‹ Précis de technique histologique et embryologiqueChapitre 87 sur 133 · TISSU É P I T II K L T A L · texte numérisé non relu

TISSU É P I T II K L T A L

Comme ces derniers se voient bien sans l'intervention du nitrate d’argent, on peut simplement se contenter de colorer à l’hématéine les lambeaux d’épithélium, puis de les déshydrater et de les monter dans le baume. La coloration est parfois un peu lente à se produire, mais il ne faut pas se décourager.

Ces préparations donnent un type vraiment schématique d’épithélium pavimenteux, on ne saurait trop recommander de les faire.

3° Dissociation des cellules du corps muqueux de Malpighi de la peau. — La dissociation de ces éléments est très difficile à cause des ponts intercellullaires très nombreux (pointes de Schultze; filaments unit ifs de Hanvier) qui les unissent entre eux. Ranvier recommande pour cela le procédé suivant : On place dans le sérum iodé de petits lambeaux frais de peau de la pulpe du doigt, bien débarrassés de tissu adipeux. On les y laisse pendant trois semaines ou plus en ajoutant un peu de sérum fortement iodé toutes les fois que le liquide se décolore. Au bout de ce temps on lave à l’eau le morceau, on le place sur une lame de verre et on y fait des entailles perpendiculaires et très rapprochées. Avec des aiguilles on sépare alors l’épithélium du derme sous-jacent, et pendant cette manœuvre un certain nombre de cellules sont déjà mises en liberté. En agissant avec les aiguilles sur l’épithélium, on en dégage encore d’autres. On ajoute une goutte de picro-carmin et l’on observe. On peut rendre la préparation permanente en ajoutant sous la lamelle un peu de glycérine.

Les cellules sont polyédriques, elles possèdent un noyau central entouré d’un espace clair et leur surface est hérissée d'une série de fins prolongements. Les rapports de ces derniers entre eux seront étudiés de préférence sur des coupes de peau (voy. ch. xm, p. 395).

4° Étude des épithéliums pavimenteux sur des coupes.

— Les coupes faites dans divers organes renfermant des épi-

théliums pavimenteux fourniront d'excellents exemples pour l’étude de ces derniers. La manière de faire ces coupes sera

indiquée ultérieurement à propos des organes qui doivent les fournir: nous signalerons seulement ici les exemples que l'on devra choisir.

a. Epithélium pavimenteux simple. — Un fort bel exemple en est donné par l’épithélium antérieur du cristallin examiné soit chez des fœtus de mammifères, soit même chez l’homme (voy. p. 403).

On en trouvera aussi dans divers canaux glandulaires comme dans les canaux biliaires immédiatement à la limite des lobules hépatiques (voy. Foie).

h. Epithélium pavimenteux stratifié. — On examinera à ce sujet l'épithélium antérieur de la cornée (voy. p. 400); l'épithélium cutané de la grenouille; l’épithélium buccal sur des coupes (h* la muqueuse linguale ou de la muqueuse des joues (p. 397); l'épithélium de la conjonctive bulbaire; l’épithélium de la peau (p. 393).

$ 3. — Epithéliums cylindriques

Les épithéliums cylindriques sont comme les précédents, simples ou stratifiés. Le revêtement intestinal présente un beau type d’épithélium cylindrique simple; il est formé d’une seule rangée très régulière de cellules prismatiques hautes. Dans les épithéliums cylindriques stratifiés, les cellules de la surface présentent seules la forme cylindrique ; elles se terminent du côté de la profondeur par un prolongement eftilé qui vient se perdre au milieu d'une ou de plusieurs rangées de cellules profondes rondes ou polyédriques.

Les cellules superficielles de certains épithéliums cylindriques portent des cils vibratiles.

On étudie ces épithéliums à l’aide d’imprégnations, de dissociations et de coupes. L’examen direct doit aussi être toujours pratiqué, et en particulier pour étudier les mouvements des cils vibratiles. Suivent quelques exemples particuliers qui pourront servir de modèles pour des recherches plus étendues.

TISSU ÉPITHÉLTAL

1° Imprégnation à l’argent de l’épithélium intestinal.

