CHAPITRE XI
ORGANES DES SENS
Il ne sera question ici que de la partie sensorielle proprement dite de ces organes ; les organes annexes, tels que la
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trompe d’Eustaclie pour l'oreille moyenne, la glande lacrymale, etc., ne demandent pas d’examen spécial et on pourra les traiter par les méthodes générales indiquées plus haut.
§ 1. — Peau
On se procurera de la peau humaine fraîche dans les services de chirurgie, lors de l'ablation de tumeurs ou d'amputations. Bien entendu, on aura grand soin de 11e choisir que des morceaux de peau absolument saine.
1° Fixation. — O11 fixera immédiatement les fragments recueillis par l’un des procédés suivants :
a. Fixation par l'alcool absolu. — O11 disséquera soigneusement la peau de la pulpe des doigts et on en étendra de petits
lambeaux sur des cadres de liège pour éviter qu'ils s’enroulent. On les immergera pendant vingt-quatre heures dans de l’alcool absolu. On les durcira ensuite par la gomme et l'alcool et on fera des coupes au microtome. Après avoir enlevé la gomme par l'eau, on colorera les coupes au picro-carminate d’ammoniaque et 011 les montera dans la glycérine. Ces coupes offrent une série de teintes très diverses. Le derme est coloré en rose, avec les noyaux des cellules connectives en rouge et les fibres élastiques en jaune. Les cellules du corps muqueux de Malpighi sont orangées avec un noyau rosé ou clair. La couche granuleuse est très marquée par la présence des grains d’éléidine colorés en rouge vif. Les couches cornées sont jaunes.
Dans les papilles on distingue les corpuscules tactiles de Meissner coupés longitudinalement et, au-dessous du derme, les corpuscules de Pacini souvent groupés par deux ou trois et coupés dans divers sens.
O11 fera la même préparation avec des fragments de peau contenant des poils : par exemple la peau des lèvres. Dans l’ablation des cancroïdes des lèvres, 011 est toujours forcé d’enlever un peu de peau saine qui pourra servir aux recherches histologiques. O11 fixera un fragment de cette peau par l’alcool et 011
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fera des coupes parallèles aux follicules pileux contenus dans le derme. On aura ainsi quelques coupes longitudinales de poils plus ou moins complètes. On fera également des coupes perpendiculaires aux follicules pileux. Après coloration au picro-carminate, la tige du poil se teint en jaune, la moelle reste incolore sauf les noyaux qui sont rouges ou roses, la racine du poil est colorée en rouge ou en rose, la gaine interne et sa racine (manteau rouge de Unna) est colorée en rouge très foncé.
b. Fixation par le liquide de Millier. — On fixera par le liquide de Millier des fragments de peau qui seront ensuite durcis â la gomme, coupés, colorés par riiématéine et l'éosine et enfin montés dans la résine dammar.
c. Fixation par le liquide picro-osmio-argentique. — Les injections du liquide de Henaut dans le derme cutané fixent bien la peau. Sur les coupes faites après durcissement, colorées à riiématéine et à l'éosine puis montées au baume, on peut voir des faisceaux nerveux très fins avec leur gaine de Meule imprégnée d’argent et les muscles des glandes sudoripares également indiqués par l’argent.
d. Fixation par le liquide de Flemming. — On pourrait fixer par ce liquide des fragments de peau de l’adulte et les inclure à la paraffine, mais il faut se rappeler que le derme se laisse difficilement pénétrer par la paraffine et que l’inclusion dans cette substance entraîne toujours quelque déformation du tissu.
2° Développement de la peau et de ses annexes. — La
fixation parle liquide de Flemming donne d’excellents résultats pour l’étude du développement de la peau et de ses annexes (poils, glandes sébacées, etc.). On fixe par ce liquide des fragments des paupières d’un fœtus de cinq mois, par exemple, on inclut à la paraffine et on fait des coupes que l’on colore à l’aide des couleurs d’aniline. On obtient ainsi des préparations très démonstratives pour la genèse des cils et des poils, pour la formation des glandes sébacées et l’apparition de la graisse dans leur intérieur.
3° Terminaisons nerveuses.
