ETC
4' Bases. — Ces réactifs sont employés soit pour les dissociations, soit pour faire les matières colorantes.
a. Potasse. — On emploie la potasse en solution concentrée à 40 p. 100, faite le plus souvent au moment de s’en servir et suivant la formule :
Potasse caustique Eau distillée . .
40 grammes 60 ' —
Cette solution doit se conserver dans un tlacon bien bouché avec un bouchon de caoutchouc. Elle dissout les ciments intercellulaires sans détruire les cellules, mais plus diluée elle détruit absolument les éléments cellulaires, sauf les fibres élastiques. Ne pas oublier que cette solution est très caustique.
b. Ammoniaque . — On emploie l’ammoniaque ordinaire des drogueries. Exiger qu’elle soit limpide et incolore.
L’ammoniaque sert surtout comme dissolvant du carmin.
c. Aniline ou huile d'aniline. — C’est un liquide huileux, incolore, lorsqu’il est récemment préparé, mais qui prend bientôt une coloration jaunâtre qui fonce peu à peu et tourne au brun. Pour les usages histologiques, l’aniline doit être incolore.
Elle sert surtout à fabriquer l’eau anilinée que l’on fait en ajoutant un peu d’huile d’aniline dans l’eau distillée. On agite fortement la bouteille, l’huile se réduit en gouttelettes fines, et une certaine quantité se dissout dans l’eau. On filtre sur un papier épais, l’eau anilinée doit être parfaitement incolore ; si elle est tant soit peu laiteuse, il faut filtrer à nouveau parce que des gouttelettes d'huile ont passé. L’eau anilinée entre dans la composition de certaines solutions colorantes.
5° Sels. — ■ Un certain nombre de sels sont employés dans la technique ; nous ne citerons que les principaux.
a. Nitrate d'argent. — On prend du nitrate d’argent cristallisé dont on fait des solutions aqueuses à 1 p. 100, dans de l’eau distillée. La solution à 1 p. 100 se conserve à l’abri de la lumière et surtout des poussières dans un flacon de verre bleu ou brun, bouché à l’émeri : on l’étend avec de l’eau distillée pour avoir les solutions de titres plus faibles.
b. Bichlorure de mercure (sublimé). — Ce sel se présente sous la forme d’une poudre blanche très lourde. En raison de sa liante toxicité, il importe de le conserver dans des ilacons soigneusement étiquetés. 11 s’emploie en solution dans l’eau comme fixateur (voy. p. 105).
c. Chlorure d'or. — Le chlorure d’or est un sel jaune d’or, livré d'habitude en petits Ilacons d’un gramme.
On l’emploie en solution à 1 p. 100 dans l’eau distillée.
d. Alun d' ammoniaque et alun de potasse. — Ces deux corps doivent être sous la forme cristalline ; on emploie l'un ou l’autre indifféremment dans la préparation de certaines solutions colorantes, comme le carmin a luné et l hématéine.
e. Chlorure de sodium. — On se procurera du sel marin cristallisé. Ses principaux emplois sont la fabrication de la solution physiologique à 0,75 p. 100, et la préparation de solutions de sublimé dont il augmente la solubilité dans l'eau.
f. Bichromate de potasse. — Le bichromate de potasse est livré sous la forme de cristaux jaune-orangé vif.
Il se dissout dans l'eau et entre sous forme de solution aqueuse dans la composition du liquide de Millier (voy. ce mot p. 102) et dans celle du liquide de Cajal (acide osmique et bichromate de potasse) employé dans la méthode de cet auteur pour l’étude du système nerveux (p. 117).
C'est un fixateur. 11 peut être aussi employé pour durcir le svstème nerveux central.
g. Bichromate d'ammoniaque. — Ce sel, très voisin du précédent, lui a été quelquefois substitué. Il paraît durcir les centres nerveux moins rapidement que le bichromate de potasse (Ranvier).
§2. — Matières colorantes
Les principales matières colorantes sont tirées soit des êtres vivants (carmin et hématoxyline, par exemple), soit de la distillation du goudron de houille, provenant d’êtres fossiles (couleurs d’aniline). Ces produits sont très souvent falsifiés ; aussi faut-il se les procurer dans des maisons connues, et si
REACTIFS. MATIÈRES COLORANTES, ETC
les échantillons livrés ne donnent pas satisfaction il sera bon d’en essayer d’autres. On arrivera toujours ainsi à obtenir les solutions indiquées dans cet ouvrage.