Cette imprégnation donne des dessins très instructifs de la surface du revêtement épithélial. On la fera de la manière sui-

vante : sur un lapin qui vient d'être tué, on coupe entre deux ligatures un segment d'intestin grêle long de 6 à !0 centimètres environ. On l'ouvre, on le débarrasse des matières alimentaires qu’il peut contenir, et on l’étale en le fixant à l'aide d'épingles sur une lame de liège, la face interne étant tournée en haut. On lave alors rapidement sa surface avec de l'eau distillée, puis on l'arrose d’une solution de nitrate d’argent à 4 p. 300. On relave de nouveau à l'eau distillée puis on met la pièce tout entière et toujours fixée sur le liège, dans une assiette pleine d’alcool à 90°. Au bout de quelques heures l’intestin est devenu suffisamment dur pour que l'on puisse y pratiquer des coupes. On l’enlève alors de dessus le liège et on l’enroule sur un cylindre de moelle de sureau, la surface interne étant toujours tournée en dehors. Pour éviter la dessiccation on arrose constamment avec de l'alcool à 90°.

L'intestin se présentant ainsi sur une surface courbe, il esl facile de faire des coupes tangentielles à cette dernière et ne comprenant qu'une épaisseur très faible de la tunique muqueuse. On fait ces coupes à main levée, à l’aide d’un rasoir bien tranchant. On enlève ainsi cà et là sur la surface bombée que présente la muqueuse une série de petites calotles aussi minces que possible. On les porte dans l’alcool absolu, on les éclaircit dans l’essence de girofle et on les monte au baume sans coloration préalable. Bien qu'un peu épaisses à leur centre, les préparations sont cependant assez transparentes pour être étudiées avec fruit. On recherchera les villosités qui 'sont très visibles et se présentent sous la forme de petits mamelons aplatis dont la surface est parcourue par une -série de traits noirs limitant les cellules de l'intestin. Les villosités sont en effet les seuls points de l’intestin dans lesquels on puisse voir le revêtement épithélial de ce dernier sur une certaine étendue, car les orifices des glandes de Lieberkühn -sont si voisins les uns des autres que les portions de surface comprises entre elles sont insignifiantes. Les villosités au con-

TECHNIQUE APPLIQUEE

traire offrent une surface assez étendue, recouverte sans interruption par l’épithélium intestinal.

On voit ce dernier indiqué par une série de petits polygones assez réguliers formant un pavé continu sur la villosité. A certains endroits ce pavé est interrompu par la présence de cercles clairs qui répondent aux orifices des cellules caliciformes à mucus intercalées entre les cellules cylindriques. Ces cercles sont entourés d’un second cercle plus grand et peu net mais qui devient plus visible lorsqu’on abaisse l’objectif. Ce second cercle périphérique est dû au ventre des cellules caliciformes renflées en dessous de la surface libre de l’intestin.

Ce procédé est très commode et très rapide; il donne de fort belles préparations.

2° Dissociation d’un épithélium à cils vibratiles. — Les

épithéliums vibratiles se trouvent dans nombre d’organes (muqueuse des fosses nasales, de la trachée, des bronches; dans l’épididyme, l’utérus, les trompes, etc.). On l'étudie de préférence dans le pharynx de la grenouille où les cellules sont assez volumineuses et se prêtent facilement à l'examen, j

On tue une grenouille, on lui enlève d’un coup de ciseau la mâchoire inférieure avec la langue et on découvre largement ainsi la voûte buccale et le pharynx. On enlève alors la tête avec cette portion de la muqueuse pharyngienne, et on la porte dans de l'alcool au tiers. Au bout de vingt-quatre heures i on lave à l’eau, puis on racle avec un scalpel la face épithéliale de la muqueuse. On obtient ainsi de petits lambeaux ou des débris que l’on porte sur une lame de verre. On les ï recouvre de picro-carmin, puis au bout d'une demi-heure ou une heure on les lave à la glycérine formiquée, qui doit être ajoutée progressivement au picro-carmin et non mise brusquement en contact avec le tissu, il suffit pour cela d'en déposer une goutte au bord du picro-carmin, le mélange se fait graduellement.

Lorsque le lavage à la glycérine est bien fait, on enlève l’excès de ce liquide et on dissocie avec des aiguilles les débris épithéliaux colorés, puis on recouvre d’une lamelle et on lute.

TISSU ÉPITHÉLIAL

La coloration a été faite ainsi en masse, pour ainsi dire, avant la dissociation, pour éviter que de nombreuses cellules soient entraînées pendant le lavage. La préparation est généralement très belle ; on y voit deux sortes île cellules : les cellules

ciliées et les cellules caliciformes.

a. Cellules ciliées. — Elles se montrent isolées ou réunies par petits groupes. Leur corps est prismatique ou mieux pyra-

Fig. 87.