On peut mettre en évi-
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dence ces terminaisons en traitant des fragments de peau par le mélange de chlorure d'or et d'acide formique (chlorure d’or à 1 p. 100, 4 parties; acide formique, 1 partie, Ranvier). On fait bouillir ce mélange dans un tuhe à essai, on le laisse refroidir et l’on y plonge pendant vingt minutes environ des fragments aussi frais que possible de peau de la pulpe du doigt d'un enfant nouveau-né ou très jeune. On les met ensuite dans de l'eau acétifiée et, la réduction une fois opérée, on les passe dans l’alcool à 90° qui les durcit. On fait les coupes après avoir enrobé les fragments dans la cire et l'huile et on les monte dans la glycérine formiquée.
En dehors de cette méthode qui peut montrer soit les terminaisons nerveuses intra-épidermiques, soit les corpuscules de Meissner, on appliquera les autres méthodes indiquées à propos des terminaisons nerveuses (méthode d’Ehrlich), méthode de Golgi). On traitera aussi par le chlorure d’or et par les méthodes indiquées ci-dessus certaines parties où existent de riches terminaisons nerveuses sensitives telles que le bout du museau de la taupe ou le groin du cochon.
Des corpuscules nerveux très simples (corpuscules de Grandry) existent dans la muqueuse palatine, dans la langue et dans le bec du canard. On fixera ces parties par l’acide osmique et l'on y fera des coupes minces après durcissement par la gomme et l’alcool. Gomme les fragments ont généralement une très petite étendue, il est facile d'y faire des coupes très minces sans recourir à l'inclusion dans laparalline. On examine les coupes sans coloration autre que celle donnée par l'acide osmique ou bien on colore à l'hématéine et on monte dans la résine dammar.
§ 2. — Organes' du goût
Les bourgeons du goût se trouvent dans les parois du sillon qui entoure les papilles caliciformes de la langue ou encore dans l'organe folié du lapin. Cet organe consiste en une série de plis de la muqueuse linguale, formant de chaque côté de la racine de la langue une petite saillie ovale allongée.
Pour préparer ces organes, on détachera la muqueuse linguale des muscles sous-jacents, soit au niveau d’une papille caliciforme, soit au niveau de l’organe folié. On étend le fragment de muqueuse sur un cadre de liège et on le fixe par la liqueur de Flemming ou simplement par l'alcool comme il a élé dit plus haut à propos de la peau. Suivant le fixateur choisi on fera des coupes après inclusion dans la gomme ou dans la paratline et on colorera d’après les indications générales. Les coupes doivent être perpendiculaires au sillon des papilles caliciformes ou aux plis de l’organe folié.
On traitera aussi des fragments de la muqueuse linguale par le chlorure d'or ou par la méthode de Fusari indiquée page 340.
g 3 . — Muqueuse olfactive
La muqueuse olfactive est limitée à la partie supérieure des fosses nasales elle se reconnaît aisément à sa couleur brun clair. On l'étudiera à l'aide des coupes et de la dissocia lion.
1° Coupes. — On ouvre à l'aide d’un trait de scie vertical les fosses nasales d’un animal récemment tué ; on cherche un point de la muqueuse qui n’ait pas été atteint par la scie et on l'enlève avec la lame osseuse sous-jacente. On le porte dans du liquide de Flemming, puis, après fixation, on enlève la lame osseuse en prenant garde de ne pas léser la muqueuse. On inclut celle-ci dans la paralfine et l'on en fait des coupes minces qu’on colore par les couleurs d'aniline.
2° Dissociation. — Pour se rendre un compte exact de la forme des éléments de cette muqueuse il faut recourir au procédé suivant recommandé par Ranvier. Un fragment de la muqueuse olfactive enlevé tout à fait frais est porté dans l'alcool au tiers. Au bout d'une heure on le passe dans la solution à 1 p. 100 d’acide osmique où on le laisse cinq minutes. Au bout de ce temps on le porte dans l'eau distillée, puis on dissocie l’épithélium dans du picro-carminate en
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s’aidant des aiguilles. On monte ensuite la préparation dans la glycérine.
