M E T II ODES C. E X E R AIES
Le liquide fixateur doit être changé chaque fois qu'il se trouble.
On ne doit laver à l’eau, après la fixation, que les pièces immergées dans des liquides faisant un précipité avec l’alcool, tels que l’acide osmique (voy. plus haut), l'acide chrômique et ses sels. Dans tous les autres cas il vaut mieux laver dans l’alcool à 70°.
Une température de 40° environ raccourcit la durée de la fixation. On peut donc pour aller plus vite mettre dans une étuve à 40° les pièces immergées dans le fixateur.
§ 10. — .Imprégnations (Fixation — imprégnation.)
On entend par imprégnation la coloration produite par certains sels métalliques sur les tissus. Ainsi le nitrate d’argent appliqué sur les épithéliums marque les limites des cellules en noir, le chlorure d’or colore en violet les terminaisons nerveuses. Les imprégnations sont souvent décrites tout à fait à part des fixations, pourtant toute imprégnation est accompagnée d'une fixation; et en réalité une imprégnation n’est pas autre chose qu'une fixation dans laquelle un métal ou un sel métallique donne aux tissus, en même temps qu’il les fixe, une coloration déterminée qui est d'un grand secours dans l’analyse histologique.
A o us avons déjà fait remarquer que l'osmium joint à son action fixatrice une action imprégnatrice, car il se réduit sur certaines substances et les colore. Il forme ainsi une transition entre les fixateurs proprement dits et les fixateurs imprégnateurs ; ces derniers sont principalement des sels d'argent et des sels d’or.
1° Imprégnations à l’argent. — Des divers sels : lactate, citrate, azotate d’argent, qui ont été proposés, le dernier est le plus communément employé et suffit à tous les besoins. On prend le nitrate d’argent cristallisé, et on en fait une solution dans l’eau distillée à 1 p. 1 00. Cette solution mère sera ensuite
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diluée avec de l'eau distillée, de manière à donner des solutions à t p. 200, 1 p. 500, même 1 p. 1000, suivant les indications particulières. 11 faut avoir soin de la conserver dans un flacon parfaitement propre et bien bouché; elle a en effet une grande tendance à se réduire, ce que l'on attribuait autrefois
à la seule action de la lumière solaire et que l’on rapporte maintenant aux poussières de l'atmosphère (Bolles Lee).
Le nitrate d’argent est un fixateur. Il y a longtemps déjà que Ranvier l'a employé à ce titre en injections interstitielles dans le tissu conjonctif. Cette action fixatrice est assez énergique pour conserver d'une manière satisfaisante les figures de karvokinèse ; j'ai traité par le nitrate d’argent plusieurs blastodermes de poulet au début du développement, <*t ils montrent toutes les phases de la division cellulaire.
Mais ce que les histologistes demandent surtout au nitrate d’argent, c’est l'imprégnation, qui consiste en ceci : lorsqu'on fait agir le nitrate d'argent sur une surface épithéliale ou endothéliale telle que celle des séreuses, en même temps qu'il fixe les cellules, il se réduit sur les lignes intercellulaires, en formant un dépôt très fin, absolument noir, qui limite les contours de la cellule comme par un trait d’encre. Ce dépôt, constitué par de l’argent métallique ou par un oxyde d'argent, s<* fait sur le ciment qui unit les différentes cellules entre elles, et, comme on le dit, met en évidence ce ciment; cependant il peut se faire aussi dans les interstices cellulaires non occupés par un ciment, et c’est ce qui arrive dans certaines préparations de tissu conjonctif dans lesquelles le précipité noir remplit tous les intervalles très larges et très irréguliers d’ailleurs, situés entre les cellules. Dans ces deux cas (épithélium et tissu conjonctif), le nitrate d’argent ne se dépose jamais sur la cellule qui reste incolore et se détache vivement sur le fond noir (tissu conjonctif) ou sur le dessin noir des traits de ciment (épilhéliums), le noyau est invisible. A cause de cela on dit que l'imprégnation est négative , puisqu’elle porte sur des parties extérieures à la cellule. Dans d’autres cas l’argent se dépose sur le corps même de la cellule, formant au sein du protoplasma un précipité granuleux, qui respecte absolument le noyau
M E T H 0 D E S GENERALES
laissé incolore, on dit alors que l'imprégnation est positive.
