‹ Précis de technique orthopédiqueChapitre 12 sur 66 · CI · texte numérisé non relu

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Fig. 143. —Appareil d'extension d'A . Codivilla.

2° D'éviter la déperdition de la force qui doit être utilisée en totalité à obtenir le résultat désiré.

D'après cela, A. Codivilla applique l'extension directement sur le squelette.

Technique. — Après ostéotomie et libération des fragments, placer le sujet sur le lit de Schede ; le soumettre à l'extension et à la contre-extension avec une force d'environ 25 kilos (fig. 143).

' La traction étant maintenue, appliquer un appareil plâtré

du bassin inclus à la partie inférieure de la jambe. Bien emboîter la région des tubérosités de l'ischion et des E. I. A. S. Passer ensuite un gros et long clou à travers le calcanéum, de dedans en dehors.

Sur le clou, d'un côté et de l'autre, placer une attelle (fig. 142), qui, fixée sur l'appareil, maintient l'action de la force de traction, alors que le plâtre est solidifié et que le sujet est enlevé hors de l'appareil de Schede.

Au bout de trois ou quatre jours après l'application de la force de traction, exécuter une deuxième application.

Avec une scie de-Gigli, diviser circulairement l'appareil

Fig. 144. — Lit de P. Redard à extension dans la position oblique, dans le traitement consécutif du torticolis.

plâtré et exécuter sur le lit à extension une traction et une contre-extension de la façon représentée dans la fig. 143. Combler l'intervalle résultant de l'éloignement des deux moitiés de l'appareil par quelques tours de bande plâtrée.

Avec un même intervalle, à deux ou trois reprises, suivant les cas, exécuter encore des tractions, afin d'avoir un plus grand allongement du membre, 5 à 6 centimètres.

Ces diverses interventions peuvent être exécutées avec ou sans anesthésie générale.

L'application directe de la force sur le squelette a l'avantage, d'après A. Codivilla, de permettre d'obtenir une action

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extensive très énergique, sans accident, sans escarre de la peau et des parties molles.

On peut éviter l'implantation du clou dans le calcanéum, en se servant de diachylon solidement fixé au niveau du talon (H. Gocht).

L'emploi du diachylon, d'après Codivilla, est insuffisant,

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Fig. 145. — Lit à suspension oblique de P. Redard.

lorsque, pour obtenir l'allongement, on doit disposer d'une grande force. Il doit être réservé aux cas pour lesquels on n'a besoin que d'une force de moyenne intensité.

2° Appareils d'extension continue dans la position oblique

Dans cette méthode que nous recommandons fréquemment dans le traitement du torticolis, du mal de Fott sous-occipital et cervical et des scolioses, le sujet est placé sur un plan résistant, la tête maintenue par une mentonnière de Glisson, la planche est inclinée plus ou moins obliquement, le poids du corps exerçant la contre-extension. La puissance de la

traction sur le rachis est proportionnelle au degré d'inclinaison oblique de la planche.

Les fig. 144 à 146 représentent nos modèles de lits à extension, qui agissent par l'inclinaison oblique.

Dans notre lit à extension oblique pour le traitement consécutif du torticolis, après ténotomie (fig. 144), une tige verticale reçoit un anneau placé au centre de l'arc métallique qui glisse à frottement dans la tige. Grâce à ce dispositif, l'arc et la tête fixée dans la mentonnière de Glisson peuvent être plus ou moins inclinés du côté opposé au torticolis.

Fig. 146. — Appareil à suspension oblique de P. Redard.

3° Appareils d'extension continue dans la position verticale au moyen d'attelles

Les appareils à extension appliqués dans la position verticale sont portatifs, ambulatoires, ils permettent au sujet de se déplacer. Ils doivent être différenciés des appareils précédents qui imposent l'immobilité et le séjour au lit. Ils ren-

trent dans la grande catégorie des appareils de redressement, à attelles ou à tuteurs, page 98.

Les attelles, dites attelles Américaines, qui produisent une extension assez rigoureuse du membre inférieur, tout en permettant la marche, sont souvent utiles, en chirurgie orthopédique, pour le traitement consécutif et préventif des difformités de la hanche {arthrites de la hanche, coxalgie, luxation congénitale de la hanche, etc.).

Nous décrivons (page 230), les principaux types d'appareils à extension continue, au moyen de la crémaillère, dits appareils Américains (fig. 282 à 284), l'appareil de Hessing, page 227, fig. 278, les appareils à attelles de H.-O. Thomas, page 99, les appareils de Bruns et de A. Lorenz (page 100).