Nous étudierons ici les principales substances colorantes et les solutions les plus importantes qu’elles permettent de préparer.
1° Carmin. — Le carmin est un corps tiré de la cochenille et qui se présente sous la forme de fragments irréguliers, d’un rouge vif, ayant, à la couleur près, l’aspect de l’empois d’amidon. Celui que l'on emploie pour les colorations histologiques est connu sous le nom de carmin n° 40.
C'est un corps très soluble dans l’ammoniaque, insoluble dans l’alcool et dans l'eau ; mais en présence de certains sels, (alun de potasse ou d’ammoniaque, borax), et avec l'aide de la chaleur il donne des solutions aqueuses ou alcooliques qui forment d'excellents colorants.
Ce produit est très souvent falsifié, il faut s’adresser pour l'avoir bon à des maisons connues et s’occupant de fournitures pour l'histologie On prépare avec ce carmin diverses solutions colorantes qui sont : le carmin aluné, le carmin boracique à l’alcool, le picro-carminate d’ammoniaque.
a. Carmin aluné (Grenacher). — Cette solution est formée par du carmin et de l’alun d’ammoniaque broyés et dissous dans l'eau à l'aide de la chaleur. Les proportions des différents corps sont les suivantes :
Carmin n° 40 1 gramme
Alun d’ammoniaque 5 grammes
Eau 100 —
On fait chauffer et on maintient à l’ébullition pendant un quart d’heure au moins, ou même davantage, jusqu’à ce que la teinte du mélange soit d’un beau rouge-violet foncé. Si après une ébullition prolongée pendant une heure on n’obtient pas cette teinte, mais une coloration plus faible, c'est que le carmin ne valait rien et il faut recommencer avec un autre échantillon.
INSTRUMENTS ET RÉACTIFS
La solution achevée, on filtre une première fois à chaud, on laisse reposer, puis on filtre à froid et on conserve dans des flacons bouchés au liège. On ajoute quelques cristaux de camphre ou de thymol qui ilottent sur le liquide et empêchent le développement des moisissures. Avec ces précautions la solution se conserve intacte pendant très longtemps. A la longue il se dépose au fond du flacon des cristaux d’alun, cela n’a aucune importance pour la valeur de la solution.
b. Carmin boracique à l'alcool (Grenacher). — C'est une solution de borax et de carmin n° 40 dans l’alcool à 70°; la formula est la suivante :
Carmin ru 40 1 gramme
Borax 3 grammes
Alcool à 70° 100 c. c.
Le carmin et le borax pulvérisés sont mis dans un ballon de verre contenant l’alcool à 70u.
On chauffe au bain-marie en prenant des précautions contre l'inflammation de l’alcool ou de ses vapeurs; on laisse bouillir 5 à 10 minutes au maximum et on filtre à chaud. Ceci est le mode de préparation que j 'ai vu suivre autrefois dans le laboratoire du professeur Kleinenberg.
La solution a une belle teinte rouge vif; elle a une grande tendance à laisser un dépôt et à précipiter au contact d’un alcool de titre plus fort que celui qui lui sert de véhicule. Il faut donc éviter de la mélanger avec de l’alcool à 90°.
Cette solution colorante placée dans des flacons bouchés à l’émeri se conserve bien.
