M É T H U DES G É N É H A L E S
de Cajal, comme au début de l'opération. On les y laisse séjourner deux ou trois jours, puis on les passe dans le nitrate comme la première fois. Cette seconde imprégnation ajoutée à la première donne souvent de bons résultats.
La méthode de Golgi ne teint jamais qu’un petit nombre de cellules dans un centre nerveux, et c’est justement pour cela que ces cellules se détachent très nettement sur le fond de la préparation. Lorsque les cellules sont imprégnées en grand nombre, les préparations sont beaucoup plus embrouillées et moins instructives. Du reste, il ne faut pas oublier que cette méthode ne colore pas en noir que les cellules nerveuses et leurs prolongements, elle teint aussi parfois en dehors de la névroglie les cellules du tissu conjonctif, les vaisseaux, voire même les fibres élastiques. Il en résulte des avantages et des inconvénients.
Des avantages, parce que la méthode n’est pas exclusivement applicable aux centres nerveux, mais qu’elle permet aussi de mettre en évidence les terminaisons nerveuses dans les divers tissus, et de colorer certains conduits glandulaires intercellulaires très lins, comme on le verra dans la partie spéciale.
Des inconvénients ; car elle colore parfois d’autres parties que les cellules de nature nerveuse, et un débutant qui s’attendrait à ce que les éléments nerveux seuls soient colorés pourrait tomber dans de graves erreurs d’interprétation. Aussi ne faut-il aborder l’étude de cette méthode que muni de sérieuses connaissances histologiques préalables.
La méthode de Golgi-Gajal réussit d’autant mieux qu’on l’applique à une période très voisine de la médu-llisation des libres nerveuses (R a mon y Cajal), et c’est pour cela qu'il faut autant que possible s'adresser à des animaux jeunes ou nouveau-nés.
Le lapin de huit jours est particulièrement favorable et Ramon v Cajal conseille aux débutants d’essayer la méthode en employant d’abord les pièces suivantes : 1° la corne d’Aminon du lapin de huit jours; 2° le cerveau du même animal: 3° la moelle épinière d’embryon de poulet de sept à quatorze jours d'incubation.
On essaiera ensuite d’imprégner le bulbe olfactif et le cervelet d’animaux jeunes, chien, chat, etc., puis lorsqu’on se sera ainsi exercé avec des cas faciles, on pourra aborder 1 imprégnation plus dillicile des pièces prises sur des animaux adultes.
Le précipité de chromate d’argent qui se forme a la périphérie des pièces est quelquefois très épais et très gênant. Pour l’éviter, Athias conseille le procédé suivant : On prend des lames de pain azyme que l’on clive en deux à l’aide d’un couteau à lame mince, un couteau de peintre par exemple. On humecte légèrement d’eau ou de bichromate cos fragments de pain azyme et on les applique contre les pièces par leur surface grenue et non par leur face lisse. Rendus mous par Pimbibition du liquide, ils se laissent mouler sur la pièce à laquelle on les fait mieux adhérer par une légère pression des doigts, puis par une courte dessiccation à l’air libre. Au moment des coupes ils se détachent aisément et entraînent avec eux la majeure partie du précipité qui s’est faite dans leur épaisseur et non dans la pièce.
Pour ne pas trop séparer les détails des opérations nécessitées par la méthode de Golgi, nous dirons ici quelques mots du montage des préparations qui est tout à fait particulier. En effet les coupes traitées par cette méthode, une fois mises sur le porte-objet, ne doivent pas être recouvertes d’une lamelle, car si on les recouvre ainsi, elles ne tardent pas à se décolorer.) 11 faut simplement les recouvrir de baume qui se dessèche à l’air et les conserve en parfait état.
On pourrait déposer les coupes sur une lame, et les recouvrir de baume, mais l’épaisseur de la couche de baume empêcherait de se servir de forts grossissements parce que dans ces cas l’objectif toucherait le baume. Les inconvénients seraient encore plus grands si l’on voulait observer à l’aide d’un objectif à immersion, le liquide d’immersion étant alors en contact avec le baume, ce qu’il faut éviter. Aussi, au lieu de monter les coupes sur des lames on les monte sur des lamelles; les lamelles rectangulaires de 30 x 20 millimètres, par exemple, conviennent parfaitement. La pièce étant mise au centre de la lamelle, déshydratée puis éclaircie à l’essence
MÉTHODES GÉNÉRALES
de girofle, est recouverte de baume au xylol. Lorsque le baume est sec, ou insère la lamelle dans une ouverture pratiquée sur le centre d'un porte-objet en bois, la face revêtue de baume étant tournée du côté le plus épais de la planchette. On lixe alors la lamelle contre celle-ci à l’aide d’un peu de cire ou par tout autre procédé. On peut ensuite retourner le porteobjet: la préparation placée en dessous ne touche pas les surfaces sur lesquelles il repose, à cause de l’épaisseur même de la planchette, et d’autre part elle peut être conservée ainsi parfaitement à l’abri de la poussière.
Lorsqu’on veut étudier la préparation, on la place sur la platine du microscope exactement dans la position que nous venons de dire, c’est-à-dire la coupe étant tournée en bas, et on observe cette dernière à travers la lamelle.
L’épaisseur de celle-ci étant très faible, et la coupe reposant directement sur elle, parce qu'elle a été entraînée par son propre poids au moment où on a mis le baume (la lamelle était placée à ce moment en sens inverse), on peut employer de très forts grossissements et des systèmes à immersion.
3° Imprégnation au chlorure d’or. — Le chlorure d’or eu solution aqueuse a la propriété de se réduire sur certains éléments anatomiques qu'il colore en violet foncé, et il a été, à cause de cette propriété, beaucoup employé en histologie. Cette réduction se fait particulièrement sur les fines terminaisons nerveuses, mais elle a lieu aussi sur les cellules du tissu conjonclif, les fibres musculaires lisses et striées et accidentellement sur la plupart des éléments. Il faut donc se rappeler que l’imprégnation par l’or ne se fait pas uniquement et seulement sur les nerfs, et qu’elle 11e constitue pas une caractéristique exclusive pour le système nerveux.
Mode d'emploi. — O11 emploie habituellement la solution à 1 p. 100 dans l’eau distillée. C’est un liquide clair, jaune citrin. Les fragments de tissus à imprégner, découpés de manière à offrir un petit volume, sont placés pendant cinq à dix minutes dans le jus de citron fraîchement exprimé et filtré, dont l’action favorise la réduction ultérieure du sel d'or — les