B. — APPAREILS ET MACHINES POUR SUSPENSION, TRACTION, EXTENSION, TEMPORAIRES

1° Appareils et machines de suspension verticale

Presque tous les appareils de suspension verticale rentrent dans la catégorie des machines d'extension qui n'agissent que temporairement, pendant une courte durée, au cours d'une opération ou d'exercices de gymnastique orthopédique.

La suspension verticale qui a de très nombreuses indications en orthopédie, est pratiquée avec ï appareil de L.-A. Sayre (fig. 147).

Le sujet est suspendu dans l'espace, graduellement, sans secousses brutales, n'appuyant sur le sol que par l'extrémité des orteils, souvent sans l'aide de courroies sous-axillaires.

La tension des courroies sous-axillaires et de la mentonnière est réglée avec soin, afin que la traction au niveau de la tête ne soit pas exagérée.

Les courroies ne doivent pas surélever les épaules ; les bras

étant horizontaux, elles doivent jouer librement sans élever le moignon de l'épaule.

Un dynamomètre, intercalé entre l'arc métallique et le pa-

Fig. 147. — Appareil de L. A. Sayre, pour la suspension verticale.

lan, indique le degré de traction. La force de traction ne doit pas dépasser 60 kilos. On peut augmenter la force de traction en chargeant les membres inférieurs avec des poids (fig.148).

Fig. 148. — Suspension verticale, les membres inférieurs chargés avec des poids.

L'opérateur, ou le malade (auto-suspension), tire sur la corde de traction.

L'auto-suspension, sans traction sous-axillaire, d'après nos mensurations, donne une extension moins grande du rachis

Fig. 153 Autre modèle d'appireil d'aiito-suxpeiision.

Fig. I5i.

Mentonnièie de Glisson.

que la suspension avec traction simultanée exercée au niveau de la tête et des épaules.

V appareil d 'auto-suspension de Wagner (lig. 149 à 152), construit par Knoke et Dressler (de Dresde), l'appareil représenté dans la figure 153 et Y appareil de Kunde-Loffler dans lequel les appareils de suspension de la tête sont reliés à des ressorts en spirales suspendus à des tiges horizontales qui tour-

Fig. 155 Aulre modèle de mentonnière.

Fig. 156 Le même, en application.

nent autour d'un poteau vertical, sont surtout utiles pour exécuter des exercices de suspension.

Fig. 157. — Appareil à suspension verticale improvisé.

Il existe de très nombreux modèles, modifications de l'appareil de suspension de Sayre.

PHECIS DE TECHNIQUE ORTHOPEDIQUE

Les modèles de mentonnières représentés par les iig. 154- 155-156, sont excellents.

La mentonnière, dans tous les cas, doit embrasser très exactement le menton et l'occiput sans présenter des saillies ou des plis, cause de pressions douloureuses. Les lanières de

Fig. 158. — : Mentonnière improvisée en toile.

cuir de la mentonnière ne doivent pas presser sur les oreilles et sur la tête.

On doit avoir à sa disposition divers modèles de mentonnières appropriés à l'âge des sujets.

2° Appareil à suspension verticale improvisé

On peut facilement improviser un appareil à suspension verticale avec les matériaux que l'on a sous la main. Appareil d'extension (fig. 157). — Une échelle double, dis-

posée suivant les indications de la figure 157, permet d'improviser un excellent appareil d'extension.

En rapprochant ou en éloignant les pieds de l'échelle, on augmente ou on diminue l'extension.

On peut encore appliquer contre le montant d une chaise le manche d'un balai que l'on attache solidement par quelques tours de bande. La corde reliée au bâton de la mentonnière est fixée à une des branches horizontales du balai qui forme potence.

On peut encore passer la corde dans les anneaux fixés au plafond qui servent à suspendre des lampes.

Confection de la mentonnière (fig. 158). — Une bande de toile très résistante, de 6CI" de large et de lm de long environ, est réunie à ses extrémités par un fort et double nœud. Repliée au niveau de sa partie moyenne, on place de chaque côté deux épingles de nourrice qui réunissent les deux épaisseurs de bande, à peu près à leur partie moyenne.

La mentonnière est prête à être appliquée. On modifie la position des épingles, si la tension n'est pas égale des deux côtés, si la tète n'est pas en bonne position.

