OPERATIONS SUR LES CAPSULES ET SUR LES LIGAMENTS
Les tendons, les ligaments, les capsules, se rétractent dans les points qui sont rapprochés par la dilïormité ; ils s'amincissent, s'allongent et se relâchent du côté où ils sont soumis à une distension permanente.
1° Capsules. — Les interventions non sanglantes, le redressement manuel ou instrumental, suffisent, en général, pour faire céder les raccourcissements ligamenteux et capsulaires. Le raccourcissement de la capsule antérieure, dans la contracture et dans la luxaiion congénitale de la hanche, qui constitue un obstacle important au redressement ou à la réduction, est efficacement combattu par Y extension manuelle, par le redressement forcé ou instrumental.
La fixation en bonne position remédie rarement à la distension et au relâchement capsulaires.
Les interventions sanglantes sur la capsule (capsulorraphie) sont souvent indiquées, principalement dans les luxations récidivantes de l'épaule et de la rotule.
Pour V épaule, après avoir mis la capsule à nu et l'avoir placée dans le relâchement maximum en rapprochant le bras du tronc et en le mettant en rotation interne forcée, on passe un fil de soie plate qui va ressortir en bas, dans l'épaisseur du tendon du muscle sous-scapulaire. Trois fils semblables sont ainsi disposés verticalement à 2 centimètres environ de distance les uns des autres. Ces fils étant serrés,
la partie amincie de la capsule est rétrécie, changée en un bourrelet épais et solide (Procède de Ricard).
Dans un autre procédé, la capsule est fendue dans toute sa longueur.
La lèvre externe est attirée en dedans, la lèvre interne est ramenée sur la précédente, de manière à la recouvrir complètement et à la doubler. Ce doublement est fixé par quelques points de suture (Procédé de Mikulicz).
On peut encore après avoir mis la capsule à nu, l'exciser et suturer les lèvres de la plaie capsulaire (Procédé de Gerster).
Pour la luxation récidivante de la rotule, dans la variété externe la plus fréquente, on fait une incision verticale de 2 centimètres en avant du bord postérieur du condyle, au côté interne du genou, limitée aux téguments.
On plisse la capsule à la base de ce pli, on faufile un catgut ou une soie que Ton arrête à ses deux extrémités, comme dans la suture en surjet.
On place un second surjet sur le bord libre du pli, d'une des extrémités de celui-ci à l'autre. Ce fil diminue la hauteur du pli et le rend plus épais et plus rigide (Procédé de plissement capsulaire de Le.Dentu).
Quelques opérateurs (Ménard, Pollard) ont excisé la portion distendue de la capsule à l'aide de deux sections verticales et suturé les bords de la perte de substance.
On peut encore, après raccourcissement du tendon interne du quadriceps, pratiquer la discision de la capsule au côté interne du genou, dans le sens longitudinal, la détacher de la synoviale et la suturer sur une large surface (Procédé de Bardenheuer).
Dans le relâchement articulaire du genou, habituel ou paralytique, dans le genu recurvatum, varum ou valgum, paralytiques, on pratique sur la capsule des opérations analogues à celles préconisées pour la cure des luxations récidivantes de la rotule. Comme complément, on transplante ou on raccourcit les tendons périarticulaires, principalement le demitendineux et le demi-membraneux.