§ 4 . — Oreille interne
L’étude de l’oreille interne demande des préparations faites avec beaucoup de soin parce que l’épithélium sensoriel étant enveloppé par des lames osseuses est difficilement atteint par les réactifs fixateurs. Cependant il importe que ceux-ci arrivent sur lui le plus tôt possible et non pas seulement après avoir traversé son enveloppe osseuse. Pour obtenir ce résultat, on choisit un animal chez lequel on puisse aisément distinguer le limaçon et le dégager de ce qui l’entoure. Le cobaye offre à cet égard une disposition très favorable. Dès que l'on a ouvert la caisse on voit le limaçon qui fait saillie. On le dégage avec un fort scalpel et on le porte dans du liquide de Flemming. Dès qu’il est plongé dans ce liquide on fait sur un de ses côtés une ouverture avec un scalpel, ainsi que le recommande Ranvier. Le fixateur pénètre aisément et fixe bien la membrane de Corti. Au bout de quarante-huit heures la fixation est achevée et, en même temps, la décalcification est opérée, surtout si l’on a eu affaire à un animal jeune. Si la décalcification est insuffisante, on l’achève en plongeant le limaçon dans de l’acide cliromique à 2 p. 1000 que l’on renouvelle plusieurs fois pendant une semaine environ. Au bout de ce temps on lave longuement à l’eau courante, puis on déshydrate et l'on inclut à la paraffine. Les coupes doivent être parallèles à l’axe du limaçon et même celles-là seules qui passent par cet axe sont utiles. On colore ces coupes par les couleurs d’aniline et on les monte au baume.
On préparera de même les canaux semi-circulaires.
§ 5. — OEil
On étudiera rarement l'œil à l'aide de coupes totales portant sur son ensemble; ces coupes ne donnent en effet, au point de vue histologique, que des résultats très insuffisants.
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Néanmoins nous indiquerons d’abord le moyen de les faire, puis nous donnerons quelques détails sur la préparation des diverses parties de l’œil.
1° Coupes totales de l’œil. — On prend un œil frais; on le débarrasse entièrement de la graisse qui l’entoure et on coupe ses muscles très près de leur insertion, puis on le plonge dans du liquide de Muller où on le laisse environ trois semaines. Le liquide doit être renouvelé plusieurs fois au début de la fixation. — Au bout de ce temps l’œil est lavé soigneusement à l'eau, déshydraté par le passage dans des alcools de plus en plus forts, puis inclus dans le collodion. Lorsque l’inclusion est achevée on fait des coupes passant par l'axe longitudinal de l’œil. On les colore par le carmin aluné ou par le carmin boracique et on les monte dans le baume.
Les coupes seules qui passent à peu près par l’axe longitudinal de l’organe sont intéressantes, et encore au point-de vue de l’anatomie macroscopique seule, car les éléments histologiques de la rétine sont mal conservés. D’autre part, les coupes sont forcément un peu épaisses.
11 ne faut pas tenter de faire des coupes après inclusion à la paralline, car sous l’influence de ce traitement le cristallin devient d’une dureté extrême qui s’oppose à leur confection.
2" Cornée. — On obtient de très belles coupes de la cornée en la fixant par le liquide de Flemming et en la durcissant ensuite par l’alcool, puis en en faisant des coupes à main levée ou au microtome de Kanvier, sans autre durcissement. Ranvier, qui a appliqué cette méthode dans ses recherches récentes sur les plaies de la cornée, en a obtenu d’excellents résultats. L’inclusion à la paraffine, surtout si elle n’est pas faite avec beaucoup de soin, produit souvent une dislocation des lames cornéennes qui s’écartent les unes des autres. Les coupes doivent être dirigées radialement, de la périphérie vers le centre de la cornée.
Pour l’étude du tissu propre de la cornée, voyez les méthodes
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indiquées page 246, et pour celle des terminaisons nerveuses voyez page 339.
3° Iris. — Pour fixer convenablement l’iris, on coupe l’œil suivant son équateur, on fait reposer le segment antérieur sur la cornée, et on enlève le cristallin en ayant bien soin de ne pas emporter en même temps l’épithélium pigmenté qui tapisse la face postérieure de l’iris. On plonge alors le segment antérieur de l’œil tout entier dans le fixateur choisi ; puis lorsque la fixation est achevée, on détache l’iris en le coupant suivant son grand cercle et on le divise en 4 secteurs par deux coups de ciseaux perpendiculaires l'un à l’autre, et passant tous deux par le centre de la pupille. Ces secteurs sont alors inclus dans la paraffine où ils ne doivent séjourner que très peu de temps (dix minutes au maximum) puis coupés suivant trois directions, c’està-dire : 1° suivant les rayons de l'iris; 2° perpendiculairement à ces rayons, et enfin, 3° tangentiellement à la face antérieure de l'iris. Ces dernières coupes ne sont pas absolument indispensables.
