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Enoendheusnt ue l'individu par le groupi

FAITS SSSIMTIEtS.

De ce que nous avons dit jusqu'à présent, il résulte que ce qui assimile l'individu au groupe, ce sont uniquement des

causes et des influences morales. Le côté moral de l'individu, ses pensées et ses opinions sont formés par le groupe; l'individu n'est qu'une partie de ce groupe; il a été élevé dans son atmosphère morale, daus son monde de pensées ; ç'est dans ce terrain qu'il a puisé ses sucs vitaux intellectuels. Dans ce processus» la provenance corporelle, l'origine généalogique n'est point le facteur décisif. Que l'on prenne un élément anthropologique quelconque, qu'on le fasse pénétrer assez tôt dans un groupe quelconque, et que dès lors il soit soustrait à l'influence de tout autre groupe, que dès lors on l'élève et qu'intellectuellement on l'éduque comme les autres éléments du nouveau groupe, — il s'assimilera à ce groupe, comme s'il était né dedans. Voilà pourquoi, — tandis que les anthropologistes nous assurent qu'il n'y a plus de races pures au monde et tandis que l'observation quotidienne nous fait distinguer les types anthropologiques les plus divers dans les mêmes cercles et les mêmes groupes, les membres de chaque groupe présentent un type mo/ a/ unique.

290 l'individu ET LES PUÉiNOMÉNES PSYCHIQUES SOUAUX.

ùivmiié anthropologique et unité morale : tel est le caractère de toute communauté sociale, non seulement en Europe, mais dans toutes les parties du monde. — L'influence du

lypc moral, sur nous est lellement prédominante que l'influence beaucoup plus faible du type anthropologique disparait en comparaison. Ce qui g«hiéralement nous impressionne à Taspect d'un homme, c'est le type social de cet homme, — c'est ce qui est humain et par conséquent intellectuel et moral; le type anthropologique, étant purement animal, nous intéresse moins vivement. Certains caractères extérieurs, tels que le costume, la coupe des cheveux, etc., nous annoncent-ils qu'un individu appartient à un groupe, nous ne remarquons plus dans cet individu que le ff/pf* moral de ce grou{)c et nous ne vovons pas son type anthropologique, ou bien nous nous trompons à l'égard de celui-ci, à moins quWe différence très sensible ne s'impose à notre attention.

G*est un fait bien connu : pour nous, tous les Chinois se ressemblent. Notre œil, frappé par les caractères extérieurs, tels que la tête rasée et la queue, popularisés par l'imagerie, n'observe plus que le type mural. Cependant il y a, chez les Chinois, des dilTérences anthropologiques aussi nombreuses que chez les autres peuples. — Pour un nègre, certainement, tous les hommes d'un régiment de grenadiers se ressembleraient : ce n(>gr6, après avoir reconnu que tous ces soldats sont habillés de la même manière et ont les cheveux coupés de la même manière, n'examinerait plus que le type moral, l'expression, la mine, l'attitude. Cependant un anthropologiste et un craniologiste ne manqueraient pas de trouver là matière à classification en un grand nombre de races et de types anthropologiques.

Nous avons vu que, parmi les cercles sociaux, les uns sont phis étroitement fermés, plus compacts, et les autres... plus l&ches, moins corsés pour ainsi dire. Le degré de cohé- -sion, nous l'avons également vu, dépend du nombre des

•causes génératrices de sociétés; il est donc subordonné au nombre des intérêts qui maintiennent le cercle social et

L'INFLUBNCB DE U POSITION tCONOMIOUB SUR L'INDIVIDU. 891

aussi à la nature de ces intérêts, à savoir : s'ils sont durables, s'ils sont d'origiae héréditaire, s'ils sont appelés à subsister et à continuer leur office, qui est de servir de lien, ou si, au contraire, ils ue sont que transitoires, éphémères, momentanés.

D'autre part, ie degré de cohésion dans les groupes sociaux influe sur la création et la persistance des types moraux, à tel point que nous n'hésiterons pas à formuler une ioi sociologique : la ténacité et la persistance du type moral sont directement proportionnelles au degré de cohésion et à la solidité de structure du cercle social.

Or ce dernier caractère dépend, comme nous le savons, du nombre des causes génératrices de sociétés. €e qui précède revient donc à dire : plus le nombre de ces causes est considérable, plus Tindividu est comme accaparé.

Les cercles sociaux d'une grande cohésion sont donc particulièrement propices à produire des caractères fermes. Les in(Hvi<his de ces groupes semblent tous coulés dans le même moule, car ils sont la chair de la chair et le sang du sang de leur groupe social. Us ne sont ni plus ni moins qu*un fragment de ce groupe. Aussi sont-ils tout d'une pièce, pour ainsi dire, et apportent-ils une force morale brutale dans la lutte pour leur classe, pour leur ni^tionalité, car ils appartiennent à cette classe, à cette nationalité, par toutes les causes qui ont produit ces dernières et ils se rattachent à elles par toutes les fibres de leur cœur.

Lorsque, au contraire, l'un de ces liens a été rompu entre des hommes et leur groupe, lorsqu'une des causes qui les avaient maintenus dans ce groupe a cessé d'exister, ces honmies deviennent hésitants et veules ; et, lorsqu'un individu se donne pour le représentant d'un groupe auquel ne le rattache qu'un lien peu serré, un lien sans durée, lorsque font défaut la plupart des causes créant le lien social, on saisit immédiatement qu'il y a hi quelque chose de forcé et d'artiliciel. C'est pour cela que le parvenu est toujours comique, que l'homme sans aïeux mais habile à s'introduire chez les grands nous fait rire lorsqu'il se rengorge en nous parlant de ses relations familières avec les comtes et les princes (Qui

m LINDIYIDU ET LES PHftNOHiNBS PSTCHIQUl» 80CUUX.

ne connaît ce type?) et que nous sourions tout au moins quand le citadin fait le paysan avec les paysans et quand le candidal aristocratique déroule devant des électeurs ruraux son programme politique et économique I L'effet comique, dans tous les cas de ce genre, provient de ce que, entre Findividu et le groupe auquel il se donne Tair d'appartenir ou dont il prétend à devenir le représentant, il n'y a aucune de ces causes qui créent une société. Le manque de naturel est toujours comique. L'individu, au contraire, qui se présente comme le représentant de son véritable groupe social... est pris au sérieux partout et toujours, môme lorsqu'il a moins d'importance personnelle; sa simplicité impose le respect; à peine s'est-il montré, on voit qu'il a pour lui la nature et la vérité.

Dans la vie sociale, les divers cercles sociaux ne sont pas fermés d'une façon rigoureuse et absolue; la nature des choses, l'essence du développement politique et social produisent un perpétuel va-et-vient des individus, les uns avançant, les autres reculant, les uns montant, les autres descendant ; les cercles s'entre-croisent tantAt dans un sens, tantôt dans un autre, et les individus prennent les positions les plus diverses, tant par rapport à leurs propres cercles que par rapport aux cercles sociaux étrangers.

La vie a donc de quoi nous olîrir des péripéties : elle nous fait passer de la joyeuse plaisanterie au sérieux amer, du comique désopilant au tragique émouvant. L étude de ces nuances innombrables de conditions et de situations individuelles est ingrate pour la science, mais elle est d'autant plus avantageuse pour Vhistoire et pour l'or/.

La morale.

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