c. Picro-carmmate d' ammoniaque (Ranvier). — Celte matière colorante, introduite dans la technique histologique par Ranvier, est préparée par lui de la manière suivante : « On verse dans une solution saturée d’acide picrique du carmin dissous dans l’ammoniaque, jusqu’à saturation. On laisse évaporer lentement à l'air libre dans de grands cristallisoirs. Il ne faut pas craindre la putréfaction ; elle semble favoriser la réaction. Celle-ci exige du temps, des semaines et même des mois. Il se dépose peu à peu des cristaux de picrate d’ammoniaque et du
RÉACTIFS. MATIÈRES COLORANTES, ETC
carmin amorphe que l’on recueille pour une opération ultérieure. On décante, on filtre, on évapore à siccité au bainmarie. On reprend sur l’eau distillée, on filtre et on évapore de nouveau. On obtient ainsi une poudre brune qui doit se dissoudre entièrement dans l’eau distillée ; une solution à un cen tième est la plus convenable. »
On peut encore préparer le picro-carmin de la manière suivante : Dans une grande capsule de porcelaine on met une solution saturée de carmin dans de l’ammoniaque, sur laquelle on verse une solution aqueuse saturée d’acide picrique. On chauffe ; l’ammoniaque en excès s’évapore peu à peu et la masse prend une teinte rouge sang caractéristique. Pour bien apprécier cette coloration, on recueille de temps à autre, au moyen d’un agitateur de verre, une goutte de la solution que l'on dépose sur du papier filtre. La tache produite doit être de couleur rouge sang uniforme ; tant qu'elle présente une teinte violacée ou rose foncé, il faut ajouter de l'acide picrique et chauffer encore. Lorsqu’on a obtenu la couleur désirée, on cesse d'ajouter de l'acide picrique, on filtre à chaud, puis à froid. La solution est achevée et prête à être utilisée. Elle ne doit pas avoir d’odeur ammoniacale On la conserve dans des flacons bouchés au liège avec quelques cristaux de camphre, cela n'est cependant pas indispensable, car les moisissures n'altèrent pas la matière colorante.
2° Hématoxyline, hématéine. — L'hématoxyline est une matière colorante tirée du bois de campêche. Elle se présente sous la forme d’une poudre brun clair, soluble dans l’alcool.
Dans la plupart des cas on emploie maintenant l’hématéine, substance qui a l'aspect d'une poudre brune plus foncée que l'hématoxyline et qui est un produit d’oxydation de cette dernière. L’hématéine se forme naturellement et à la longue dans les solutions d'hématoxyline ordinaire et leur donne leur pouvoir colorant. C’est justement pour cela que plusieurs des solutions d’hématoxyline autrefois employées n’étaient pas colorantes immédiatement et devaient mûrir avant de pouvoir
I N S T H ü M E N T S E T lt E A G T I F S
servir. Avec l’hématéine on obtient les solutions colorantes d'emblée, comme celle que nous donnerons plus loin. L’hématoxyline fournit une coloration précieuse en cytologie (Heidenhain) dont nous parlerons dans la partie spéciale.
Hèmaiëine à l'alun . — Pour préparer cette matière colorante, il faut faire les deux solutions suivantes :
Solution A.
Solution B.
( Ilématéine
( Alcool à 90° . . . .
s Alun
< Eau
1 gramme 100 cent. cub.
30 grammes 1 000 —
On fait dissoudre l'hématéine dans l'alcool; si, ce qui arrive quelquefois, elle ne s’y dissolvait pas entièrement, on pourrait ajouter 5 à 10 centimètres cubes d’alcool. On obtient ainsi une solution brun acajou très transparente que l’on verse dans la solution B, faite à chaud. On laisse refroidir, on filtre et on a un liquide d'un beau violet rougeâtre, transparent, que l’on conserve dans des flacons bouchés au liège, avec quelques cristaux de thymol. Cette formule, comme du reste la plupart de celles qui servent à préparer les solutions d'hématoxyline, est une modification légère de l’ancienne formule de Bœhmer.
3" Safranine. — La safranine est, comme toutes les couleurs indiquées ci-après, un dérivé de l’aniline; elle est livrée sous la forme d’une poudre rougeâtre. Comme toutes les autres couleurs d’aniline, c’est un corps très variable dans ses propriétés et dans ses qualités, avec lequel par conséquent on peut avoir des résultats très différents suivant la marque dont on se sert, .le ne parlerai ici que de la safranine O. de Grtibler. (Dr Grübler, 63, Bayersche Strasse, Leipzig.)
Avec cette safranine on prépare la solution suivante :
. », Safranine O 1 gramme
Solution 1 . ^ Alcool absolu .... 100 cent. cub.
qui peut se conserver pendant plusieurs mois et qui est la solution mère avec laquelle on prépare les solutions définitives,
REACTIFS. MATIERES COLORANTES, ETC. 65
employées pour la coloration. Celles-ci ont la formule suivante :
Solution A.
, Safranine alcoolique.
Eau distillée
t Eau anilinée
10 centimètres cubes
Cette dernière solution, comme toutes celles qui renferment de l’eau anilinée, ne se conserve que peu de temps, et pas au delà d'un mois. On la fabrique au fur et à mesure des besoins.
