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le xylol, sont bien lavées à l’alcool absolu. On les recouvre d'alcool éosine ou on les plonge dans un bain de ce colorant, contenu dans la cuvette à rainures. La coloration faite, on les lave à l'alcool absolu, on ajoute une essence, puis on monte au baume.
Le carmin aluné est un excellent colorant en masse parce qu’il est très pénétrant et qu’il ne surcolore jamais. On peut employer avec fruit la méthode que nous venons de décrire pour l’étude de coupes d’embryons ou de petits animaux, chez lesquels on s’occupe, plutôt d'anatomie microscopique que d'histologie. Elle est très rapide et supprime bien des opérations pendant le cours desquelles les coupes peuvent toujours être détériorées.
2° Coloration en masse au carmin boracique. — Dans ce cas la pièce n’a pas besoin d’être hydratée, il suffit de la passer dans un alcool de titre voisin de celui de la solution colorante. L'alcool à 70° convient très bien. Au sortir de cet alcool la pièce est portée dans un bain de carmin boracique dans lequel elle reste de quelques heures à un jour, suivant sa grosseur, mais en général trois ou quatre heures suffisent. Au bout de ce temps elle est colorée en rouge ou en rose foncé uniforme. On la porte alors dans une boîte de verre contenant de l’alcool à 70u légèrement acidulé par l’acide chlorhydrique (2 à 3 gouttes p. 100 centimètres cubes d'alcool) et on la remue fréquemment avec la spatule de platine pour faciliter la diffusion des liquides. La pièce émet de très faibles nuages de carmin, sa couleur devient plus brillante et comme transparente. On remplace alors l'alcool acidulé par de l'alcool à 70° dans lequel on lave la pièce à plusieurs reprises afin d’enlever toute trace d’acide, puis on la porte dans de l'alcool à 90° et on achève la déshydratation par l'alcool absolu. On inclut dans la paraffine, on coupe, on étale les coupes sur l’eau chaude, on sèche et on enlève la paraffine au xylol, puis on peut monter directement dans le baume. En effet, le carmin boracique est un colorant un peu diffus, le lavage a l’alcool acidulé a justement pour but de remédier à cet inconvénient en
COLORATIONS
fixant plus énergiquement la couleur sur les noyaux et en l’enlevant en partie du fond des tissus sur lequel elle est moins solidement tixée, mais la coloration reste toujours double, plasmatique et nucléaire. Une seconde coloration est donc inutile.
chr
Fig. 61.
Coloration au carmin boracique (tissu muqueux de la queue d'une
larve de triton).
c, cellules étoilées du tissu. — c/t/’, chromoblasle. Sliassnic, ocul. 3, object. 6.
a. Propriétés du carmin boracique . — Le carmin boracique colore en rouge brillant la chromatine des noyaux, il teint moins fortement le protoplasma, mais le colore cependant assez dans la plupart des cas pour permettre de suivre ses
M E T H 0 D E S GÊNÉ i\ A L E S
prolongements. Comme il donne au protoplasma des diverses espèces de cellules des tons un peu différents, il permet de distinguer assez bien les organes ou les différents groupes cellulaires les uns des autres, et cette propriété est particulièrement importante pour les préparations de blastodermes dont il est parlé ci-dessous et page 414.
b. Indications de la coloration au carmin boraciqùe. — Par ce
Fig. 02.
Blastoderme de poulet de 23 heures (ligne primitive, photographie).
t'ait même qu'elle teint les noyaux plus vivement que le fond des coupes, la coloration au carmin boraciqùe réalise une double coloration, et cela suffit pour (pie son emploi soit recommandé dans nombre de circonstances. Mais il est un cas particulier dans lequel cette coloration donne des résultats si précieux que je lui consacrerai un paragraphe spécial : il s’agit de la coloration d’embryons ou de petits animaux destinés à être montés entiers sur une lame de verre.
c. Coloration d'embryons ou de petits animaux. — A côté des coupes it y a grand avantage à posséder des préparations d’êtres assez petits pour être conservés entiers, et suffisamment trans-
parents pour permettre d’étudier leur structure. On peut ainsi faire des collections d’embryons de vertébrés ou d'animaux invertébrés de petite taille, montés en préparations permanentes que l’on pourra examiner même à l'aide de grossissements assez forts, et qui constituent des matériaux d’étude inappréciables.
Le meilleur réactif colorant pour, ces sortes de préparations est le carmin boracique, sa transparence se prête bien à l’examen de pièces souvent épaisses ; d'autre part, grâce à ses propriétés de colorant plasmatique il teint les cellules de manière à bien indiquer leur groupement en organes, et mieux que tout autre il permet de se rendre compte à un faible grossissement de l’anatomie d’un être quelconque. Je possède une collection d'embryons de poulet sériés depuis la seizième heure jusqu’au troisième jour de l’incubation, colorés au carmin boracique et sur lesquels les détails de la structure se voient admirablement,.
On montera de même en entier après coloration au carmin boracique la queue des larves de batraciens pour étudier les vaisseaux (pointes d’accroissement), l’iris incolore du lapin albinos, le mésentère du lapin, du chat et toute une série d’organes minces qu'il est utile d’observer dans leur ensemble. La limite de l’épaisseur que 1 on peut donner à ces préparations est indiquée par ce fait qu un embryon de poulet de trois jours ainsi préparé peut être encore facilement étudié.
Fig. 93.
Embryon de poulet de 40 heures (photographie)
Pour faire ces préparations, les embryons ou les animaux choisis sont fixés par le liquide de Ivleinenberg et colorés au carmin boracique exactement comme il a été dit plus haut. On suit au microscope la décoloration par l’alcool acidulé,
METHODES GENERALES
lorsqu’elle est achevée on lave plusieurs fois à l’alcool à 70°, on déshydrate par l’alcool à 90° puis par l'alcool absolu, on passe dans l’essence de girofle et on monte au baume. Dans le cas où la préparation est un peu épaisse, il est bon de mettre sous les angles de la lamelle de petites cales en papier ou en carton mince qui soutiennent cette dernière et l'empêchent de basculer.
3° Coloration sous lamelle. — Il peut être utile dans certains cas de colorer des animaux de petite taille ou des cellules dissociées placés dans du sérum artificiel ou dans l'eau et recouverts d'une lamelle, et cela sans enlever cette dernière de peur de détruire la préparation. Dans ce cas on emploiera de préférence comme matière colorante le picrocarmin et on agira de la manière suivante : Sur un des côtés de la lamelle on place un petit carré de papier filtre qui enlève le liquide placé sous elle. On détermine ainsi un courant par lequel du picro-carmin qu'on a préalablement placé sur le bord opposé est attiré sous la lamelle et vient baigner les cellules. Lorsque le picro-carmin s'est entièrement substitué au premier liquide, on place la préparation dans une chambre humide et on attend que la coloration se fasse. Quand celle-ci est suffisante, on enlève le picro-carmin par le même procédé du carré de papier filtre, et on le remplace par de la glycérine. On fait passer la quantité de glycérine nécessaire pour bien laver, en établissant un courant à l'aide de l'aspiration par le papier Joseph, puis la préparation est achevée, on peut la luter. Pour plus de détails sur cette phase de l'opération, voyez page 198.