On échancre au niveau de l'occiput et du cou. On peut ajouter une bande postérieure qui s'oppose au renversement de la tête en arrière.

Des brassières sous-axillaires peuvent être confection-

Fig. 159. — Appareil à suspension improvisé, avec brassières.

nées avec des bandes ou des lanières de cuir avec bou clés.

L'arc métallique est remplacé par un bâtonnet en bois résistant sur lequel on fait quelques entailles qui empêchent les bandes de glisser. Une simple poulie complète l'appareil (fig. 153).

Fig. 162-163. — Appareil de Hofla.

La suspension verticale peut être pratiquée par des tractions au niveau des membres inférieurs, la tête du sujet en bas (Levassort et Bilhaut).

Dans ce cas, des guêtres ou des bandes placées au niveau

débottés plâtrées, fixent les bandes de toile qui vont servir à suspendre le sujet.

Fig. 16i. — Appareil de M. Schede.

Une solide bande de toile de 10 centimètres de large et de 2 mètres de long est, de chaque côté, présentée par son

milieu, au-devant de la partie antérieure de la jambe, juste au-dessus des malléoles, puis on mène les deux bouts d'avant en arrière jusqu'à la ligne médiane postérieure où ils se croisent pour être ramenés en avant par dessus les malléoles. Arrivés au-devant du cou-de-pied, ils sont noués l'un à l'autre par un nœud à plat, nœud marin coulant de préférence, en serrant assez fortement. Puis les bouts sont ramenés, chacun d'un côté, sous la plante du pied et noués a nouveau, toujours en serrant bien. Enfin, à une dizaine de centimètres de ce premier nœud, on en fait un second dont on éprouve la solidité. L'anneau de toile formé par ces deux derniers nœuds est destiné à s'accrocher à la traverse de suspension (A. Chipault).

Cette traverse est elle-même reliée à une poulie fixée à un anneau ou au crochet du trépied de Sayre. La suspension s'établit dès lors facilement. L'enfant est soutenu par des aides, la traverse est passée dans les anneaux de toile des deux côtés.

On tire lentement sur la corde de la poulie jusqu'à ce que les cuisses de l'enfant se trouvent à la hauteur de la figure du chirurgien.

L'appareil plâtré s'applique suivant la technique ordinaire.

3° Appareils à suspension verticale et latérale dans le traitement des scolioses et du mal de Pott

Un grand npmbre d'appareils, principalement basés sur l'action corrective de la suspension verticale, ont été proposés pour le traitement des scolioses.

Divers mécanismes surajoutés agissent par pression au niveau des parties déformées, placent le tronc du scoliotique en dèlorsion.

Les fig. 160 à 164 représentent les principaux types de ces appareils.

Les appareils de Beely (tig. 160 et 161), de Hoffa (fig. 162 et 163), de Schede (fig. 164), de Schulthess, sont de véritables appareils mécaiiothérapiques qui servent à pratiquer des exercices de redressement et de mobilisation du rachis.

Nous rapprocherons de ces appareils les appareils à suspension latérale.

La suspension latérale avec Y appareil de A. Lorenz (fig. 165) ou de Redard (fig. 166 et 167), est très utile dans le traitement des scolioses.

Fis;. 172. — Appareil de rachylisis de Barwell.

Notre appareil peut encore être utilisé pour le traitement des cyphoses (tig. 168).

Signalons encore la chaise de Zander (tig. 169), pour le redressement des scolioses, les appareils de Lorenz (fig. 170-171) pour le traitement des cyphoses.

Les appareils de rachylisis de Barwell (fig. 172), de Hoffa, sont recommandables.

Les appareils de Lorenz (fig. 173), de Redard (fig. 174), de Schanz (fig. 175), de Bolega, de Wullstein(t)g. 176 à 178), sont utilisés pour placer le scoliolique dans une position de cor-

Fig. 173. — Appareil de A. Lorenz.

rection ou d'hypercorrection aussi parfaite que possible, après redressement forcé, en une ou plusieurs séances.

Un appareil plâtré de contention fixe le tronc dans la position redressée, les courbures bien redressées, la déformation thoracique et l'attitude vicieuse du tronc et des épaules corri-

Après solidification de l'appareil plâtré, les bandes élastiques, les plaques de pression qui ont servi à obtenir la correction, sont retirées au moyen de sections pratiquées dans l'appareil plâtré (Méthode de redressement progressif des scolioses, suivi de contention. Méthode de redressement forcé, suivi de contention (page 80).

