‹ Précis de technique microscopique et histologiqueChapitre 56 sur 108 · DEUXIEME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIEME PARTIE

L'histologie, avons-nous dit (p. 3), a pour objet l'étude des éléments anatomiques et de leur disposilion dans les tissus : elle s^occupe en un mot de la structure (nature des éléments) des organes et de leur texture (disposition des divers éléments).

Pour déterminer la structure d'un tissu, il faut en isoler les éléments anatomiques ; or, fort peu d'éléments se trouvent à l'état de liberté dans l'économie, comme les globules rouges du sang ou hématies, les leucocytes, les spermatozoïdes, et peuvent par conséquent être portés tels quels sous le microscope avec les fluides où ils sont en suspension. Encore ces liquides, plus ou moins épais, ont-ils besoin d'être dilués, comme par exemple le sperme, pour permettre un examen détaillé des éléments figurés qu'ils

UO MANIPULATIONS IlISTOLOGIQUES.

renferment. Mais dans les tissus proprement dits, les éléments anatomiques sont accolés, mêlés les uns aux autres, et ne peuvent être observés isolément qu'après que le tissu a été soumis à certaines opérations de dissociation^ soit mécanique soit chimique.

D'autre part la texture des tissus ne peut que rarement être interprétée d'après l'examen de fragments irréguliers pris au hasard et écrasés entre deux lames de verre : à ce procédé grossier il faut substituer la pratique de coupes régulières;i^our se prêtera ces coupes, certains tissus doivent subir des préparations préliminaires.

Enfin, soit qu'ils aient été l'objet d'une simple dissociation, soit qu'ils aient été obtenus par des coupes, sous la forme de minces lamelles, les tissus laissent mieux apercevoir la disposition et la nature des éléments qui les composent, lorsqu'on fait agir sur eux certains réactifs qui colorent tels éléments, font pâlir tels autres, établissent en un mot entre ces éléments des différences caractéristiques.

Nous devons donc étudier successivement :

1° La dissociation des tissus, et l'examen des éléments anatomiques , naturellement libres (sang, sperme), qu'on peut observer sous le mi-

croscope à l'état vivant (chambres humides, chambres chaudes) ;

2° Le durcissement des tissus, et la pratique des coupes sur ces tissus devenus propres à être débités en lamelles minces ;

3° L'emploi des réactifs (colorants, isolants, etc.).

Mais comme il est utile de conserver les préparations ainsi obtenues, nous devrons encore parler de :

4° La conservation des préparations .

En réalité, il est difficile d'exposer chacune de ces questions d'une manière absolument distincte : ainsi en parlant de la dissociation, il nous faudra déjà indiquer quelques-uns des réactifs employés en histologie. D'autre part, dans toute recherche, on met simultanément en usage les divers moyens d'étude sus-indiqués, et on les emploie même dans un ordre inverse à celui où nous les avons classés, lorsque par exemple on dissocie les éléments d'une coupe faite sur un tissu plus ou moins durci. Enfin les préparations extemporanées demandent souvent tout autant de soins que celles qui sont destinées à être définitivement conservées pour servir plus tard à des démonstrations ou à de nouvelles études.

Quoi qu'il en soit, nous suivrons à peu près Tordre d'exposition précédemment indiqué. 11 est en effet évident que l'étude même la plus élémentaire d'un tissu ne peut se faire que sur des parcelles très-minces : les tissus qui se présentent naturellement sous forme de membranes, susceptibles de subir immédiatement l'examen microscopique, sont peu nombreux ; le plus souvent, il faut détacher artificiellement de petits fragments d'une masse plus ou moins considérable, et dans tous les cas il faut avoir recours à une dissociation qui permette de séparer les éléments et de constater leurs connexions. Nous nous occuperons donc d'abord des instruments employés dans les dissections histologiqiies .

Ces dissections, ou plutôt ces dissociations, se font plus facilement dans une goutte de liquide, qui du reste est indispensable pour prévenir le dessèchement par évaporation ; mais ce liquide doit remplir une condition essentielle, c'est de n'altérer en rien les parties qui vont être soumises à l'examen microscopique : il ne joue pas le rôle de réactifs mais celui de simple véhicule, de milieu indifférent; nous aurons donc en second lieu à indiquer rapidement les liquides indifférents.

Mais tous les tissus ne peuvent pas être étudiés immédiatement tels qu'ils ont été recueillis sur le cadavre ; les uns sont trop durs (os, dents) ;

FiG. 32. — Emporte-pièce histologique de Duchenne. — 2, tige fermée de l'emporte-pièce histologique. — 1, la tige ouverte et une portion de son manche. — 3 et 4, la tige grossie 3 fois, afin de montrer la cavité qui reçoit fragment de tissu.

les autres sont trop mous et ont besoin d'être soumis à l'action d'agents qui leur donnent une résistance suffisante pour qu'on puisse y pra-

tiquer des coupes minces. L'étude des réactifs durcissants devra donc être faite dans les mesures de sa haute importance. Nous nous occuperons ensuite de la manière de faire les coupes.

Les réactifs employés en histologie, soit sur les débris de tissus frais, soit sur les coupes de tissus durcis, sont destinés à isoler certains éléments de façon à les rendre plus visibles : les solutions colorantes atteignent le même but en se portant plus spécialement sur certaines parties des tissus; c'est ainsi que nous étudierons lesréactifs proprement dits, en les divisant en réactifs isolants et réactifs colorants.

Enfin, nous indiquerons les procédés mis en œuvre pour disposer les préparations obtenues^ soit pour un examen immédiat, soit pour une conser'cation plus ou moins longue.

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