L’imprégnation positive peut se produire accidentellement au cours d’une imprégnation négative ; cela arrive souvent lorsque la solution d’argent est très faible, 1 p. 500 à 1 p. 1000 (Ranvier). L’imprégnation positive n’est pas recherchée en histologie, nous n'en parlerons donc pas davantage, et nous pas-
Fig. 43.
Imprégnation à l’azotate d’argent d’un mésentère de grenouille.
c, cellule imprégnée négativement. — p, cellule imprégnée positivement dont le iioyaa est réservé en blanc. — (j, globule rouge coloré. — st , stomate. Stiassnie, ocul. 2, object. 6.
serons à l’indication de la technique des imprégnations. 11 y a deux modes principaux d’imprégnation : ce sont l’imprégnation des surfaces et l’imprégnation par injection interstitielle.
a. Imprégnation d'une surface. — Pour donner une bonne idée de la pratique d'une imprégnation à l’argent, on peut exposer la manière d’imprégner le mésentère de la grenouille, manipulation très simple d’une réussite assurée et que les élèves devront toujours faire. Une grenouille est tuée, placée sur le dos sur une planchette de liège à laquelle on la fixe par des épingles enfoncées à travers ses membres. On lui ouvre le ventre et l’on tire au dehors avec soin une anse intestinale ; sans détacher le mésentère de ses insertions vertébrales, on le tend et on
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le maintient tendu en le fixant par des épingles piquées à travers l’intestin. On laisse tomber sur le mésentère quelques gouttes d’eau distillée pour enlever les impuretés (sang, globules blancs, etc.) qui pourraient s'y trouver, et sans perdre de temps ou l’arrose pendant une ou deux minutes avec une solution de nitrate à 1 p. 300. La membrane blanchit. On la lave à l’eau distillée rapidement, puis à l'alcool à 90° qui achève de la fixer et détruit sa rétractilité, de telle sorte qu’au bout de quelque temps (un quart d’heure environ), le mésentère étant devenu parfaitement rigide, peut être détaché de ses insertions vertébrales et intestinales et porté sur une lame de verre sans revenir sur lui-même et sans se plisser. On achève la préparation en la montant au baume (voir plus loin) sans coloration préalable, ou bien après la coloration que l’on voudra, carie nitrate d'argent ne s’oppose pas à l’action des matières colorantes.
b. Imprégnation par injection interstitielle. — Le procédé ci-dessus décrit s’applique aux endothéliums des surfaces. Pour les endothéliums profonds on a recours soit aux injections intra-vasculaires (voy. p. 204), soit aux injections interstitielles dont l'action s’explique comme suit : si l’on pousse dans le chorion d’une muqueuse quelconque ou de la peau une injection interstitielle, celle-ci ne tarde pas à gagner les capillaires lymphatiques qu’elle remplit, puis à pénétrer par effraction ou par diffusion dans toutes les parties du chorion, imprégnant tout ce qu'elle trouve sur son passage, muscles lisses des artérioles, endothéliums des vaisseaux lymphatiques, des vaisseaux sanguins, des gaines des nerfs, des corpuscules de Pacini s'il s’en trouve, etc.
On a donc par ce procédé un moyen facile d’imprégner toutes sortes de parties qu’il ne serait pas commode d’atteindre autrement. Mais comme il s’agit non plus de couches épithéliales minces, mais bien de membranes épaisses sur lesquelles l'action du nitrate seul serait peut-être un peu insuffisante, il est bon d’ajouter à ce dernier un fixateur énergique qui, sans s’opposer à sa réduction, complète son action fixatrice.
A cet effet, M. Renaut a proposé, il y a quelques années,