4U Violet de gentiane. — Le violet de gentiane est une poudre violette à reflets métalliques verdâtres. On en fait une solution mère à 5 p. 100 dans l'alcool à 90° :
„ . . ( Violet de gentiane . 5 grammes
o u ion i . ^ Ajcooi à 9o<> 100 centimètres cubes
lorsqu'on veut employer la couleur on fait le mélange suivant qui ne se conserve que quelques jours.
Solution A 1 centimètre cube
Alcool à 90° 1 —
Eau anilinée filtrée 10 —
5° Bleu de méthylène polychrome de Unna. — Le bleu polychrome de Unna est un mélange colorant à base de bleu de méthylène, livré tout préparé par Grübler. Cette matière colorante est très belle ; elle donne en partie les mêmes résultats que le bleu de méthylène et que la thionine, et est plus facile à employer que cette dernière.
Un complément indispensable du bleu polychrome est la solution fournie par Grübler sous le nom de glycerinâthermiscliung.
6°Vert lumière. —S’emploie en solution aquoso-alcoolique d’après la formule suivante :
Vert lumière 2 gr. 5
Eau distillée 100 grammes
Alcool à 90° 100 centimètres cubes
11 sert comme colorant de fond dans la méthode de Benda. précis de technique histologique. 5
INSTRUMENTS ET REACTIFS
7° Eosine. — L’éosine est une substance qui se présente sous la forme d'une poudre rougeâtre. Il y en a deux sortes : l’une soluble dans l'alcool (primerose), l’autre soluble dans l’eau.
On fait avec ces deux substances deux solutions : l'une (éosine à l’alcool) est d’un rouge vif à la lumière transmise et offre à la lumière réfléchie des reflets verdâtres (fluorescence) très marqués. Sa formule est la suivante :
Eosine primerose.
Alcool à 90° . . .
0 gr. 25
109 centimètres cubes
L'autre a une fluorescence moins marquée ; elle est ainsi composée :
Eosine 0 gr. 50
Eau distillée 100 grammes
8 Orange G. — L'orange (1 est une substance fournie par (Irübler, que l'on emploie en solution aqueuse concentrée; la formule en est :
Orange E 2 grammes
Eau distillée 100 —
C’est un liquide brun acajou clair.
§ 3. — Substances diverses
1° Substances aromatiques. — Les substances de ce groupe sont employées comme dissolvants, comme éclaircissants et comme agents antiseptiques.
a. Benzine. — Produit de la distillation de la houille. C'est un liquide incolore, très réfringent, insoluble dans l’eau, soluble dans l’éther, dans l'alcool absolu. Dissout les graisses.
Sert à dissoudre la résine dammar ; voyez la formule donnée à propos de cette dernière.
b. Xylol. — Corps homologue de la benzine et doué des mêmes propriétés. Très* volatil.
11 est très employé comme dissolvant de la paraffine pour
RÉACTIFS. MATIERES COLORANTES, ETC
faire les inclusions et pour débarrasser ensuite les coupes de la paraüine.
c. Toluène. — Corps très voisin du xylol ; sert aux mêmes usages.
d. Thymol. — Produit cristallisé retiré de l'huile de thym. Est employé comme antiputride ; quelques cristaux placés dans les solutions colorantes d’hématéine ou de carmin les protègent contre le développement des moisissures.
e. Camphre. — Les cristaux de camphre ont les mêmes usages que ceux de thymol. Leur action antiputride est très remarquable; ils permettent de conserver longtemps à l'abri de la putréfaction diverses solutions colorantes on autres.
2° Essences ou huiles essentielles. — Les essences ou huiles essentielles sont des corps d'odeur aromatique, insolubles dans l'eau, solubles dans l'alcool absolu, qui dissolvent les résines et se mêlent à la paraffine. Elles servent à imbiber les coupes eu vue du montage dans les résines, ou de l'inclusion dans la paraffine. Elles rendent très transparentes les coupes qu’elles ont imprégnées (éclaircissement). Les plus usitées sont les suivantes :
a. Essence de girofle. — Essence jaunâtre, devient brune en vieillissant, décolore parfois les préparations avec beaucoup d’énergie; dans ce cas prendre un autre échantillon qui n’ait pas cet inconvénient. Sert à éclaicir les pièces et permet de les monter dans les résines.
b. Essence de bergamote. — • De couleur verdâtre, ou jaune verdâtre, décolore moins que l'essence de girolle. Employée comme éclaircissant.
c. Essence <T origan. — Incolore, d’odeur très forte, éclaircit bien, décolore moins vivement que l’essence de girolle.
d. Essence de térébenthine. — • Incolore, très fluide tout d’abord, elle s'évapore facilement et forme alors une pâte tenace résineuse. Sert pour dissoudre la résine dainmar.
e. Essence de cèdre. — Épaisse, légèrement jaune, est souvent employée comme liquide intermédiaire entre l’alcool
I X STI! i; M E N T S E T J ! E A C T I F S
absolu et la parafline dans les inclusions laites' avec cette dernière substance.
