‹ Précis de technique histologique et embryologiqueChapitre 15 sur 133 · INST R U M E N T S ET RE A C T I F S · texte numérisé non relu

INST R U M E N T S ET RE A C T I F S

placé dans la lumière de la canule, en empêche l'obturation.

Pour les injections vasculaires il faut une seringue de plus grande capacité, et pouvant contenir au moins 250 centimètres cubes. On choisira un instrument très bien construit : le modèle deRANviER est excellent; il possède unjeu de canules de diverses formes et de grosseur variée et un tube de raccord de caoutchouc, pour relier la seringue à la canule lorsque cela est utile. Cette seringue doit être soigneusement nettoyée après chaque injection. Nous donnerons plus loin, à propos des injections, les détails complémentaires sur la manière de s’en servir.

3° Instruments de dissection. — Il est nécessaire pour faire de l’histologie d’avoir sous la main tous les instruments

de dissection ordinaires, pinces, ciseaux, scalpels; il faut aussi avoir une scie, un marteau, un ciseau pour ouvrir le crâne des animaux afin d’en retirer le cerveau.

Il est bon d’avoir des pinces très fines et de petits ciseaux

INSTRUMENTS. MATÉRIAUX D’ÉTUDE

nickelés, les uns droits, les autres coudés sur le tranchant, d’autres encore à lames courbes (voy. fig. de 20 à 24). Il est aussi utile de posséder des ciseaux tins à ressort semblable à ceux de la figure 25.

Lorsqu’on emploie certains liquides tenant en solution des

Fig. 23.

Ciseaux fins à lame courbe.

Fig. 24.

Ciseaux courbes, autre modèle.

Fig. 25.

Ciseaux fins à ressort.

sels métalliques tels que le nitrate d’argent ou le sublimé, il ne faut pas y plonger des ciseaux ou des pinces en métal, parce qu'ils seraient attaqués et donneraient lieu à un précipité dans le liquide. On emploie alors des pinces à mors d’ivoire ou de corne, et des spatules faites avec les mêmes matières ou bien en celluloïd.

INSTRUMENTS ET RÉACTIFS

4° Spatules et aiguilles. — Les spatules rendent de grands services pour porter des coupes minces d’un liquide dans un autre, pour transporter un embryon délicat, etc. Il y en a de plusieurs modèles : de rectangulaires, portées par un manche droit, d ovales munies d’un manche coudé à angle droit, ou enlin de courbes pourvues d’une pointe. Ces spatules se font

Aiguille à Spatule

dissocier. carrée.

Fig. 28.

Spatule

courbe.

Fig. 29.

Spatule coudée à angle droit.

en métal, en corne ou en celluloïd. Ont peut aussi en avoir à lame de platine mobile, comme celle qui est représentée ligure 28. Ces dernières sont très utiles pour manipuler des pièces dans certains liquides, tels que le nitrate d'argent ou la liqueur de Kleinenberg par lesquels elles ne sont pas attaquées.

Un instrument absolument indispensable en histologie est l’aiguille dite à dissocier (fig. 26). Cette aiguille sert non seulement à la dissociation, mais à maints autres usages, notamment à saisir les coupes llottant dans un liquide pour les amener sur une lame de verre, à ranger les coupes en série ;

INSTRUMENTS. MATÉRIAUX D’ÉTUDE

elle aide à placer les lamelles couvre-objet, à faire les dissections fines, en un mot elle est pour ainsi dire constamment entre les mains de l'histologiste qui ne saurait s’en passer. Une bonne aiguille doit être souple et très line.

5" Porte-objet de Cori. — Cet instrument est fort utile, il consiste en un porte-objet métallique percé en son centre d’une ouverture quadrilatère, laquelle peut être plus ou moins rétrécie parle mouvement d’une lame, qui glissant dans deux

Fipf. 30.

Porte-objet de Coin.

rainures, s’avance de façon à donner à l’ouverture les dimensions que l’on veut. Une rainure creusée sur l’un des bords de l’ouverture et sur le bord opposé de la lame mobile permet de maintenir en place les couvre -objets que l’on met dans l’ouverture du porte-objet, et les dimensions variables de cette ouverture sont justement faites en vue d’y placer des couvreobjets de toutes les grandeurs. L’épaisseur du porte-objet fait qu’on peut le retourner sur ses deux faces, sans que la lamelle qui y est enchâssée ou la préparation risque de toucher la platine du microscope. Cet instrument permet d'examiner successivement par sa face ventrale et par sa face dorsale un animal de petite taille placé entre deux couvre-objets. Il est précieux pour examiner avant le montage définitif les préparations de la méthode de Golgi portées sur des lamelles.

