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sous d’elles un porte-objet. Lorsqu’elles adhèrent à ce dernier tout en étant tendues par la demi-dessiccation qu’elles subissent, on les coupe au delà des bords du porte-objet au niveau desquels on replie leurs lambeaux de manière à les maintenir après section dans l’état d’extension où elles se trouvent. On arrose leur surface d’alcool à 90°, puis on les colore avec une solution faible d’éosine dans l'alcool ou par toute autre méthode. Ce procédé, dû à Rknaut, permet d'obtenir des préparations dans lesquelles les anastomoses protoplasmiques des cellules ne sont pas rompues, au moins dans les points où l'extension n'a pas été trop forte, et, lorsque la lame connective sur laquelle il a été appliqué est assez mince, il donne des images liés instructives.
4° Procédé des coupes. — Lorsqu’on a étudié le tissu conjonctif lâche à l'aide des deux procédés indiqués ci-dessus, il est bon de l’examiner sur des coupes qui complètent les notions acquises sur sa structure en montrant ses éléments dans les rapports étroits qu'ils présentent entre eux pendant la vie. On peut faire cette étude dans toute coupe renfermant des quantités suffisantes de ce tissu, mais je citerai une région particulièrement favorable à ces recherches, c’est la conjonctive bulbaire du chien.
Sur un chien qui vient d’être tué, et dont l’œil est laissé en place dans l'orbite, on injecte sous la conjonctive bulbaire une certaine quantité de liquide picro-osmio-argentique. On maintient l’injection en poussant doucement le liquide pendant quelques minutes, puis on enlève l’œil, on le coupe suivant son équateur et on porte sa moitié antérieure dans de l'alcool à 90°. Au bout de vingt-quatre heures on durcit dans la gomme (acide picrique, gomme, alcool) et on fait des coupes radiales par rapport à l'œil. Ces coupes sont soigneusement débarrassées de la gomme par des lavages à l’eau, puis colorées à fhématéine et à l’éosine et montées au baume ou dans la glycérine. 11 est des points où le tissu conjonctif lâche de la couche sous-muqueuse a été absolument dissocié par l’injeclion, mais
PHKCIS 1*K TECHNIQUE HISTOLOGIQUE .
dans d'autres, et notamment au niveau du passage de ce tissu dans le derme conjonctif, il est bien conservé et l'on peut voir plusieurs cellules fixes unies entre elles par leurs prolongements, et montrant la forme étoilée caractéristique. Ces cellules sont pour la plupart appliquées sur les faisceaux connectifs. Dans ces préparations, les noyaux des cellules sont colorés en violet, le protoplasma cellulaire en rose, les faisceaux connectifs en rose très pâle et les libres élastiques en rouge foncé; elles tranchent nettement par cette coloration sur les faisceaux connectifs beaucoup plus pâles.
5° Étude des réactions des fibres connectives et de leur constitution. — Les libres connectives sont des cylindres de diamètre très variable; elles sont peu réfringentes et par suite pâles lorsqu’on les examine directement sans coloration. Elles se colorent en rose par le picro-carmin, en rose pâle par l’éosine, en vert brillant par le vert lumière et en jaune-orangé vif par l’orange (L Leur constitution est assez compliquée, elle résulte de la juxtaposition d’une infinité de fibrilles maintenues par une gaine. On l’étudie par les procédés suivants :
a. Étude des fibrilles. — On choisi t pour cela des faisceaux connectifs volumineux, que l’on puisse facilement isoler les uns des autres. Ceux des tendons conviennent parfaitement. On les met macérer pendant deux ou trois jours dans une solution aqueuse saturée d'acide picrique. Au bout de ce temps on les lave à l’eau, on les dépose sur une lame, el en s’aidant d'aiguilles il est facile de les décomposer en une infinité de fibrilles très fines.
b. Etude de la gaine des faisceaux. — Sur des coupes transversales d'un tendon coloré au picro-carmin et monté dans la glycérine formiquée, on voit que chaque faisceau connectif, coupé transversalement, est limité par une mince ligne d’un rouge vif qui envoie à l'intérieur du faisceau des prolongements lamellaires ou fibrillaires (Ranvier). Cette ligne correspond à une substance engainante que l'on retrouve sur les faisceaux plus délicats du tissu connectif lâche parle procédé suivant:
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après avoir coloré au piero-carmin un fragnient excisé de boule d’œdème on fait arriver sur lui quelques gouttes d’un acide faible, ou de glycérine formiquée à 1 p. 100; on voit, au bout de vingt-quatre heures, que la plupart des faisceaux connectifs ont pris un aspect inoniliforme. Ils semblent formés de renflements ou de ventres superposés, séparés les uns des autres par des étranglements au niveau desquels existent des anneaux circulaires ou spiraux d’une substance colorée en rouge vif par le piero-carmin, et semblable à celle qui forme la gaine des faisceaux tendineux. Ces anneaux répondent à ‘des points de renforcement de cette gaine, les seuls qui persistent lorsque le gonflement produit par l'acide entre en jeu. L'action de la glycérine formiquée est quelquefois un peu lente à se produire; dans une séance de travaux pratiques où il faut aller vite, on pourra la remplacer par de l’acide acétique à 1 p. 100. On voit alors les libres roses pâlir, se gonfler et les anneaux apparaître sous les yeux de l’observateur. La substance engainante des libres connectives
diffère de la substance élastique vraie par la coloration rouge qu'elle prend sous l'inlluence du picro-carmin qui colore cette dernière en jaune.
