MORALE ET BBCONNAISSANCE DB LA VÉRITÉ
autre, ou dès que deux hordes se sont associées pour en repousser ou en refouler une troisième, ou enfin dès qu'en faisant des prisonniers parmi les étrangers on s'est fait des valets et des esclaves.
La manière la plus pratique de traiter les prisonniers, les esclaves et les valets, la manière la plus pratique d'agir avec les alliés fournissent de nouvelles bases d'opinions morales. La domination raisonnable et pratique sur les gens domptés est la seule morale ; la fidélité à l'égard des alliés produit une nouvelle idée morale.
La manière différente de traiter les membres des différents, cercles sociaux crée, avec le temps, des règlements de morale qui ont force de coutume avant de se condenser en règlements de droit.
Ce n*e8t pas tout. De même qu'il parait pratique et sage d'agir différemment dans totites les phases de la vie, selon qu'on appurlieiit à la génération des jeunes ou des vieux, selon qu'on fait partie des hommes mûrs ou des vieillards, selon que les femmes se trouvent aux divers âges de la vie, — de môme il se forme un étalon de morale différent pour les hommes dans les diverses positions sociales.
La morale de ceux qui commandent n'est pas la morale dé ceux qui obéissent. L'obéissance sans restriction est reconnue comme étant la morale des valets et des esclaves, l'énergie inllexible et la rigueur dans le maintien de la discipline sont reconnues comme étant la morale des maîtres. Ainsi le meurtre du maître, par exemple, peut être considéré comme étant un acte immoral de l'esclave, — le meurtre de l'esclave peut n'être pas du tout considéré comme un acte immoral du maître.