Les fixateurs les meilleurs sont le liquide de Flemming et le formol picrique (Grynfeltt). Pour voir le muscle dilatateur de la pupille, après avoir préparé et fixé comme il vient d’être dit un iris de lapin albinos, on le colore au bleu polychrome et on monte les secteurs entiers dans le baume, leur face postérieure étant tournée en haut.
4° Dépigmentation de l’iris. — Il existe plusieurs procédés de dépigmentation, mais si l'on cherche à les réaliser en suivant les règles données par les auteurs, il n'est pas toujours facile de réussir. J’indiquerai ici le procédé de dépigmentation de Paul Mayer qui a été beaucoup étudié dans mon laboratoire, à propos de l’iris, par Grynfeltt. Ce dernier toutefois pour obtenir de bons résultats a été obligé de forcer la dose d'acide chlorhydrique indiquée par fauteur. Voici comment il faut procéder.
On étend au fond d’une cuvette à rainures un lit de chlorate de potasse pulvérisé avec précaution, d'un millimètre d’épais-
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seur environ, on remplit la cuvette d'alcool à 90°, puis l'on porte directement sur le chlorate, à l'aide d'une pipette, 2 centimètres cubes d'acide chlorhydrique, pour 80 centimètres cubes d’alcool que renferme la cuvette. On s'efforce de répandre l’acide très également à la surface du lit de chlorate de potasse et en mêlant le liquide avec l’extrémité de la pipette on arrive à répartir l'acide d'une manière assez uniforme.
11 se fait un dégagement de chlore qui teint l'alcool en vert jaunâtre. On place alors dans les rainures les lames sur lesquelles sont collées les préparations à dépigmenter et qui sont maintenues verticalement dans le mélange. On laisse le tout en repos pendant douze heures environ, la durée de la nuit par exemple. Le lendemain on voit que le dégagement de chlore a sensiblement diminué. On porte alors la cuvette sur une étuve à 4o° environ, ou mieux au soleil et le dégagement de chlore recommence. Au bout de trente-six heures ou de quarante-huit heures en tout, la dépigmentation est achevée.
On retire alors les lames de la cuvette — l'alcool qui reste dans cette dernière doit être rejeté — et l'on soumet les préparations à un lavage qui diffère un peu suivant que l'on veut colorer les coupes à l'aide de couleurs en solution alcoolique ou aqueuse. Si l’on veut colorer par une solution alcoolique, on lave longuement à l'alcool, si l'on veut employer un colorant aqueux, il faut hydrater les coupes en les passant dans des alcools de titre décroissant et éviter de mettre brusquement de l'eau sur la lame, car les coupes sont rendues délicates et se déchirent ou se décollent aisément. Une fois mises dans l'eau, on les y lave longuement une demi-heure.
On peut colorer avec n'importe quel colorant, pourvu que le lavage ait été bien fait.
Tous les réactifs fixateurs ne se prêtent pas également bien à une dépigmentation ultérieure des coupes. Les plus favorables sous ce rapport sont : le formol, soit seul, soit additionné d'acide picrique, puis le sublimé. La liqueur de Flemming se prête moins bien à celle opération, et la liqueur de Millier lui est particulièrement défavorable.
La dépimnentalion ainsi pratiquée ne nuit en rien à la
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structure des pièces bien fixées, et particulièrement de celles traitées par le formol picrique.
5" Cristallin. — On a vu plus haut (pie les coupes du cristallin adulte ne pouvaient être faites après les inclusions dans la paraffine ; mais chez des fœtus de petite taille on peut avoir des préparations de cet organe qui, faites après fixation par le liquide de Millier, coloration en masse par le carmin aluné et inclusion dans la paraffine, montrent très bien les fibres de la partie postérieure et les cellules de la partie antérieure. Pour préparer les libres du cristallin, on lixe cet organe par un séjour de quelques semaines dans la liqueur de Muller. Au bout de ce temps le cristallin est soigneusement lavé à l’eau, puis divisé en secteurs à l'aide d’un scalpel. Chaque secteur se décompose aisément en couches superposées que l’on peut elles-mêmes réduire en leurs éléments constituants, les fibres cristalliniennes, en les dissociant à l'aide d’aiguilles. Les libres du cristallin se montrent généralement groupées par petites bandes de deux, trois ou davantage. Elles sont fréquemment brisées et il est difficile de les avoir sur toute leur longueur. On [tout employer les dissociateurs ordinaires énergiques tels que l’acide azotique à 30 p. 100 (Boh.m et Üppel).