Les appareils de R.-T. Taylor (fig. 179 et 180), de L. Wullstein (fig. 181 et 182), au moyen des dispositifs représentés, redressent les gibbosités pottiques, placent le rachis en extension et en réclinaison.

Citons enfin les appareils qui, en agissant par extension au niveau des aisselles ou de la tête, déchargent le tronc et les extrémités du poids de la partie supérieure du corps, pendant la marche. (Appareil à barres parallèles, chariot flamand, (fig. 183 et 184), appareil de Darrach, (fig. 185), de Meigs Case (fig. 186), de Forest Willard (fig. 187), le chariot acec suspension cèphalique (fig. 188), le chariot à béquilles d'Eulenburg (fig. 189).

Ces appareils de marche sont très utiles dans la convalescence du mal de Pott et dans le traitement des affections paralytiques et spasmodiques des membres inférieurs.

Les béquilles, d'une longueur convenable, ni trop longues ni trop courtes, doivent avoir une très grande stabilité. Leur extrémité inférieure doit être pourvue de caoutchouc, afin d'éviter tout glissement.

Le système de Galante (petite boule de bois que l'on introduit dans un dé de caoutchouc), le système de Béchard, sont excellents.

La pression exercée dans l'aisselle est atténuée par des coussins à air (Galante).

La marche avec deux longs bâtons, analogues aux alpins-

Fig. 176. — Appareil de Wullstein pour le redressement forcé des scolioses.

Fig. 477. Le même appareil, pendant son application.

Fig. 178. — Le même appareil, pendant son application.

Fig. 179. — Appareil de R. T. Taylor.

Fig. 180. — Le même appareil, pendant son application.

tocks (fig. 190), est très utile dans la convalescence de certaines maladies articulaires du membre inférieur, notamment à la suite des opérations de luxations congénitales de la hanche.

4° Appareils et machines à extension temporaire

a). Extension du rachis, le sujet placé horizontalement

Dans les différents types d'appareils proposés pour étendre le rachis, dans le traitement des scolioses ou du mal de Pott, la traction graduelle et mesurée est pratiquée au niveau de la tête et des membres inférieurs.

Dans notreappareil (fig. 191), une vis sans fin vient exercer la traction voulue sur une mentonnière fixée sur la tête du sujet.

Deux autres vis agissent sur deux guêtres ou sur des écheveaux de laines fixés sur les membres inférieurs au tiers inférieur des jambes, ou mieux, au-dessus des genoux, et même au niveau du bassin.

Le sujet, étant placé dans la position de la ftg. 191, des tractions sont exercées graduellement, lentement, jusqu'à 30 et 40 kil., pendant que les aides tirent modérément, au niveau de la racine des membres supérieurs.

Dans le cas de gibbosité .pottique, on peut exercer des pressions manuelles directes de chaque côté de la gibbosité, ou au moyen de plaques matelassées, actionnées par des vis sans fin et reliées à un arc métallique mobile sur la table d'opération (fig. 192).

Les machines de Mathieu (fig 193) et de Nebel (voir fig. 198), produisent une puissante extension du rachis.

Citons aussi notre appareil à levier, utile pour le redressement forcé des déviations du rachis et des déformations thoraciques (fig. 194 et 195).

Fig. 181. — Appareil de L. Wullstein.

Fig. 182. Appareil de L. Wullstein, après l'application du corset plâtré.

Les pressions au moyen d'une plaque actionnée par un puissant levier sont exercées pendant l'extension du rachis, le sujet couché horizontalement sur un plan résistant.

b). Position en réciinaison du rachis, le sujet placé horizontalement

Nous utilisons depuis longtemps l'appareil représenté par les figures 82 et 83 (page 93), destiné à placer le rachis enposition de réciinaison, pendant l'application des lits plâtrés.

L'appareil de Lorenz (fig. 196 et fig. 197) est très utile pour obtenir la correction des gibbosités pottiques et l'attitude en réciinaison pendant la confection des corsets plâtrés.

L'appareil de Nebel (fig. 198) donne aussi une position en réciinaison plus ou moins marquée.

La fig. 198 représente l'excellente disposition, d'après A. Schanz, dans l'appareil de Nebel, d'un sujet atteint de scoliose dorsale principale, soumis à l'extension et au redressement forcé au moyen de lacs solides, avant l'application de l'appareil plâtré contentif.

