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CHAPITRE VII

TISSU MUSCULAIRE

Le tissu musculaire se présente sous deux formes bien distinctes : le tissu musculaire à fibres lisses et le Lissu musculaire à fibres striées.

Les fibres striées sont longues, cylindriques, munies d'une enveloppe propre, le sarcolemme, et de nombreux noyaux. Elles s’éloignent assez du type classique de la cellule et peu-

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vent être considérées comme de grandes cellules a noyaux multiples.

Le tissu musculaire lisse est plus simple : il est formé de fibres fusiformes, beaucoup moins volumineuses que les fibres striées, munies chacune d'un noyau et présentant nettement le type cellulaire, les fibres cellules découvertes par Kolliker en 1848.

Le muscle cardiaque présente quelques particularités de structure importantes; il sera étudié à la suite du tissu musculaire strié.

§ 1 . — Tissu musculaire lisse

Ce tissu est répandu dans les tuniques contractiles des vaisseaux, du tube digestif, des canaux excréteurs des glandes volumineuses (uretère, canaux biliaires, canal de Sténon, etc.) et de certains réservoirs tels que la vessie ou l'utérus. C’est là qu’il faudra aller le chercher.

1° Préparation des fibres par macération dans les acides ou dans la potasse. — Kolliker a isolé les fibres lisses en plongeant des fragments de tissu pendant vingt-quatre à trente-six heures dans de l’acide azotique à 20 p. 100. On met le morceau à dissocier dans un petit llacon ou dans un tube de verre contenant ce réactif, on secoue fortement le llacon et la dissociation s’opère déjà en partie par cela seul.

On lave alors à l’eau les libres à demi dissociées, on achève la dissociation avec des aiguilles et l’on examine la préparation après l'avoir recouverte d’une lamelle. On obtient ainsi les fibres cellules isolées.

On arriverait au même résultat en plongeant un morceau de muscle lisse dans la potasse à 40 p. 100; au bout de quelques minutes à une demi-heure le tissu se résout en libres cellules qu’il faut examiner dans le réactif lui-même, car l’addition d’eau ferait disparaître les fibres qui se dissolvent dans la potasse étendue. On pourrait, en agissant avec beaucoup de précautions, en neutralisant la potasse par des acides, arriver à

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conserver les fibres pour pouvoir les monter en préparation permanente, mais cela ne vaut pas la peine qu'il faudrait prendre, d’autant plus que ce mode de préparation ainsi que le précédent, s'ils permettent de bien voir la forme des libres lisses et de se rendre compte de leur présence au sein d'un organe, ne sont pas suffisants pour une analyse histologique convenable de ces libres. Pour faire cette analyse on aura recours aux méthodes ci-dessous indiquées.

2° Dissociation après faction de l'alcool au tiers. — On

place des fragments de muscles lisses pendant deux ou trois jours dans de l'alcool au tiers. Au bout de ce temps on les retire, on les lave soigneusement à l’eau, on les dissocie grossièrement avec les aiguilles, et, sans pousser la dissociation plus loin, pour le moment, on les colore sur le porteobjet parle picro-carminate. Au bout de vingt minutes environ la coloration est achevée, on ajoute de la glycérine picro-carminée et on lave finalement avec cette glycérine. Lorsque le lavage est terminé, on porte un petit fragment coloré dans une goutte de glycérine déposée sur une lame bien propre, et on dissocie les libres lisses aussi complètement que possible, on recouvre d’une lamelle et on lute à la paraffine et à la cire. Il importe de n’achever la dissociation qu'après la coloration et dans le liquide même qui doit servir de milieu conservateur parce que sans cela les plus belles fibres et les mieux isolées pourraient être emportées pendant les lavages ou pendant la substitution de la glycérine au carmin, quel que soit d’ailleurs le soin mis à opérer cette substitution.

On pourrait aussi bien colorer à l’hématéine, à l’alcool éosiné, éclaircir à l'essence de girolle dans laquelle on achèverait la dissociation et monter au baume,

3° Préparation de minces lames musculaires ( vessie de grenouille). — Un des meilleurs moyens pour étudier les libres lisses, consiste à les examiner en place dans des membranes minces dont la transparence permet l'observation à de forts grossissements.

T R G UNI Q U R A I» P L T Q l ' R R

On tue une grenouille, on ouvre largement l’abdomen en ayant soin de ne pas léser la vessie urinaire qui est parfois remplie de liquide. Introduisant alors une canule mousse de seringue à injection dans le cloaque, on cherche à la faire pénétrer dans la vessie. Si l’on y arrive, la vessie se vide par la

Fig. 89.

Mésentère de la salamandre (fixation par le liquide de Flemming, coloration an bleu polychrome).

wf muscles lisses. — //, globule rouge nucléé. — n, noyau. Stiassnie, ocul. 2,

objcct. 8.

canule. On pousse alors dans celle-ci une solution de nitrate d’argent à i p. 300, de manière à la distendre fortement el, tandis qu'on la maintient distendue, on arrose sa surface externe d’alcool à 90° qui fixe les éléments et abolit leur contractilité. On peut alors au bout de quelques minutes enlever la vessie et la découper en fragments qui ne reviennent pas sur eux-mêmes et restent plans. On les lave à l’eau, on balaie l’épithélium à l’aide d'un pinceau, il s’exfolie facilement grâce à l’action du nitrate d’argent qui facilite sa chute, on

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colore à l’iiématéinë et à l’éosine et ou monte dans la résine.

Si l’on ne peut pas distendre la vessie par l’injection de nitrate d’argent, on l’enlèvera, et après l'avoir ouverte, on s'efforcera de l’étendre sur une lame de verre en se servant du procédé de la demi-dessiccation. Lorsqu'elle sera bien tendue on l’arrosera d'alcool à 90° qui la fixera. On enlèvera l’épithélium par balayage (un peu plus difficilement qu après le nitrate d’argent) et on colorera comme il a été dit ci-dessus.

O11 pourrait aussi fixer par le liquide de Flemming un mésentère de salamandre tendu comme cela est indiqué page 239, puis le colorer au bleu polychrome. Les libres lisses contenues dans ce mésentère forment un bon objet d’étude comme le montre la figure 89.

Les fil ires musculaires lisses ont la forme de fuseaux plus ou moins allongés, parfois aplatis en forme de rubans, dont les bords sont lisses et réguliers ou quelquefois munis de petites dentelures, qui répondent peut-être à des ponts intercellulaires placés entre deux libres lisses voisines. Elles sont formées de fibrilles contractiles cylindriques, toutes parallèles entre elles, dirigées dans le sens de l’élément et entourant le noyau qui est central. Ces fibrilles causent par leur présence la striation longitudinale des fibres qui se voit aisément dans certains cas. Le noyau, allongé, a la forme d’un cylindre ou d’un bâtonnet, ce qui permet de le distinguer des noyaux ovales, plus larges et moins allongés des cellules du tissu conjonctif au sein duquel les fibres lisses sont plongées. Autour du noyau existe une très petite quantité de protoplasma, qui est plus abondant au contraire à ses deux extrémités. Il n’y a pas de membrane d’enveloppe isolable.

La substance contractile des libres lisses se colore légèrement en rouge violacé par le carmin aluné ; en vert pale parle bleu polychrome; en lilas par la méthode de Benda; en brun acajou par la triple coloration de Flemming ; en rouge garance par le picro-carmin.

4° Imprégnation des fibres lisses par le nitrate d’argent.

- Pour bien la voir il faut examiner des artérioles impré-

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