T E G UNIQUE A P P L I Q U E E
reconnaître exactement tontes les parties (capsule, noyau, protoplasma) qui ne sont plus masquées comme auparavant par le noir absolu de la substance graisseuse.
Si l’on veut monter au baume, il faut se souvenir d’employer le baume dissous dans le chloroforme, sans cela la graisse osmiquée dissoute par le xylol diffuserait dans la préparation sous la forme de nuages noirs.
3° Etude du tissu adipeux dans l’épiploon. — On peut observer les cellules adipeuses en place et avec leurs connexions naturelles dans l’épiploon des jeunes mammifères qui est très mince, très transparent et renferme en certains points des lobules adipeux réduits à une seule couche de cellules. Celui du chat nouveau-né convient très bien.
On tend un fragment d’épiploon sur les anneaux d’ETERNOD, on découpe ce qui est en dehors des anneaux, et on porte le tout dans une solution d’acide osmique à 1 p. 100. Au bout d'un quart d’heure la fixation est achevée et la membrane a perdu sa rétraclilité naturelle, de sorte que l’on peut séparer les anneaux sans qu’elle revienne sur elle-même. (Si la membrane avait encore quelque tendance à se plisser, on la tendrait à nouveau et on la rendrait rigide par un séjour d’un quart d’heure dans l’alcool à 90°. ) On lave soigneusement à l’eau, on colore à l’hématéine et à l’éosine, et on monte dans le baume au chloroforme. Sur les points les plus minces on voit très bien les vésicules adipeuses entourées chacune d’un capillaire sanguin.
4Ù Étude du tissu adipeux sur les coupes. — Les moyens que nous venons d’indiquer sont parfaitement suffisants pour l’analyse de ce tissu et il n’est pas besoin de compléter les notions qu’ils fournissent par l’étude de coupes; mais, comme le tissu adipeux se rencontre fréquemment dans les coupes, il importe de connaître l’aspect qu’il offre alors.
Dans les préparations faites après fixation au liquide de Muller, durcissement à la gomme et montage dans la glycérine, les vésicules adipeuses dont le contenu graisseux n’a
TISSU CONJONCTIF
pas été attaqué par les réactifs employés, se montrent avec les caractères que nous avons indiqués.
Mais dans les pièces qui ont été fixées par l'alcool absolu, et surtout dans celles qui ont été traitées au cours des manipulations par le xylol, le contenu graisseux des cellules a été entiè renient dissous. On ne voit plus alors que les capsules accolées les unes aux autres et formant sur les coupes un réseau à mailles régulières. Les débutants devront prendre garde de ne pas confondre ce réseau avec du tissu réticulé (voy. plus loin . 11 s'en distingue par la régularité de ses mailles et par l’égale épaisseur de ses travées qui sont formées- par des lames minces accolées (les capsules des cellules), tandis que les travées du tissu réticulé sont formées de fibres d'inégale grosseur.
§ o. — - Tissu muqueux
Le tissu muqueux est une forme embryonnaire du tissu conjonctif, on l’étudiera: tü dans la lame caudale des batraciens; 2lJ dans le cordon ombilical; 3° dans les embryons de mammifères ou d’oiseaux.
1° Tissu muqueux de la queue des larves de batraciens. — On prend des larves de triton jeunes et peu pigmentées, on les fixe en entier dans la liqueur de Kleinenberg, on les lave à l'alcool à 70°, puis, lorsqu'elles sont bien débarrassées de leur couleur jaune due à l'acide picrique, on coupe la queue à sa racine. Si la queue est épaisse on peut, à l'aide de deux traits de ciseaux convergeant en arrière, enlever la masse musculo-squelettique en ne conservant que la lame mince qui prolonge celle-ci en dessus et en dessous. On peut employer deux procédés de coloration.
a. Coloration au carmin boracique. — La queue ainsi préparée est portée au sortir de l'alcool à 70° dans du carmin boracique où on la laisse trois heures. On la lave à l'alcool acidulé, on la déshydrate par l'alcool absolu, on l'éclaircit dans l'essence de girofle, et on monte au baume, la lame caudale étant couchée à plat sur le porte-objet. La préparation ainsi
232 TECHNIQUE APPLIQUÉE
faite renferme l'épiderme, le tissu muqueux qui forme l'axe de la nageoire et les vaisseaux et les nerfs. Néanmoins, à cause de la grande transparence de la pièce, on peut parfaitement étudier le tissu muqueux dont les cellules sont très nettement visibles. Les préparations servent en même temps à l’étude des
vaisseaux.
b. Coloration à l'hëmatëine et ci Vèosine. — Au sortir de l’alcool à 70° la queue réséquée est portée dans l'eau distillée. Avec des pinces fines on arrache l’épithélium qui recouvre les deux faces droite et gauche de la lame caudale. Dans cette opération on déchire souvent cette dernière, mais après quelques échecs on arrive toujours à isoler une portion suilisamment étendue du tissu muqueux. On la colore par l’hématéine et par l’éosine, on la déshydrate, on la passe dans l'essence d’origan, puis on la monte au baume.
Les cellules du tissu muqueux se montrent sous la forme de corps étoilés irréguliers, munis d'un noyau également irrégulier et dont la forme correspond en général à celle du corps cellulaire, le noyau se prolongeant sous forme de lobe dans les principaux prolongements de ce dernier,- de telle manière qu’il est trilobé si la cellule possède trois gros prolongements. Les prolongements cellulaires minces et ellilés se branchent un grand nombre de fois et s’anastomosent les uns avec les autres. Ces cellules répondent au type que Ranvier nomme corpusculaire, par opposition au type membraniforme présenté par les cellules plates du tissu conjonctif ordinaire.
Les cellules sont placées dans une substance fondamentale transparente, incolore après l’action du carmin boracique et de l'hématéine-éosine, et qui ne se colore que très peu ou pas du tout par l’orange G. Dans la figure 72, le fond rose de la préparation est dû, non pas à la coloration de la substance
Queue d’une larve de triton préparée pour l’étude.
(irossic environ 7 fois.
TISSU CONJONCTIF
fondamentale, mais à celle des noyaux des deux couches épidermiques qui enveloppent la lame muqueuse, noyaux dont la coloration, diffuse parce qu'ils ne sont pas au point, se projette sur toute la préparation.
Fi". 72.
Tissu muqueux de la queue d’une larve de triton fixé par la liqueur de Kleinenberg et coloré au carmin boraeique.
C, cellules étoilées du tissu. — chr , chromoblaste. Sliassnic, ocul. 3, object. G.
Dans cette substance se rencontrent ca et là des leucocytes soit lixés au repos et dans ce cas arrondis, soit lixés au moment même de leur migration, et par suite étirés ou allongés.
Les cellules du tissu muqueux des batraciens se voient parfaitement sur ces animaux vivants observés dans l'eau.