Le typ£ national £St un fah social, intellectuel
Puisque nous parlons de l'action de l'élément social sur les individus, il est un point que nous ne pouvons laisser dans l'ombre ; c'est que le caractère d'un groupe social se forme par cette action continue de l'ensemble sur ses éléments. Ce qui distingue Tensemble des membres d'une ' nation de ceux d'une autre nation, ce n'est point la physionomie, ce n'est point la taille, ce n'est point le teint, ce ne sont point les proportions, car pour tout cela notre œil n'est point exercé sciciititi(jueiueut ; sans l'aide d'appareils scientiliques il n'est sensible à aucune de ces généralités, il n'en perçoit rien. Ce qui nous frappe lorsque nous examinons des hommes de diverses nationaiùéSf c'est toujours et uniquement ce type dont nous venons de parler, ce je ne sais quoi d'inexprimable, d'indéfinissable, qui précisément n'est que Teffet des influences sociales, l'effet des influences de réiément social.
Ce fait n'est pas à dédaigner; il importe d'en apprécier toute l'importance, car il nous montre que le caractère des fH'onpes sociaux dépend beaucoup moins de leur constitution physique que de leur constitution inteliecittelie. Bref, la physionomie, le type, d'un peuple ou d'un groupe social n'est pas un fait anthropologique, mais uniquement un fait social» Et ceci explique que des étrangers pénétrant isolément dans un groupe social prennent le type de ce groupe. D'autre part, cette transformation de l'individu par le groupe prouve bien que le fuit en présence duquel nous nous trouvons est purement et simplement social et sociologique, sans plus, car, si ce type était un fait anthropologique, pareille transformation de l'individu.
L'INOIVIOU ET SON GROUPE SOGUL. 183
pareille assimilation par le groupe serait impossible et ini*
maginable.
Après avoir constaté l'influence du milieu social sur l'individu, il nous reste à étudier Vesi^ence de cette particularité socialo, de ce facteur social impérieux. Voici la question & résoudre : £n quoi, sinon en détails anthropologiques, consiste ce type social, qui distingue l'on des groupes... des autres et auquel l'individu s'assimile inévitablement lorsquil est soumis à son influence?
D'après ce que nous avons dit plus haut, on n'attendra pas de nous une réponse précise à cette question. Voici ce que Ton peut dire à ce sujet.
Entre chaque pensée, chaque tendance, chaque velléité et l'action correspondante, s'interpose l'extérieur de l'homme. Les émotions violentes se trahissent dans le physique : la colère et la joie, la douleur et le désespoir se reflètent, à toutes leurs phases, dans l'attitude et la physionomie. Nous le savons parceque nous le constatons à chaque instant, de façon à n'en pouvoir douter... et parcequ'ici l'effet se produit immédiatement après la cause.
Toutefois un effet naturel qui est réel et vrai là où nous pouvons l'observer... n'est certainement pas moins réel et vrai là où notre œil est trop faible pour l'apercevoir. Il peut bien se faire que l'influence exercée sur l'extérieur de l'homme, sur l'attitude et sur le geste par un mouvement intérieur, par une pensée, par une volonté, soit trop faible pour être perçue chaque fois qu elle b exerce, mais qu a la longue, à force de se répéter, elle ûnisse par laisser une trace durable, par créer un type.
Nous n'avons plus qu'à préciser les causes agissantes. Mous disions que les formes de pensées créent le type. On demande maintenant: Qu'est-ce qui produit les pensées et les volontés ou même les velléités ? Nous répondons : la
vie^ la vie sociale. Celle-ci prend une forme différente dans des zones différentes. Parmi des hommes de race différente et de mélange ethnique différent, les pensées, les opinions,
S84 L'UfDIViDU fiT LKS FflÂNOMÂNES PSYCHIQUES SOGUUI.
les tendances sont différentes : de Ift résulte l'originalité de
chaque type.
Mais les pensées et les opinions se modifient à la longue chez un même peuple, car chaque peuple est dans l'éternel courant du développement : ceci explique les différences que présente, comme on le sait, le type des membres ^tm seul et même peuple à diverses époques successives.
L'infloMiea da la poBition économique inr l'iiidividn.