M E T I [ 0 DES G E N E H A I. E S
sairedans un flacon àlargegoulot eUle dimensions convenables et on y plonge la pièce à fixer, suspendue par un fil. Plus encore qu'avec d’autres réactifs, celle-ci doit être très petite (un demicentimètre cube environ), car l’acide osmique pénètre très peu les tissus, et il serait inutile d’immerger un fragment un peu volumineux dans une quantité même considérable de réactif, la périphérie de la pièce serait absolument noire, tandis que le centre n'aurait pas même été atteint parle réactif.
O11 laisse les pièces dans la solution pendant un temps variable, d'une demi -heure à vingt-quatre heures, mais en général au bout de quatre à cinq heures, une pièce est tixée. Si l'on oublie une pièce dans l’acide osmique, elle devient très cassante et prend une teinte noire tellement intense qu’on ne peut plus l'utiliser pour faire des préparations.
Lorsqu'on juge la fixation achevée, et cela est une affaire d'habitude, on retire l'objet et on le lave soigneusement dans l’eau distillée; puis, si l'on ne peut le mettre en préparation Loul de suite, on le conserve dans l’alcool à 90°. Le lavage a pour but d'enlever l'acide resté libre dans l’épaisseur de la pièce et qui serait précipité par l'alcool sous la forme de petits grains noirs qui gâtent ensuite les préparations. Nous ne voulons pas dire que l'alcool précipite invariablement l’acide osmique, il est au contraire facile de faire des mélanges d’alcool et de solution osmique qui restent parfaitement clairs pour un certain temps, mais la présence de l'alcool facilite beaucoup plus que celle de l’eau la précipitation de l’osmium, et c'est pour cela que la conservation dans l'alcool des pièces fixées par ce réactif demande les précautions sus-indiquées.
On peut aussi passer les pièces au sortir de la solution osmique dans la liqueur de Millier (voy. plus loin) où elles se conservent parfaitement et dans laquelle l’acide osmique ne se précipite pas. J’ai vu employer ce procédé il y a plus de quinze ans au laboratoire d’histologie de la Faculté de médecine de Lyon, et je m'en suis toujours bien trouvé.
b. Pour fixer un objet par les vapeurs d'acide osmique , on procède de la manière suivante : dans le fond d'un flacon à large goulot on inet une certaine quantité de solution osmique à
1 p. 100, puis on suspend l’objet par un fil dans l'espace réservé au-dessus du liquide, et on le voit bientôt noircir, ce qui indique l'action du réactif.
La durée de la fixation est à peu près la même que dans le cas précédent. La fixation par les vapeurs peut s’employer d’une manière très élégante pour de petits animaux ou pour des éléments placés dans une goutte d’eau sur une lame de verre. On met celle-ci sur le goulot du flacon en tournant en bas, vers les vapeurs, la face du verre sur laquelle est déposée la goutte d’eau. Au bout d'une à cinq minutes, les êtres ou les éléments exposés aux vapeurs sont fixés, et le plus souvent ils ont été saisis en plein état de vie et immobilisés dans l’attitude qu’ils avaient à ce moment. On peut ainsi avoir des vorticelles, soit en état d’extension complète, soit de demi-extension ou de contraction, avec la couronne ciliée étalée ou cachée. La variété d'attitude, de contraction ou de relâchement des individus ainsi fixés indique que le réactif n’agit pas sur tous avec la même rapidité ni avec la même énergie. Cela tient à une multitude de causes, entre autres à l'épaisseur de la couche d’eau interposée entre l’infusoire et les vapeurs, variant avec la position de l'infusoire au sein de la goutte, etc., etc. Quoi qu'il en soit, à côté d’individus parfaitement saisis et fixés dans leur attitude de vie, on en trouve d’autres plus ou moins déformés et ratatinés, ce qui explique l’expression des histologistes lorsqu’ils disent qu’un élément est bien ou mal fixé. Ils veulent dire par là qu'une fixation ne réussit pas également partout avec une rigueur mathématique, et l’exemple ci-dessus indique suffisamment aux débutants combien il faut de discernement et de connaissances acquises pour juger sainement de l’action d’un réactif.
L'acide osmique est particulièrement indiqué pour fixer les éléments délicats, tels que les cônes et les bâtonnets de la rétine, les cellules épithéliales des organes des sens ou des revêtements muqueux, les cellules à cils vibratiles. La teinte noire qu’il donne à la myéline des fibres nerveuses le fait employer journellement pour l’étude des nerfs. On peut l'utiliser avantageusement pour toutes sortes de recherches