‹ Précis de technique histologique et embryologiqueChapitre 28 sur 133 · M É T II O D E S GÉNÉRALES · texte numérisé non relu

M É T II O D E S GÉNÉRALES

ce qu’ils soient devenus parfaitement opaques dans toute leur épaisseur, ce qui arrive en quelques minutes, quelques heures ou même au bout d’un jour entier seulement, mais rarement plus. Il est bon d’ailleurs de ne pas laisser les objets dans le liquide au delà du temps nécessaire pour la fixation.

Dès que celle-ci est achevée, ce que l’on reconnaît à l’opacité complète du fragment immergé dans le fixateur, on retire la pièce du sublimé et on la porte dans de l’alcool à 70°. Pour ce faire, il 11e faut jamais toucher la solution de bichlorure avec des instruments en métal, au contact desquels le mercure se précipite, mais il convient d’employer des pinces ou des spatules en corne, en caoutchouc durci, en celluloïd ou en bois sur lesquelles le métal est sans action.

L'alcool à 70° dans lequel 011 plonge la pièce au sortir du sublimé est destiné à la laver et à enlever l’excès du fixateur. E11 effet, le sublimé non combiné avec les éléments et resté libre dans les interstices organiques formerait plus tard dans les préparations des précipités ou des cristaux très gênants ; il importe de le dissoudre complètement pour empêcher leur production. Pour cela on met dans l'alcool à 70° qui sert à laver la pièce une quantité de teinture d’iode suffisante pour donner au bain de lavage une teinte vin de Porto. L'iode dissout le sublimé, et l'alcool se décolore ; 011 le renouvelle en ajoutant encore de la teinture d’iode, jusqu'à ce que l'alcool 11e se décolore plus. O11 lave alors rapidement à l’alcool à 70° pur, puis on porte la pièce dans de l’alcool à 90ü dans lequel elle peut être conservée, et dans lequel aussi la légère coloration brune qu’elle doit à l'iode ^disparaît aisé-

ment.

L’extraction du sublimé par l’alcool iodé doit se faire comme cela est indiqué ci-dessus, immédiatement après la fixation, ou en tout cas avant f inclusion de la pièce dans la paraffine. Si, en effet, on remet cette opération après la confection des coupes consécutive à une inclusion à la paraffine, les préparations sont très souvent gâtées par la présence d’une série de petites lacunes ou de déchirures qui répondent aux points occu-

pés par le précipité ou par les cristaux de sublimé. Si ou fait disparaître ces derniers avant l'inclusion à la paraffine, les tissus qui ont gardé leur élasticité occupent à nouveau les intervalles où siégaient les précipités qui d’ailleurs les avaient plus ou moins comprimés ou écartés au moment de leur formation ; mais après l'inclusion dans la paraffine, cette élasticité est perdue et une fois les précipités enlevés par le lavage à l’alcool iodé, fait sur la lame, les places qu'ils occupaient restent vides et forment les lacunes signalées ci-dessus (Schaper).

Si, pour faire les coupes, on n’emploie pas l'inclusion dans la paraffine, on peut remettre l’extraction du sublimé par l'alcool iodé après la confection des coupes, comme on le fait d’ordinaire.

11 ne faut pas laver à l'eau les pièces sortant du sublimé, il est bien préférable de les passer dans l'alcool à 70°. Ce dernier dissout davantage de bichlorure que l'eau et complète en même temps la fixation.

2° Indications. — Le sublimé est, comme on l’a vu, le fixateur de choix pour certains animaux. Pour les Vertébrés, il est moins indispensable ; cependant il donne d’excellents résultats pour fixer des structures délicates telles que celles d’embryons très jeunes, ou celles des cellules en voie de division.

D'une manière générale il est indiqué pour les pièces d'un faible volume que l’alcool iodé débarrassera aisément de l'excès

de sublimé.

On doit l'employer encore à la place de la liqueur de Flemming pour certains éléments bourrés de granulations graisseuses et qui deviendraient trop noirs sous l’action de l'os-

mium.

Les précipités dont nous avons parlé plus haut se font avec une plus grande abondance dans certains organes, particulièrement dans le foie, les reins, les ganglions lymphatiques. On en tiendra compte lorsque l’on fixera ces organes au sublimé.

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