Une mentonnière de Glisson, en cuir ou improvisée avec de fortes bandes de toile, peut être fixée à la barre transversale supérieure de l'appareil et augmenter la force extensive agissant sur le rachis. Ce dispositif est particulièrement utile pour le redressement des gibbosités pottiques.

Parmi les appareils destinés à placer le rachis pottique, en réciinaison, en hyper extension, avant lapplication de l'appareil plâtré contentif, nous recommandons l'appareil de J. E. Goldthwait dont les fig. 199, 200, 201 représentent les détails et le mode d'application .

Nous utilisons fréquemment l'appareil très simple représenté dans les fig. 202, 203, 204.

Deux ressorts d'acier, peu épais, mais cependant très résistants, sont disposés en arc et fixés par des écrous dans les encoches de deux tiges reliées à des barres de fer transver

Fig. 184. — Autre modèle de chariot Flamand.

sales qui peuvent être immobilisées à diverses distances sur une table.

On donne aux arcs la convexité nécessaire, qui varie suivant l'importance de l'angle de la gibbosité.

On place le sujet sur les deux ressorts, en forte réclinaison : la tête et les extrémités inférieures pendantes et pro-

Fig. 185. — Appareil de Darrach. Fig. 186. — Appareil de Meigs Case.

duisant par leur poids une extension corrective importante, la gibbosité disposée entre les deux ressorts, dans un point correspondant au sommet de la convexité des deux arcs.

L'appareil plâtré est alors appliqué suivant la technique ordinaire. Lorsque le plâtre est sec, les deux ressorts sont détachés des tiges etretirés hors delà carapace plâtrée (fig. 204). Le sujet conserve sa position en forte réclinaison.

La fig. 205 représente l'excellent appareil (kyphotone) de H. T. Taylor, pour l'application des appareils plâtrés après le

redressement force des scolioses, le sujet étant placé horizontalement, en position de réclinaison.

Dans notre méthode de redressement forcé des scolioses, les tractions et les pressions, au niveau du rachis et du tronc, sont exercées au moyen de l'appareil de la fig. 206.

qui présente quelques analogies avec celui que nous utilisons pour le redressement des gibbosités pottiques (fig. 206,207,208).

Le sujet étant couché horizontalement sur une table, des tractions, au moyen de vis sans lin, sont faites graduellement au niveau de la tète et des membres inférieurs.

Après le redressement des courbures, aussi parfait que possible, obtenu par l'extension, nous appliquons l'arc métallique, représenté dans la fig. 206.

Cet arc qui peut être fixé en divers points de la table d'opération, donne attache:

1° A une tige à vis qui actionne une plaque de pression ;

2° Du côté opposé à cette tige, à une barre métallique de contre-pression, terminée en haut par un large béquillon

Fig. 190. — Marche avec deux longs bâtons.

Fig. 191. — Appareil de P. Redard pour le redressement forcé des gibbosités polliques.

Fig 192. — Appareil de P. Redard pour le redressement des gibbosités pottiques.

Fig. 193. — Appareil de Mathieu,

Fig. 194. — Levier de P. Redard.

Fig. 195. — Levier de P. Redard, pendant son application.

sous-axillaire, et en bas par une plaque matelassée qui doit s'appliquer sur la partie latérale du bassin (fig. 208).

La tige à vis reliée à la plaque de pression peut être dé-

Fig. 196. — Appareil de Lorenz.

Fig. 197. — Le même, en action.

placée et fixée à diverses hauteurs sur l'arc métallique. La plaque de pression peut elle-même être inclinée en divers sens.

Cette disposition permet d'exercer les pressions dans la direction voulue.

Fig. 199. — Appareil de J. Goldlhwait.

Fig. 200. — Position du sujet sur l'appareil de J. E. Goldthwait.

Fig. 201. — Appareil simplifié de J. E. Goldthwait.

La barre de contre-pression, munie de deux vis sans fin, est éloignée ou rapprochée du plan latéral du sujet. Grâce à

Fig. 202. — Appareil de P. Redard.

Fig. 203. — Appareil de P. Redard, pendant son application.

ce mécanisme, on augmente l'action de la plaque qui presse sur la gibbosité, et on obtient le redressement maximum des courbures, ainsi que l'inclinaison du tronc dans une attitude inverse à celle de la déviation.