3U Baume du Canada. — C’est une résine livrée dans le commerce sous la forme de fragments durs, jaunâtres, translucides, ou sous forme de solution. Il vaut mieux prendre le baume sec et faire ses solutions soi-même. Le baume est soluble dans le xylol, le toluène, la benzine, le chloroforme, les huiles essenlielles. Il est insoluble dans l’eau se désagrège et précipite par l’alcool. Il fond à une certaine température et se prend de nouveau en refroidissant ; pour en faire des solutions, on emploie d'ordinaire le xylol ou le chloroforme. La solution courante est celle au xylol, mais il est bon d'en avoir une au chloroforme. Ces solutions se font simplement en mélangeant les deux corps de façon à avoir la fluidité cherchée. O11 filtre s'il y a lieu; c’est une opération très longue (le baume formant une sorte de vernis à la surface du papier) que l’on facilite en faisant la solution très fluide, quitte à la ramener à la concentration voulue par évaporation.
Les solutions de baume du Canada prennent en vieillissant une teinte jaune assez marquée.
4° Résine dammar. — La résine dammar est livrée par les marchands sous forme de fragments semblables à ceux de la gomme arabique. Elle offre les mêmes propriétés que le baume du Canada vis-à-vis des corps dont nous avons parlé. Ses solutions 11e deviennent jamais jaunes et restent toujours incolores ou à peine teintées ; aussi la préfère-t-on dans nombre de cas au baume du Canada.
J’emploie depuis plusieurs années la solution suivante, dont je suis très satisfait :
Résine dammar 30 grammes
Benzine pure 50 —
Essence de térëbentfiine 20 —
Filtrer sous une cloche remplie de vapeurs de benzine. Cette solution est très liquide, on la conserve dans un flacon bouché
RÉACTIFS. MATIÈRES COLORANTES, ETC
au liège, et Ton n’en met dans le flacon à baume que la quantité dont on a l’emploi immédiat. Lorsque dans le flacon à baume la solution est devenue trop épaisse, on lui rend la fluidité nécessaire en l’étendant avec la solution mise en réserve.
5° Paraffine. — La paraffine ou cire minérale est une substance de couleur blanche, translucide, que l'on retire des résidus de la distillation de la bouille et qui fond à une température peu élevée. On la trouve dans le commerce sous la forme de plaques de 3 a 4 centimètres d’épaisseur et de dimensions variables.
La paraffine est insoluble dans l’eau et dans l'alcool ; soluble dans le chloroforme, le xylol, la benzine, le toluène, l'essence de cèdre, de bergamote et les huiles essentielles en
général.
Il existe diverses variétés de paraffine, caractérisées par la température de leur point de fusion, et par quelques propriétés qui en découlent.
Pour les besoins de l’histologie on emploie deux sortes de paraffine, l'une dite molle, et fondant à environ 45°, l’autre dite dure fondant à 58°. On verra, à propos des inclusions à la paraffine, le mode d’emploi de ces substances.
Les paraffines du commerce présentent des différences très grandes entre elles : on trouve par exemple certaines paraffines molles qui se brisent facilement et s’émiettent sous la pression des doigts ; il faut absolument les rejeter et choisir celles qui se laissent aisément étirer en lames ou en fils sous la seule influence de la chaleur de la main et par simple pression des doigts. Ces paraffines, étant souples, conviennent très bien pour les coupes.
6° Formol. — On désigne sous ce nom une solution à 40 p. 100 d’aldéhyde formique dans l’eau. C’est un liquide incolore, limpide, d’une odeur piquante.
On n’emploie pas le formol pur, mais bien des dissolutions dans l’eau à divers titres (voy. Fixation , p. 97).
