T ECU N I Q U E A P P L I Q U E E
de cellules, et par suite peu claire, de prendre des membranes très minces, telles que l’épiploon ou le mésentère du rat, ou si l'on a affaire à un mésentère uu peu épais, de le cliver en deux.
3° Méthode de Ranvier pour l’étude de l’endothélium péritonéal. — On tend sur une lame de verre l’épiploon d'un cobaye jeune; on l’arrose de quelques gouttes d’une solution osmique à 1 p. 100. Au bout d’une minute et demie, montre en main, on lave à l'eau et on colore par une solution aqueuse de violet de méthyle 5 l>. (1 partie de la solution concentrée pour 10 parties d’eau distillée). La coloration s’effectue rapidement. On lave alors à l’eau, on recouvre d'une lamelle, et on observe dans l’eau comme milieu, à un grossissement de 300 à 400 diamètres. Les préparations ne sont pas permanentes.
On voit autour des noyaux endothéliaux un amas de protoplasma d'où partent en rayonnant des travées qui s’anastomosent entre elles et avec les travées de même nature émanées des cellules endothéliales voisines. Chaque cellule est donc formée, en dehors du noyau, de deux parties : 1° une plaque endothéliale superficielle nettement limitée, qui forme avec ses voisines le revêtement continu du péritoine et représente la partie épithéliale de l’élément; 2° un protoplasma non individualisé mais continu avec celui des éléments voisins, et présentant ainsi les caractères des cellules conjonctives. Rien ne montre mieux que l’observation ci-dessus le double caractère des cellules endothéliales des séreuses.
§ 2 . — Epithéliums p a v i m e n teux
Les épithéliums pavimenteux sont formés ou bien d’une seule couche de cellules cubiques, ou bien de plusieurs couches de cellules superposées. Dans ce dernier cas, les cellules de la couche la plus profonde sont cubiques ou cylindriques, celles des couches moyennes sont polyédriques assez volumineuses, et les superficielles s’aplatissent de plus en plus, de telle sorte que celles de la surface sont parfois aussi minces et aussi larges que certaines cellules endothéliales.
TISSU EPITHELIAL
Pour étudier ces épithéliums on emploiera surtout les dissociations et les coupes. Comme leurs cellules superficielles se détachent habituellement d'une manière régulière (desquamation), on pourra les isoler facilement par un simple raclage très superficiel; d'autre part ou effectuera des dissociations à l'aide de réactifs appropriés; enfin, sur des coupes, on étudiera les rapports des cellules entre elles et avec les autres tissus.
1° Préparation par raclage des cellules superficielles de l’épithélium buccal. — Avec un couteau peu tranchant ou une spatule, on racle sur soi-même la surface dorsale delà langue ou la face interne des joues. On recueille ainsi un liquide spumeux que l'on porte sur une lame. On recouvre d’une lamelle et on observe sans luter la préparation. Au milieu de leucocytes et de divers débris, on distingue des plaques minces très pales, formées de cellules isolées, ou de quelques cellules unies entre elles.
Pour les mieux distinguer ou fait arriver sous la lamelle une goutte de picro-carmin. Ce réactif colore les noyaux en rose, le corps cellulaire en jaune très pale. On peut remplacer ensuite le picro-carmin par de la glycérine, puis monter en préparation permanente, mais il faut savoir que beaucoup de cellules sont entraînées par le courant des liquides qui se sont succédé sous la lamelle. Les cellules sont larges, très minces, elles forment des lames souvent reployées sur elles-mêmes et comme froissées par les actions mécaniques qu’elles ont subies.
2 1 Préparation par raclage de la couche superficielle de l’épithélium cutané de la grenouille. — L’épithélium cutané des grenouilles desquame régulièrement sous la forme de larges lames très minces et très transparentes que l'on trouve dans les aquariums où ces animaux sont maintenus.
On peut avec ces. lames faire la préparation indiquée cidessous, mais le plus souvent il vaut mieux procéder de la manière suivante :
On place dans un cristallisoir plein d'eau une grenouille
TECHNIQUE APPLIQUÉE
que l'on vient de tuer, et avec un scalpel convexe, on racle fortement la surface de sa peau (de préférence à la face ventrale). De grands lambeaux transparents d’épithélium se détachent et flottent dans le liquide. On les recueille sur une lame de verre, et en les recouvrant d’une lamelle sans enlever l'eau qui les baigne on peut les examiner immédiatement.
Les cellules, dont les limites sont marquées par des traits fins,
Fig. 86.
Epithélium cutané de la grenouille obtenu par raclage.
o, orifice d'une glande. — n , noyau. Sliassnie, ocul. 2, object. 0.
brillants, forment un pavé polygonal assez régulier. Au milieu de chaque petit polygone répondant à une cellule, on trouve un noyau réfringent. De distance en distance le pavé polygonal est percé d'un petit trou rond parfaitement régulier, ménagé au point de rencontre d'un certain nombre de cellules. C’est l'orifice émissaire cl’une glande cutanée.
Ces détails sont parfaitement visibles sans aucune préparation. Si on veut conserver les pièces, après avoir bien lavé le lambeau à l’eau distillée on l’imprègne de nitrate d'argent à 1 p. 500 et on le colore au carmin boracique, puis on monte au baume. Les noyaux sont roses, les contours des cellules sont noirs.