront jamais assez de clarté pour que nous soyons à même d'exprimer ce que nous voyons et percevons de particulier dans ces différents types. Le crayon du dessinateur est plus puissant ; il nous signale ces particularités en les exagérant, dans les journaux satiriques illustrés. Quant à nous, tout ce qu'il nous est possible de constater, c'est qu'il y a quelque chose à quoi nous reconnaissons les membres des diverses nations, des divers peuples, des divers groupes sociaux etc., et que cette chose inconnue est transmissible aux individus par l'influence sociale. Bien évidemment, ce cachet spécial sacquiert par rinfluence du milieu social, quelle que soit l'origine, quelle
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que soit la collectivité à laquelle on ressortîsse. Celte influence, cela n'est pas moins évident, saisit bien plus tôt et transforme bien plus facilement l'élément intellectuel de rhommo que l'élément physique; toutefois, lorsque l'action persiste, l'influence dont il s'agit atteint aussi ce dernier élément et exerce sur lui sou pouvoir.