Epithélium vibratile du pharynx de grenouille, cellules ciliées, (alcool au tiers, picro-carmin, glycérine).

Sliassnie, ocul. 2, objcct. 8.

midal, c’est-à-dire effilé au niveau de son extrémité interne fixée au derme, et large au niveau de son extrémité libre.

L'extrémité interne eitilée est quelquefois bifide; l’extrémité libre s’élargit graduellement, elle se termine par une ligne droite bien nette, perpendiculaire à l’axe de la cellule et très marquée (le plateau).

Entre le plateau et l’extrémité interne de la cellule s’étend le corps protoplasmique à bords irréguliers, présentant quelquefois des encoches qui correspondent aux rendements de cellules voisines, et logeant un noyau ovale qui détermine parfois par sa présence un renflement du corps cellulaire. Sur le plateau sont les cils, très serrés et par cela même peu visibles individuellement si l’on a affaire à un groupe de plusieurs cel-

T ECU A J Q c E A 1> 1' L I LEE

Iules. Ils apparaissent alors comme des stries dans une bordure continue ; mais sur les cellules isolées on peut toujours distinguer, au moins sur les bords, quelques cils écartés et séparés des autres.

Le corps cellulaire est coloré en jaune orangé ; le noyau en rouge; les cils et le plateau qui les porte en jaune, b. Cellules caliciformes. — Elles sont très claires, transpa-

Epithélium du pharynx de la grenouille, cellules caliciformes (alcool au tiers picro-carmin, glycérine).

o, orifice d une cellule vide. — ?*, réticulum d’une cellule remplie de mucus.

Stiassnie, ocul. object. S.

rentes et présentent des formes variables. Les unes, longues et minces, ont la forme de (lûtes à champagne ou de cornets allongés; les autres ressemblent à des urnes à ventre plus ou moins renllé. Toutes possèdent une extrémité libre située sur la surface de la muqueuse et une extrémité interne fixée sur le derme de cette dernière.

L’extrémité libre est pourvue d'un orifice, tantôt large et bien ouvert et dont les bords sont renversés en dehors, tantôt au contraire fort petit et moindre que la surface libre de la cellule dans le milieu de laquelle il est creusé.

TISSU EPITHELIAL

l/extrémité interne est effilée comme celle

des cellules

ciliées ; elle est souvent recourbée en crochet, et se place en dessous du ventre d’une cellule caliciforme voisine. Celle

disposition se reproduisant ailleurs, les cellules semblent imbri-

quées les unes sur les autres.

Le protoplasma cellulaire et le noyau sont logés dans cette extrémité interne, chassés là par rénorme développement du mucus qui se fait au-dessus d'eux. Le noyau est Iriangulaire ou aplati par la compression due au mucus, il est coloré en rouge.

Le mucus remplit la majeure partie de la cellule et luj donne cet aspect clair et transparent qui a été signalé. Quand il n'a pas été expulsé, la portion de la cellule qui le renferme présente un réticulum protoplasmique très lin et à mailles arrondies assez régulières. Le mucus sort de la cellule par l'orifice sus-indiqué, on peut en voir quelquefois une goutte à demi épanchée au dehors.

3 Examen d’un épithélium vibratile vivant. — L’examen d'un épithélium vivant et vibrant est un de ceux que l’on pratique le plus souvent dans les exercices d'histologie. Lorsqu'il est précédé de la connaissance exacte de la forme et de la disposition des cellules, il est très fructueux.

On tue une grenouille par destruction du cerveau et de la moelle, on la lixe sur le dos, on lui enlève d'un coup de ciseau la mâchoire inférieure et la langue. Avec un scalpel fin on racle la surface de la voùle de la bouche et du pharynx et on porte le produit du raclage sur une lame de verre chargée d’une goutte de la solution physiologique de sel. On recouvre d'une lamelle dont on lixe les coins par quatre gouttes de paraffine, sans luter, et l'on observe en se servant d'un grossissement de 230 diamètres au moins et d’un petit diaphragme. Les cellules se présentent parfois isolées, mais plus souvent un certain nombre d’entre elles sont unies de manière à former de petits lambeaux pales, finement granuleux. Il faut examiner attentivement le bord de ces lambeaux où quelques cellules peuvent se présenter de profil, c’est-à-dire dans la situa-

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