6° Platine chauffante de Ranvier. — C’est une petite caisse rectangulaire en laiton, pouvant contenir de l’eau et

44 INSTRUMENTS ET RÉACTIFS

présentant en son milieu une fente horizontale clans laquelle on glisse la préparation. Le centre de la platine est percé

Platine chauffante de Ranvier.

A platine chauffante. — /, thermomètre. — aa\ tube d’arrivée de l’eau dans la 1 1 platine. — bb' , tube de sortie.

d’une ouverture cylindricpie qui, par sa partie inférieure permet aux rayons lumineux venus du miroir d’éclairer l’objet, et qui peut recevoir dans sa parlie supetieuie 1 objectif a\eo lequel on fait l'observation. Une tubulure placée près de la

INSTRUMENTS. MATE1UAI X I) ETUDE

surface supérieure de la platine permet l’accès de l’eau chaude, une tubulure inférieure entraîne l’eau, avant qu’elle se soit refroidie et ainsi s’établit à l’intérieur de la platine une circulation constante.

L'eau est chauffée soit dans un récipient que les constructeurs livrent d’habitude avec la pl a-

tine, soit, ce qui est plus commode,

dans une pelite étuve de d'Arsonval, avec laquelle il est facile d’avoir une température constante.

Cette platine est utilisée pour observer dans leurs conditions normales de température les éléments anatomiques des animaux à sang chaud.

7° Fer à luter à la paraffine. — Ce petit instrument, indispensable pour border à la paraffine les préparations montées dans la glycérine, consiste en une tige de fer, courbée à angle droit à son extrémité, et portée sur un manche en bois. La figure 32 donne la vraie grandeur de cet instrument.

8° Instruments en verre. — a. Lames et lamelles. — En première ligne, il faut citer les lames ou porte-objets et les lamelles ou couvreoljjels. Kg. K.

Les lames ou porte-objets doivent être en verre per ^ ju^er dit blanc, c’est-à-dire parfaitement incolores, bien planes et sans défauts (bulles d’air). Il n'est pas nécessaire que leurs bords soient rodés. Leurs dimensions varient suivant le goût des observateurs, le format ordinaire français est de 76 x 26 millimètres.

Les lamelles ou couvre-objets doivent avoir les mêmes qualités ; elles sont rectangulaires ou carrées, les lamelles de 22 x 22 millimètres conviennent très bien pour les porte* objets de 76 x 26.

1 N S T ü lT M E N T S E T II É A C T I F S

Lames el lamelles ont besoin d’ètre lavées avant d'être mises

en service parce < jn'elles ont souvent un revêtement de poussière maintenue par des traces de substance grasse qui les obscurcit. Pour les en débarrasser on peut les mettre à tremper pendant quelques heures dans de l'acide sulfurique au dixième, les laver soigneusement à l’eau, puis à l’alcool, et les sécher avec un linge tin.

Lorsque des lames et des lamelles ont servi à faire des préparations que l’on veut détruire, on peut les conserver néanmoins. On fera tremper les préparations dans de l'alcool impur ayant déjà servi, qui dissoudra le baume et permettra de séparer la lame et la lamelle, que l'on nettoiera ensuite convenablement avec de l'alcool ou des résidus de xylol ayant servi, qui enlèveront les dernières traces du baume.

Fig. 33.

Porte-objet, chambre humide et à air.

A, vu 3c face. — B, en coupe. — C, ici., recouvert d’une lamelle.

b. Porte-objet chambre humide el à air de Ranvier. — Cet instrument consiste en une lame de verre épaisse, creusée en son centre d'une rigole circulaire profonde, circonscrivant un cercle dont la surface est en contre-bas d'un dixième de millimètre, par rapport à la surface de la lame elle-même. Si l’on dépose sur ce cercle une goutte de lymphe prise sur une grenouille, ou une goutte d’eau renfermant des infusoires, puis qu'on recouvre d'une lamelle, l’air emprisonné dans la rainure suffira pour entretenir la respiration de ces êtres assez longtemps.

c. Flacons comple-goulles. — Pour contenir divers réactifs on

] X S T H U M K i\ T S . MA T É Kl A U X I > ’ É T II) E

emploie des flacons compte-gouttes qui permettent de verser le liquide goutte à goutte. On choisira le modèle indiqué ligure 34 dans lequel la rainure de déversement est parfaitement à l'abri de la poussière.

Ces flacons peuvent servir pour tous les liquides qui ne sont pas trop visqueux, alcools de divers titres, essences, solutions

Flacon compte-gouttes. Flacon à baume de Canada.

colorantes, etc.; par contre ils ne laissent pas couler la glycérine, on ne peut donc les employer pour la contenir et il faudra recourir pour cette substance aux flacons du nécessaire de Ranvier. On étiquettera soigneusement ces flacons.