Le formol est utilisé comme fixateur; il durcit aussi d’une
INSTRUMENTS ET RÉACTIFS
manière convenable le système nerveux central. Enfin il est employé comme liquide conservateur pour les pièces.
7° Gélatine. — On emploie la gélatine de Paris, vendue sous forme de plaques minces, absolument incolores et transparentes.
La gélatine sert à préparer les masses à injections.
8° Gomme arabique. — On se procure dans les drogueries la gomme arabique solide, sous forme de petites masses arrondies irrégulières. On fait ensuite les solutions que l’on désire. Leur principal emploi est le durcissement des pièces.
9" Glycérine gélatinée. — Voici comment on la prépare, d'après Ranvif.r. On prend une plaque de gélatine bien transparente, du poids de 5 grammes environ, on la soumet à une ébullition prolongée dans 50 grammes d’eau distillée. On filtre sur de la flanelle, on ajoute 25 grammes de glycérine et l'on évapore jusqu’à ce que la masse se prenne par le refroidissement en une gelée bien ferme et bien transparente. Cette gelée se conserve bien si elle a été suffisamment chauffée après l'addition de la glycérine. Elle fonda une température de 25 à 30°.
10° Collodion. — On prendra du collodion non riciné. S’emploie comme masse à inclusion.
11° Ether sulfurique, chloroforme. — On se sert de ces substances soit comme anesthésiques, soit dans l’inclusion au collodion (voy. p. 142). De plus, le chloroforme est très employé dans les inclusions à la paraffine.
12° Albumine. — L'albumine de l'œuf sert à faire un mélange indiqué par P. Mayer pour coller les coupes sur les lames de verre.
Voici comment on prépare ce mélange : On prend le blanc d’un œuf de poule aussi frais que possible, on le recueille dans une capsule, puis on le découpe avec des ciseaux très propres,
REACTIFS. MATIERES COLORANTES, ETC
c’est-à-dire que l’on fait une série de sections au travers du blanc liquide, pour détruire sa structure lamellaire. On pèse et on ajoute une quantité égale de glycérine, on met ensuite un gramme de salicylate de soude, on bat légèrement avec une baguette de verre et on filtre :
Albumine 20 grammes
Glycérine 20 —
Acide salicylique 1
On recueille dans un flacon boucbé à l’émeri, et on fait flotter sur le liquide quelques fragments de camphre. L’albumine ainsi préparée se conserve absolument pure pendant des mois et même plus d'une année. Il est bon de ne pas puiser directement dans le llacon qui la renferme chaque fois que l’on veut s’en servir, mais de garder ce flacon en réserve, en mettant une petite quantité du mélange dans un petit flacon sur la table de travail, et en la remplaçant au fur et à mesure des besoins.
13° Eau distillée. — L’ eau distillée doit être absolument pure, ce qui n’arrive pas toujours, et ne présenter ni matières organiques par l’action desquelles l’acide osmique et l’azotate d'argent se réduiraient en noir, ni traces de sels dont la pré-
sence donne à l'eau un aspect laiteux après l'addition de quelques gouttes d'une solution d’azotate d’argent.
Gomme elle s’altère facilement par le^ développement de micro-organismes, il est bon de la conserver dans des flacons de petite capacité bien bouchés.
14° Eau de mer artificielle. — En dehors des laboratoires spéciaux où l’eau de mer est à la disposition des travailleurs, il peut être utile d'avoir de cette eau pour conserver vivants pendant quelques heures ou quelques jours des animaux tels que les huîtres, les clovisses, les oursins, etc., qui supportent assez bien un long transport, et sur lesquels on peut faire d’importantes observations histologiques (mouvement des cils vibratiles, fécondation).
72 INSTRUMENTS ET RÉACTIFS
Dans ce cas, comme il est assez difficile de se procurer de l’eau de mer naturelle, on peut en préparer artificiellement en grande quantité et à peu de frais avec la formule suivante due à Ed. Perrier.
Chlorure de sodium. . .
Chlorure de magnésium Chlorure de potassium .
Sulfate de magnésium .
Sulfate de chaux . . . .
Eau
78 grammes
En ayant soin d’aérer cette solution Perrier a pu y conserver vivantes des huîtres pendant plusieurs mois.
11 est facile d’observer les phénomènes de la fécondation, en dissociant dans de l’eau ainsi préparée les testicules et les ovaires d’oursins pêchés depuis plusieurs heures et conservés dans des algues humides.