‹ Précis de technique histologique et embryologiqueChapitre 59 sur 133 · MONTAGE DES PRÉPARATIONS · texte numérisé non relu

MONTAGE DES PRÉPARATIONS

Le montage est la dernière des opérations nécessaires pour faire une préparation histologique. Il a pour but de rendre la préparation permanente en la mettant à l’abri des causes

MONTAGE DES PREPARATIONS

ordinaires de destruction, et de donner aux coupes la transparence nécessaire pour les étudier au microscope.

Les principes suivants régissent la question du montage des préparations : 1° il faut que les objets préparés soient placés dans un milieu d’une réfringence appropriée à leur degré de transparence; 2Ü il faut que ce milieu soit susceptible de les mouiller et de les imbiber; 3° il faut enfin qu'il soit conservateur, c’est-à-dire qu’il maintienne les objets dans l'état où ils étaient au moment où on les a montés, en s’opposant à la putréfaction ou à toute autre modification physique ou chimique.

Les objets qui ont une certaine épaisseur et ceux qui présentent une certaine opacité naturelle ou résultant d’une coloration devront être montés dans un milieu d'une réfringence élevée et voisine de celle du verre, tel que le baume ou les résines. La nécessité de cette haute réfringence résulte de ce que l’ensemble de la préparation doit, dans ce cas, pour se trouver dans les meilleures conditions optiques, représenter un milieu sensiblement homogène au point de vue de la réfraction. On sait en effet que, lorsque les rayons lumineux traversent un milieu composé d’éléments divers d’inégale réfringence, ils éprouvent des déviations nombreuses qui les écartent les uns des autres et les dispersent dans différents sens, de telle sorte que la quantité de ceux qui sont recueillis parla lentille frontale de l’objectif se trouve notablement diminuée et ne peut donner naissance, avec les préparations peu transparentes, qu'à des images peu éclairées et mal définies. Au contraire, lorsque les rayons traversent un milieu à peu près homogène, ils se poursuivent sans grands changements de direction ni pertes appréciables, et arrivent en grand nombre à l’objectif qui les condense en images qui sont alors claires, lumineuses et bien déterminées. Or, comme il entre dans la constitution d’une préparation deux éléments indispensables, la lame et la lamelle, qui ont une réfringence déterminée, on est bien obligé, si l’on veut réaliser les conditions d'homcgénéité nécessaires avec les corps fortement colorés dont nous nous occupons, de choisir un liquide d’in-

terposition d’une réfringence se rapprochant de la leur, c’està-dire de celle du verre.

Pour les objets fins, déliés, 1res transparents et non colorables, dont les détails se perdraient dans l’abondante lumière Iransmise par les milieux précédents, il convient de choisir des milieux plus faiblement réfringents, tels que l’eau, l’albumine, la gélatine, diverses solutions aqueuses, etc., qui, en modérant la quantité de lumière qui parvient à l’objeclif, placent ces objets dans des conditions de visibilité plus favorables que les premiers milieux.

Quel que soit d’ailleurs le degré de transparence des pièces, il faut que le liquide dans lequel elles seront montées soit susceptible de les mouiller et de les imbiber complètement en s'insinuant jusque dans leurs moindres lacunes, sans quoi il se produirait dans leur intérieur même, et sur la limite qui les sépare du milieu qui les entoure, des réflexions totales de rayons et des pertes de lumière qui gêneraient l'observation.

Mais en même temps le milieu employé doit conserver les piè ces. En effet, l’observation histologique est assez délicate pour que l'on ait besoin de revoir les préparations à plusieurs reprises; de plus, il serait très fâcheux de ne pouvoir conserver des pièces qui forment une précieuse collection anatomique.

On a trouvé un grand nombre de substances qui répondent plus ou moins bien aux desiderata indiqués ci-dessus, beaucoup de formules ont été données dont quelques-unes peuvent rendre des services dans certains cas, mais, en fait, on ne se sert couramment que de deux sortes de milieux. Ce sont les résines et la glycérine.

Nous étudierons d’abord le montage dans les résines.

§ i. — Montage dans les résines ou dans

Page 1