Dans les préparations fixées par la liqueur de Millier ou par l'acide chromique et colorées au picro-carmin, les faisceaux connectifs prennent une teinte rouge beaucoup plus marquée que dans les pièces fixées à l’aide d’autres réactifs et aussi intense que celle des noyaux des cellules lixes. 11 en résulte que ceux-ci sont beaucoup moins apparents et se détachent moins nettement sur le fond.
6° Réaction des fibres élastiques. — Les libres élastiques se colorent en jaune par le picro-carmin, en rouge foncé par l'éosine. Elles ne sont pas gonflées par les acides faibles et résistent même à l’action de la potasse à 40 p. 100 qui dissout les fibres connectives, et détruit les cellules. Si l'on dépose quelques gouttes de ce réactif sur un fragment de tissu connectif lâche, au bout de quelques heures les faisceaux connectifs ont complètement disparu, on lave à l’eau longue-
nient et ou voit le réseau élastique parfaitement isolé. On peut le colorer à l'alcool éosiné.
§ 2. — Tissu adipeux
Le tissu adipeux est une modification locale et adventive du tissu conjonctif lâche.
1" Etude du tissu frais (examen immédiat). — Examiné à l’état frais, en mettant sous une lamelle dans du sérum une mince tranche de lobule adipeux prise sur un animal que Ton * vient de sacrifier, ce tissu se montre formé de grosses houles brillantes, 1res réfringentes, les vésicules adipeuses, qui sont accolées les unes aux autres ou entremêlées de quelques libre connectives. La graisse qui forme la masse principale de ces boules est liquide. Si on observe dans les mêmes conditions un fragment de tissu graisseux pris sur un animal mort depuis vingt-quatre heures, on voit que la graisse est en partie solidiliée, et que les vésicules adipeuses renferment des cristaux en aiguilles de margarine, disposés en rayons autour de leur centre.
2" Etude du tissu après fixation et dissociation par les réactifs. — Ranvier conseille d’étudier le tissu adipeux à l’aide d’injections interstitielles.
a. Injection au nitrate d'argent à 1 p. 1000. — On fait dans le tissu cellulaire sous-cutané d’un chien, au niveau d'un lobule adipeux, une injection interstitielle de nitrate d’argent. Au bout de quelques instants on enlève avec les ciseaux courbes une tranche mince de la boule ainsi produite, on la recouvre immédiatement d'une lamelle et l’on observe. Ranvier a montré qu’après ce mode de fixation les cellules présentent une forme globuleuse, leur contour est limité par une membrane pen épaisse (capsule), en dedans de laquelle on trouve une mince lame de protoplasma épaissie en un point de sa surface où se trouve un noyau. Une grosse boule de graisse liquide occupe l’intérieur de la cellule qu'elle remplit, ne lais-
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saut entre elle et le protoplasma qu’un très pelit espace occupé par un liquide séreux sur lequel les auteurs n ont pas attiré l’attention. Ranvier fait remarquer que la quantité de ce liquide est variable suivant l’état de réplétion nutritive ou d’inanition de l’animal : ainsi dans les cellules adipeuses du Corps graisseux digité de la grenouille, le liquide est beaucoup plus abondant après le jeûne d'hiver que pendant l’été.
hes cellules adipeuses sont d'habitude très solidement unies entre elles et avec les éléments ambiants, aussi est-il très difficile de les dissocier, et si l’on essaye de le faire, on arrive le plus souvent à en rompre un grand nombre dont la graisse s'échappe dans le milieu ambiant sous la forme de boules plus ou moins grosses. On distinguera toujours ces boules de graisse libre des véritables cellules adipeuses à l’absence de toute membrane d’enveloppe. Chez le chien, l'injection de nitrate d’argent à t p. 1000 parvient à en libérer quelquesunes, ce qui tient sans doute à une plus grande résistance de leur membrane d’enveloppe.
b. Injections interstitielles d'acide osmique à t />. 100. — On peut aussi, au lieu de nitrate d'argent, injecter dans le tissu cellulo-adipeux une solution à 1 p. 100 d’acide osmique. On excise de minces tranches de la boule d’œdème, on les porte sur une lame, on les recouvre de picro -carmin, puis d’une lamelle. On laisse la coloration se faire pendant vingt-quatre heures sous la chambre humide, puis on monte dans la glycérine formiquée à 1 p. 100 et on observe.
Dans ces préparations, sur la plupart des cellules graisseuses, la goutte de graisse colorée en noir par l'acide osmique paraît remplir exactement la vésicule, et semble immédiatement appliquée en dedans de la membrane que l’on n'aperçoit distinctement que sur le point où elle est soulevée par le noyau et lorsque ce dernier se présente de profil. Quelques cellules ont été aussi bien fixées, mais l’acide osmique moins abondant à leur niveau s’est moins fortement réduit sur la graisse qu'il a simplement colorée en jaune-brun plus ou moins foncé. Dans ces cellules la coloration au picro-carminate permet de