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Dahs la smTE dbs âges, la morale kb changb

QUE DR FORIIS.

Nous l'aTons vu : tous I es sentiments moraux derindividu ne 80 développent que dans ie cercle de son groupe social, ils ne sedéveloppent que par Faction de ce gro upe sur l'individu.

Représentons- nous le sauvage primitif, Thomme de la

horde-bétail. Quelle est sa morale? Le sentiment naturel de la solidarité le rattache aux siens. Faire cause commune avec eux, les aider, leur être dévoué, prendre leur défense : voilà une de ses id^s morales

filais les étrangers, les gens de l'autre horde, leur dressent des embûches, convoitent les biens de la première, font irruption dans son territoire de chasse, diminuent ses aliments, assomment à Toccasion ou enlèvent l'un ou Tautre de ses membres. Tuer ces étrangers, s'emparer de leurs biens : telle est la seconde idée du sauvage.

L'élément naturel, l'élément éternel de ces idées reste inhérent à Tesprit de l'homme, il survit à la sauvagerie : il persiste sous des écorces variables, sous des formes plus raffinées, pour toute l'éternité humaine.

Yis-à-vis de Tétranger, il n'y a encore aujourd'hui, comme il n'y avait, voilà des milliers d'années, que la lutte pour la domination; entre groupes sociaux étrangers, il n'y a encore aujourd'hui, comme de tout temps il n'y avait eu, qu'une alternative : ou la lutte, ou l'alliance pour la lutte contre des fiers. Après des milliers d'années de développement, au milieu d'une civilisation supérieure, nous rencontrons cette morale primitive des sauvages... sous le nom de patriotisme, de bravoure, d'héroïsme, — car les idées morales ne ehançeni çtte de forme j leur fond est impérissable, Ou du moins il ne périra qu'avec l'humanité.

Satisfaire d'une façon naturelle les besoins de son corps est une jouissance pour le sauvage... comme pour I homme civilisé. A ce fait naturel se rattache un cercle d'idées morales, — lesquelles dans le cours du temps ne changent que de* forme, mais ne changent point d'essence.

300 L1N0IVIDO ST LB8 PHÉHOII&NKS P8YCHIQUK8 SOCIAUX.

Plus cpie llioinme civilisé, l'homme de la horde sent qu'il n'est rien sinon une partie d'une communauté, car, sans les siens, sans sa horde, sa vie serait à chaque instant à la merci des animaux et de la horde étrangère, ennemis plus forts que lui.

Apaiser sa faim et sa soif ne peut paraître immoral au sauvage ; apporter à manger à ceux des siens qui, trop jeunes ou trop vieux, ne peuvent se procurer eux-mêmes

leur nourriture, — il doit immanquablement considérer cela comme bon et utile, comme un devoir moral.

Entre les faibles et les vigoureux se produit un rapport réciproque de protection et de reconnaissance, dans lequel avec les progrès de l'âge on est tour à tour passif, actif, puis à nouveau passif. Cette protection des enfants et des vieillards crée une idée morale. Lorsque les temps ou les circonstances, ou encore les dispositions de caractère individudles amènent une horde à supprimer les misères de la vieillesse en supprimant la vie des vieillards, cet usage s'élève localement et momentanément à la sphère des actions morales. De même on a, selon les temps et selon les lieux, des idées différentes sur le fait d'élever les enfants ou de les exposer. Le noyau de l'idée morale est cependant le même. Des actions procédant de la tendance naturelle sont pratiquées sous telle ou telle forme ; la pratique qui subsiste et qui est reconnue comme appropriée au but est celle qui s'élève à la sphère de la inorale.

Les relations entre les sexes et la répartition du travail économique entre eux se règlent selon l'époque et les circonstances, selon le tempérament individuel de la horde, selon la constitution physique et intellectuelle de cette borde. Et que de tous ces facteurs résulte la communauté générale des sexes, ou la polygamie, ou la polyandrie, la pratique qui est reconnue comme appropriée au but et qui sudsi.sie... devient un élément de la morale : elle devient l objet d'un devoir moral et d'un précepte moral.

Le cercle des conditions de vie s'élargit, une nouvelle série d'actions et d'usages commence, une nouvelle sphère d'idées morales surgit, dès qu'une horde domine sur une

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