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MEMBRE SUPÉRIEUR

1° Les ostéotomies du membre supérieur sont très rarement pratiquées.

Signalons l'ostéotomie linéaire sous-cutanée au-dessous du col chirurgical, indiquée dans quelques cas d'ankylose et de luxation invétérée de V épaule.

Une incision à la partie moyenne du bord antérieur du muscle deltoïde conduit sur la face externe de lros. La section osseuse est faite au ciseau, le plus près possible des tubérosités (Ollier), dans un sens légèrement oblique de dehors en dedans, ou en coin, eu évitant la lésion du nerf circonflexe.

On peut exécuter une ostéotomie cunéiforme (Ollier), ou arciforme (Albanèse).

L'ostéotomie linéaire de l'olécrâne, pratiquée, comme temps préliminaire de la résection, ou dans Vankylose du coude, s'exécute au moyen d'une incision au-dessous de l'épicondyle ou de deux incisions longitudinales de chaque côté du coude sur les bords de l'humérus et sur les éminences qui les terminent.

L'ostéotomie curviligne ou trochléiforme de l'olécrâne (Defontaine) s'exécute avec la fine lame à chantourner de la scie de Farabeuf que l'on passe contre l'humérus, en arrière, le tranchant tourné vers l'olécrâne. On donne un trait de scie transversal décrivant, d'arrière en avant, une surface développable, concave en avant et en haut, allant du sommet de l'olécrâne au bec de l'apophyse coronoïde.

On obtient ainsi une surface de section figurant un quart de cylindre, laissant au dessous d'elle les parties osseuses anti-brachiales, tandis que les apophyses humérales restent au-dessus.

Il faut, dans quelques cas, pour donner plus de mobilité aux surfaces, faire une seconde section , dirigée suivant une courbe à peu près concentrique à la première, et faire tomber une lamelle osseuse.

Dans sa méthode d'ostéotomie (Arthrolyse) appliquée à la

cure de Vankylose du coude, J. Wolff sectionne au ciseau toutes les parties osseuses qui immobilisent l'articulation. Au bout de quelques jours, il mobilise.

La méthode de Defontaine et de J. Wolff, ne convient qu'à des cas d'ankyloses incomplètes et par jetées osseuses périphériques. En général, la résection totale et large du coude, avec interposition musculaire, est la méthode de choix.

Les ostéotomies de l'humérus, du radius et du cubitus, en divers points, s'exécutent d'après les règles générales.

Dans quelques cas exceptionnels de cubitus varus très prononcés, on peut pratiquer l'ostéotomie, supra-condylienne transversale de l'humérus.

Afin d'éviter la blessure du nerf radial, on fait une incision au-dessus de l'épicondyle, sur le bord externe de l'humérus. On écarte en avant les faisceaux du premier radial, du long supinateur et du brachial antérieur avec le nerf compris dans leur interstice.

On peut alors sectionner l'humérus avec le ciseau, de dehors en dedans, transversalement, au-dessus de ses tubérosités.

La section doit être incomplète, complétée par la fracture manuelle du bord interne, afin d'éviter la blessure du nerf cubital et de l'artère numérale, souvent mal protégés par un brachial antérieur peu développé (Tilanus).

On peut encore par une incision sur le bord interne de l'humérus, récliner le nerf cubital, écarter le brachial antérieur avec les vaisseaux numéraux et le nerf médian. Diviser l'humérus suivant une ligne qui rejoint la section commencée sur le bord externe.

Dans la subluxation progressive du poignet, on peut exécuter l'ostéotomie du radius, et quelquefois du cubitus, au tiers inférieur.

Afin de ménager les tendons et les gaines, S. Duplay conseille de pratiquer une incision verticale, de 2 centimètres environ, commençant à un ou deux travers de doigt au-dessus de l'interligne radio-carpien, à la face dorsale antérieure de l'avant-bras, en dehors du tendon du grand palmaire.

Les vaisseaux sont découverts et écartés. Quelques coups de bistouri conduisent sur le radius recouvert du rond pronateur. L'ostéotome est introduit suivant la direction de l'incision, un mouvement de rotation rend son tranchant perpendiculaire à l'axe de l'os et parallèle aux fibres du carré pronateur. La section osseuse est faite à petit coups. Elle est incomplète, la rupture des dernières lamelles est obtenue par ostéoclasie manuelle, afin d'éviter la lésion des gaines ostéo-fibreuses des extenseurs. L'ostéoclasie complémentaire a l'inconvénient d'exposer à l'éclatement osseux et aux esquilles.

L'ostéotomie radiale ou cubitale ne corrige qu'en partie la déformation. Elle donne quelquefois un chevauchement trop notable des fragments.

Nous avons proposé de retrancher, par l'ostéotomie, la saillie formée par le bord supérieur de la surface articulaire radiale, qui, ainsi que l'indique l'anatomie pathologique, maintient la subluxation en empêchant tout déplacement en haut des os du carpe.

Diverses ostéotomies, sous-cutanées ou à ciel ouvert, peuvent être pratiquées sur le radius ou le cubitus pour obtenir le redressement de la main bote congénitale (voir chapitre V, page 537).

Pour corriger l'abduction de la main, on peut réséquer un fragment trapèzoïde de l'extrémité inférieure du cubitus et suturer ensuite au fil d'argent les deux surfaces de section du cubitus très exactement mises en contact {Procédé de Clémente Romano, de Redard).

Dans la main bote avec absence du radius, Bardenheuer divise longitudinalement l'extrémité inférieure du cubitus, jusque vers sa partie moyenne, en deux palettes, l'une radiale, l'autre cubitale.

Le carpe taillé en pointe est introduit entre les extrémités de ces palettes et fixé en bonne position par deux chevilles.

La résection cunéiforme des deux os de V avant-bras permet de remédier aux difformités par contracture de cette région.

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