6" Choroïde. — On étudiera la choroïde en place dans les coupes du segment postérieur de l'œil dont il sera parlé plus bas et. en outre, dans des délaminations telles que celles indiquées à propos des cellules pigmentaires.
7° Rétine. — La rétine est fort délicate et exige pour ne pas être détériorée des réactifs fixateurs très énergiques. Voici les principales méthodes que l'on peut employer : a. Méthode de Ranvier. — Un œil de triton, bien débarrassé des parties qui l'entourent, est fixé parles vapeurs osmiques. Ces vapeurs atteignent aisément la rétine à travers la sclérotique qui est peu épaisse. Au bout de dix minutes la fixation est suffisante ; on porte alors l'œil dans de 1 alcool au tiers où on l'ouvre suivant son équateur. Le pôle postérieur après être
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resté quelques heures dans Falcool au tiers est lavé à l’eau, mis pendant le même temps dans du picro-carminate où il se colore, puis reporté dans la solution d’acide osmique à 1 p. 100 afin d’achever la fixation. On le lave alors à l'eau, puis on le durcit dans l'alcool; lorsqu’il est suffisamment dur, on l’enrobe dans la cire et l'huile, puis on fait des coupes perpendiculaires à la surface de la rétine et passant par le nerf optique. Ces coupes, reçues dans l'alcool, sont ensuite lavées à l’eau et montées dans la glycérine.
b. Fixation parle liquide de Flemming . — On ouvre un œil frais suivant son équateur et on enlève le corps vitré en ayant grand soin de ne pas entraîner en même temps la rétine. Ceci fait, on porte le pôle postérieur de l’œil dans le liquide de Flemming. Au bout de vingt-quatre heures on le lave avec précaution pour ne pas détacher la rétine, puis on le découpe en quatre secteurs égaux dont le sommet est au centre de la papille du nerf optique et que l’on inclut dans la paraffine pour en faire des coupes radiales. Ces coupes sont colorées par les diverses méthodes indiquées à propos des couleurs d’aniline et montées dans le baume.
c. Méthode de Cajat — Dans ses recherches sur la structure de la rétine par imprégnation chromo-argentique , Cajal a indiqué la méthode suivante : Le pôle postérieur de l’œil frais étant débarrassé du corps vitré, la rétine est enlevée, séparée de la choroïde et découpée en secteurs comme il a déjà été dit. Prenant alors chacun de ces secteurs par sa pointe, on l'enroule sur lui-même de façon à former un petit cylindre. Ceci fait, chaque cylindre est plongé pendant quelques secondes dans un bain de collodion qui lui forme une enveloppe et maintient la membrane enroulée. Ceci a pour but d’éviter l’inconvénient dû à la présence des précipités qui se forment souvent pendant la réaction de l’argent et qui pourraient envahir toute l’épaisseur de la rétine si celle-ci était exposée étalée à plat à l'action des réactifs; tandis que, lorsque la rétine est enroulée sur elle-même, ces précipités se limitent à la périphérie du cylindre ou même â la mince couche de collodion qui l’entoure.
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Une fois le colloclion légèrement épaissi par dessiccation, on plonge les cylindres de rétine dans le liquide de Gajal où ils séjournent un ou deux jours; on les porte alors pour vingtquatre heures dans le nitrate d’argent et on les plonge à nouveau dans le mélange osmio-bichromique, puis dans le nitrate d’argent, faisant ainsi la double imprégnation dont il a été parlé. Lorsqu'on juge la réaction produite, on passe les fragments de rétine dans l’alcool à 90°, on les enrobe dans la cire et l'huile et on fait les coupes que l’on traite suivant la méthode indiquée pour ces sortes de préparations (voy. p. 121).
d. Méthode d'Ehrlich. — Les colorations de la rétine par le bleu de méthylène vital donnent de bons résultats (voy. pour leur emploi, p. 341).