Les épaules et le bassin sont placés, par le réglage de l'appareil, dans une attitude corrigée.

Nous attachons une grande importance au redressement des courbures en sens inverse et au renversement du tronc

Fig. 204. — Appareil de P. Redard, extraction des ressorts.

Fig. 205. — Kyphotone de R. T. Taylor

dans le sens opposé à la flexion et à l'inclinaison vicieuses. Ce résultat est obtenu par l'action de la plaque de pr< ssion et de la barre de contre-pression, et aussi par la traction inégale exercée sur les membres supérieurs par les aides.

Fig. 20G. — Appareil de P. Redard pour le redressement forcé des scolioses.

F g. 207. — Le même appareil, pendant son application.

Fig. 208. — Le même appareil, pendant son application, an Ire face.

On agit sur la courbure lombaire au moyen d'une bande en caoutchouc qui presse le sommet de la convexité et se fixe sur une barre horizontale métallique vissée sur un des bords de la table d'opération.

Afin d'éviter une trop grande lordose, on place, sous le sujet, au niveau de l'abdomen et du tiers inférieur du thorax, du côté de la concavité, un support, en forme de coin, dont la partie supérieure est constituée par une large sangle en cuir.

Fig. 209. — Système de moufles

Fig. 210. — Moufles avec treni

c). Extension des membres inférieurs

L'extension qui agit sur le fémur ou sur l'articulation de la hanche peut être pratiquée au moyen des appareils représentés par les fig. 209 et 210.

Dans nos premières tentatives de réduction de luxations congénitales de la hanche, nous avions adopté un appareil à traction au moyen de ces moufles et de ces treuils.

La vis à extension de Lorenz (fig. 211 et 212), surtout utile pour obtenir, dans l'opération de la réduction de la luxation congénitale de la hanche par la méthode non sanglante, la descente de la tête fémorale luxée au voisinage de la cavité cotyloïde,rappam/ de traction de Schede-Eschbaum(ûg.Zl3),

pour réduire la luxation congénitale de la hanche, le membre placé en abduction, par la seule puissance de la trac-

Fig. 211. — Vis à extension de Lorenz.

Fig. 212. — Visa extension de Lorenz.

tion, peuvent servir dans un grand nombre d'interventions nécessitant une extension énergique au niveau de l'extré-

mité supérieure du fémur et de l'articulation de la hanche (coxalgies, fractures, luxations traumatiques, etc.). L'appareil de A. Lorenz (redresseur de la hanche) (fig. 214 et

Fig. 215. — Dernier modèle du redresseur de la hanche de A. Lorenz.

fig. 215) peut rendre d'excellents services dans le traitement, par le redressement forcé, des difformités de la hanche, principalement à la suite de la coxalgie.

Les appareils orthopédiques sont employés pour corriger ou prévenir les difformités congénitales ou acquises, pour remédier aux troubles fonctionnels du système locomoteur.

Ces appareils sont, en général, construits par des ouvriers spéciaux. Mais le chirurgien orthopédiste doit connaître leur principe et leur mode de construction, afin de pouvoir donner les indications spéciales à chaque cas, indiquer les moditications nécessaires, trouver la meilleure combinaison mécanique.

L'arsenal orthopédique compte un très grand nombre d'appareils, qui peuvent cependant être ramenés à quelques types bien définis.

L'action de ces appareils se borne à réduire, contenir, presser, tirer (extension).

La force mise en usage agit d'une façon temporaire ou 'permanente .

Assez fréquemment, plusieurs mécanismes agissent concurremment.

Les appareils et machines qui n'agissent que temporairement, au cours d'exercices spéciaux de mobilisation ou de redressement (appareils mécanothérapiques) doivent être décrits à part (voir pages 493, 494, 495 et fig. 463 à 478).

Nous étudions dans le chapitre I, les appareils orthopédiques simples que le chirurgien peut improviser facilement, véritables bandages disposés pour donner l'immobilité, l'ex tension, la traction, etc.

Dans tout appareil, on doit considérer :

1° La nature de la force agissante ;

2° Le point d'appui pris sur le corps ou ea dehors ;

3° Le mode d'application, déterminé par la forme et la composition des diverses pièces de l'appareil (lacs, plaques, tuteurs, corsets, bottines, etc.).

Décrivons d'abord les diverses parlies constitutives des appareils orthopédiques.

A. — Matériel

Les métaux et le cuir sont les matériaux essentiels des appareils.

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