Comme sur la table de travail plusieurs d’entre eux contiennent un liquide incolore, alcools de divers degrés, eau distillée, xylol, il est bon de leur mettre une marque qui les fasse distinguer aisément afin d’éviter des méprises désagréables. On peut par exemple mettre aux flacons d’alcool des étiquettes de papier rouge d’autant plus foncé que l'alcool est d'un titre

INSTRUMENTS ET REACTIFS

plus élevé, pour l’eau on choisira des étiquettes vertes, etc.

cl. Flacons à résines. — Le baume du Canada ou la résine dammar se conservent dans des flacons spéciaux, comme celui de la figure 35 et munis d’une petite baguette de verre avec laquelle on puise la résine. Si par accident un peu de baume coule en dehors du flacon ou sur son goulot, on l’enlève avec un linge imbibé de xylol, de chloroforme ou de tout autre dissolvant des résines.

e. Pipettes. — On se procurera deux sortes de pipettes : les pipettes tubulaires simples, formées d’un tube de verre effilé

Fig. 36.

boite de verre.

à l'une de ses extrémités et coiffé à l’autre extrémité d’un tube de caoutchouc fermé, et les pipettes à boule, qui présentent un renflement sphérique sur leur longueur. Ces dernières sont surmontées d’une boule de caoutchouc permettant de produire une aspiration assez forte. 11 faut les choisir en observant que la capacité de la boule de verre ne soit pas trop inférieure à celle de la boule de caoutchouc, sans quoi Je liquide aspiré peut pénétrer dans cette dernière, qu’il est ensuite difficile de nettoyer convenablement.

Il faut avoir en outre des bocaux de toutes grandeurs qui servent pour fixer ou pour conserver les pièces, des boîtes de verre à couvercle de différentes dimensions, dans lesquelles on placera les pièces de petit volume pendant les divers traitements qu’elles ont à subir. On emploiera aussi des boîtes de Pétri dont une des moitiés sert très utilement pour recueillir des coupes dans l'alcool.

f. Chambre humide. — La chambre humide est destinée à

maintenir les préparations à l’abri de l’évaporation pendant qu’agissent sur elles les matières colorantes ou d’autres réactifs. Elle comprend une échelle métallique support des préparations, qui repose sur une cuvette circulaire en verre

Fig. 38.

Chambre humide.

dans laquelle on peut mettre de l’eau. Le tout est recouvert d’une cloche en verre qui, plongeant dans l’eau delà cuvette, délimite une atmosphère saturée de vapeur d’eau.

9U Instruments divers. — En dehors des capsules de porcelaine et du matériel de chimie destiné à faire les manipulations qui peuvent se présenter (bec Bunsen, fourneau à gaz, éprouvettes à pied, éprouvettes graduées, supports, ballons, etc.), nous signalerons encore les appareils suivants, qui rendent de grands services.

a. Cuvette à rainures. — La cuvette à rainures est une sorte de boîte carrée portant des rainures verticales, dans lesquelles s’engagent les lames, qui sont ainsi maintenues droites. On verse dans ces cuvettes divers bains, colorants ou

INSTRUMENTS ET RÉACTIFS

SO

autres, dans lesquels doivent séjourner les préparations. On couvre les cuvettes d'une plaque de verre.

Fig. 39.

Cuvette de porcelaine à rainures.

b. Boile en porcelaine perforée. — Cette boîte sert à laver

des objets de très petites dimensions, qui pourraient se perdre si on les mettait simplement dans un bocal sous un filet d'eau. Elle consiste en un récipient percé de petits trous, dans lequel on introduit les pièces, et qu’on ferme à laide d’un bouchon de liège qui lui sert en même temps de flotteur. La boîte ainsi garnie est introduite dans un bocal placé sous un filet d’eau où son contenu se lave parfaitement sans risquer d’être entraîné par le courant.

c. Assiettes et soucoupes. — 11 est bon

h f(Tt 4U •

, . d'avoir des assiettes et des soucoupes en

perforée pour la- porcelaine blanche, qui servent soit a re-

vage de pièces. cueillir l’eau de lavage pendant les colo-

rations, soit à entreposer de petits animaux (grenouilles, rats, etc.) auxquels on désire enlever un organe.

INSTRUMENTS. MATÉRIAUX D’ÉTUDE

cl. Photophore. — Un autre instrument très utile est le photophore, sorte de planchette creusée sur saface supérieure d’une large entaille laissant arriver la lumière en dessous d’une préparation qui repose par ses extrémités sur les bords de l’entaille. Une rainure faite sur chacun des bords de l’ouverture du photophore permet de glisser sur la face inclinée de ce dernier une feuille de bristol blanche ou noire, suivant que l’on voudra examiner la préparation sur l’un ou l’autre fond.

