‹ Précis de sociologieChapitre 96 sur 124 · MOBAUC ET SdEHOE · texte numérisé non relu

MOBAUC ET SdEHOE

Aucun système philosophique n'a apparu, la science n'a fait avcune conquête sans avoir en à soutenir cette lutte

contre les prétendus gardiens et protecteurs de la morale.

Lorsque les » lumières » du xvni* siècle, lorsque la philosophie matérialiste de Tépoque... eurent dissipé quelques préjugés en faveur, beaucoup de personnes poussèrent un jésuitique cri d'angoisse : le savoir et le matérialisme étaient en train de miner la morale. Pareequ'à une époque donnée les idées morales ayant conrs coïncidaient avec un certain degré de reconnaissance scientifique, parcequ% cette époque on pensait que l'âme était une liabiiante passagère du corps humain et qu'après la désagrégation de celui-ci elle montait directement au ciel pour y commencer une • nouvelle vie, il fallait que toute morale et toute éthique dépendissent du maintien de cette croyance. Oser mettre en doute rimmortalité de Tàme, c'était offenser la morale : comme si cette dernière ne pouvait prospérer que sur le terrain du dualisme entre l'ftme et le corps et de l'immortalité de la première! Il est vrai qu'à diverses époques on a cherché à appuyer à l aide de cette fable l'ordre moral existant. Certainement, on ne peut qu'approuver cette tentative lorsqu'on songe qu'il était impossible de mieux faire, étant donné que la reconnaissance de la vérité n'était pas plus avancée. Mais il serait vain de s'appuyer sur cette croyance, dès que la science est arrivée à en démontrer la fausseté. Il ne suit cependant pas de là, — pas du tout, — que rejeter cet appui , ce &oit compromettre la morale, car la morale a pour base la vérité, eUe ne repose point sur les

Page 1