Fig-. 41 .

Photophore.

Non seulement le photophore est indispensable pour faire une dissociation, mais il sert d’entrepôt pour les préparations en voie d'exécution qui sont plus faciles à prendre et à manipuler lorsqu’elles reposent sur lui que si elles reposaient sur la table. C’est pour cela que je préfère de beaucoup ce photophore ancien très simple aux instruments plus compliqués, munis de miroirs réflecteurs et qui ne peuvent servir qu’à la dissociation seule. Comme chacun peut construire lui-même ou faire construire cet instrument, je donnerai les dimensions qu il doit avoir : épaisseur, 0,025 millimètres; longueur, 0,110 millimètres; largeur, 0,120; largeur de l’entaille, 0,000 millimètres.

§ 3. — Matériaux d’étude

Les matériaux d’étude de U histologiste lui sont naturellement fournis par le règne animal ; il convient d’en dire quelques mots.

INSTRUMENTS ET REACTIFS

On doit d’abord avoir sous la main de petits mammifères faciles à entretenir dans un laboratoire : lapins, cobayes, rats blancs. On pourra enfermer ces animaux dans les cages grillées que l'on emploie dans les laboratoires de bactériologie.

11 est facile de se procurer à l'abattoir diverses pièces utiles : yeux, cerveau, moelle, etc., et surtout des embryons ou des fœtus.

Enfin il ne faudra pas négliger de s’approvisionner de matériaux dans les services de chirurgie où, au moment d’amputations, d’ablations de tumeurs, on pourra avoir des tissus ou des fragments d’organes sains, que l'on fixera surplace et que l'on emportera ensuite au laboratoire.

En dehors de ces matériaux, on en demandera d'autres plus précieux encore à certains points de vue, à la classe des batraciens. Ces animaux possèdent des éléments cellulaires de grande taille dans lesquels certains détails cytologiques se voient très aisément, et ils se prêtent à maintes expériences ou observations qui n’exigent pas un outillage compliqué et sont des plus instructives (observations du sang circulant, pièges à globules blancs, etc., etc.).

Le plus remarquable de ces animaux, au point de vue cytologique, est la salamandre terrestre, que l’on trouve sous les

pierres, dans les lieux humides. On la conserve vivante dans des caisses renfermant de la mousse humide et on la nourrit de vers. Viennent ensuite les tritons qui se trouvent dans toutes les mares. Il est facile de s'en procurer pendant la belle saison, en pêchant cà l’aide d’un filet, ou simplement en attirant hors de l’eau les algues filamenteuses qui tapissent le fond des mares et dans lesquelles ils restent pris. Pendant les mois d’avril à juin, on trouve leurs larves, qui portent sur les côtés du cou des panaches branchiaux dressés. Ces larves sont précieuses pour l’histologiste. Les tritons et leurs larves se conservent en bon état dans les aquariums contenant des herbes aquatiques nécessaires pour maintenir la pureté de l’eau.

Les grenouilles servent pour ainsi dire journellement à une foule d’exercices histologiques (imprégnation à l'argent du mésentère, examen des cils vibratiles vivants, préparations

RÉACTIFS. MATIERES COLORANTES, ETC

des fibres à myéline, etc., etc. On les tient dans un aquarium ou dans une caisse en bois, munis d’un fond incliné, de façon qu’une partie soit sous l’eau, et l’autre en dehors de l’eau. Les grenouilles se tiennent le plus souvent sur cette partie émergée et ne se réfugient dans l’eau qu'à certains moments. Il faut éviter de les mettre dans un aquarium plein d’eau.

Dans les villes du littoral on peut se procurer d’excellents matériaux d’étude avec les raies ou les squales, dont le système nerveux, en particulier, est formé d’éléments de grande taille faciles à isoler et à bien voir.

Tels sont les animaux d’un emploi courant; mais il ne faudra pas négliger d’en chercher d’autres qui dans certains cas peuvent fournir des données intéressantes.

Une règle générale, en ce qui concerne les animaux dont on se sert, est de leur éviter les souffrances inutiles. O11 devra donc anesthésier au chloroforme tous les animaux auxquels on veut faire subir une opération quelconque. On tuera parle chloroforme les rats, les cobayes, les lapins. Pour les batraciens, qui offrent, une grande résistance vitale, il est bon de leur détruire la moelle et l'encéphale en enfonçant dans les cavités correspondantes une aiguille à dissocier que l’on meut de façon à désorganiser la substance nerveuse. De cette façon si les tissus vivent encore un certain temps, la sensation de la douleur est au moins supprimée.

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