CHAPITRE II CYPHOSE ET GIBBOSITÉ POTTIQUE
1° Mal de Pott dorsal et lombaire
a). Traitement préventif. Période prégibbeuse. — Immobiliser et décharger le rachis. — Décubitus prolongé dans des lits (page 107) et des gouttières. — Extension dans la position oblique (page 137). — Lit plâtré (page 87). — Corset plâtré inamovible (page 69). — Appareils et minerves orthopédiques.
L'immobilisation sera rigoureuse pendant au moins six mois.
&).- Gibbosité non ankylosée. — Utiliser les précédents moyens d'immobilisation et de décharge.
Pour les gibbosités petites ou moyennes, redresser au moyen de notre gouttière (page 105, lig. 102), du lit plâtre, des appareils de réclinaison, de l'appareil de Goldthwait (fig. 190, page 175), de notre appareil (fig. 191), de l'appareil de Wullstein (pages 165 et 166, fig. 181 et 182) et du corset du même auteur (page 214, fig. 257), du corset plâtré inamovible appliqué pendant la suspension verticale.
Les corsets amovibles (page 83, fig. 74), les divers corsets en cuir moulé (fig. 269, page 221), en feutre (page 19, fig. 10), en celluloïd, etc., les corsets de Davis, de H.-L. Taylor (fig. 254), de Hessing (fig. 260), n'ont qu'une action très limitée pour l'immobilisation, la décharge du rachis et son redressement. Si l'on utilise ces appareils, il faut ajouter des jury-mast, des minerves qui soutiennent la tête. L'appareil de Cazin- Lannelongue (fig. 269) est recommandable.
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Dans les gibbosités prononcées avec prédominance des phénomènes de contracture, on doit réduire la gibbosité, redresser le rachis, le contenir et l'immobiliser ensuite.
Le sujet est anesthésié, soumis à la suspension verticale ou horizontale. Divers appareils (pages 164 à 179) permettent de réaliser d'une façon pratique l'extension rachidienne et la réduction des gibbosités (redressement instrumental). Le redressement ne doit pas être brusque, forcé.
L'extension se fait graduellement, lentement. Les pressions au niveau de la gibbosité sont lentes, modérées.
Il faut placer le rachis en lordose dans les segments voisins de la gibbosité, de façon à obtenir la production de courbures de compensation qui redressent le rachis, améliorent la forme générale du corps et corrigent souvent très notablement la difformité. Notre appareil d'extension dans la position horizontale (page 172, fig. 191) permet d'obtenir très facilement cette position lordotique très favorable.
Le redressement s'exécute souvent en plusieurs temps, par étapes.
Le redressement des gibbosités au moyen des appareils à réclinaison (page 167) est très recommandable.
Le meilleur appareil de contention après la réduction des gibbosités est le grand appareil plâtré (page 75).
La fixation apophysaire (page 457) est quelquefois indiquée.
Le redressement et la réduction rapide des gibbosités, pratiqués suivant une technique régulière, ne sont pas suivis d'accidents primitifs et consécutifs. C'est une méthode, précieuse et à conserver, qui donne d'excellents résultats.
Ses indications sont limitées. Elle ne convient qu'aux gibbosités facilement ou assez facilement réductibles, non ankylosées, de formation récente, avec phénomènes de contracture accentuant la difformité.
Les gibbosités angulaires à court rayon, à début brusque, à croissance rapide, se prêtent mieux au redressement que les gibbosités arrondies, à rayon étendu, qui forment plateau et sont constituées par des lésions vertébrales tuberculeuses multiples.
La région cervicale se prêle moins bien à la réduction que les régions lombaire et dorsale inférieures.
Les réductions des gibbosités et des déviations de la portion cervicale du racliis exposent à des complications médullaires graves.
L'opération est absolument indiquée dans les gibbosités avec troubles médullaires et paraplégie, surtout si l'on soupçonne que les troubles radiculo-médullaires dépendent d'une compression par un séquestre ou des fongosités.
c). Gibbosité volumineuse non anhylosée. — Décubitus horizontal ou oblique prolongé. — Lit ou corset plâtré inamovible appliqué pendant la suspension verticale ou oblique et renouvelé tous les trois à cinq mois.
Le redressement rapide, la fixationapophysaire sontcontreindiqués.
Dans quelques cas, l'extension dans la position horizontale, avec lordose des segments voisins de la gibbosité obtenue avec notre appareil (page 172, fig. 191), et suivie de contention dans un appareil plâtré, donne une très notable atténuation de la difformité.
ci). Gibbosité anhylosée. Période de consolidation et de convalescence. — - Si ïankylose est partielle, redresser partiellement par la technique habituelle et contenir avec des appareils plâtrés inamovibles.
Si Yankylose est complète, s'abstenir de toute tentative de redressement. S'opposer à l'aggravation de la difformité.
Les corsets amovibles rigides, en plâtre, en cuir, en feutre, les divers corsets et minerves orthopédiques rendent peu de services. Il faut surtout recommander le lit plâtré, le décubitus horizontal, dans quelques cas, les ligatures apopbysaires.
Le chariot flamand (fig. 183 et 184, page 168), l'appareil de Darrach (fig. 185), de Meigs Case (fig. 186), de F. Villard (fig. 187), sont surtout utiles chez les jeunes enfants, à la période de convalescence, lorsque la marche vient d'être permise.
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2° Mal sous-occipital. — Mal de Pott cervical
Immobiliser et décharger le rachis. — Redresser la tête. — Corriger la difformité vertébrale.
Procéder lentement. — Appareil-lit à extension continue dans la position oblique (fig. 144 à 146, page 136). — Incliner ce lit à 30° pendant plusieurs heures de la journée et de la nuit.
Sous le chloroforme, redresser lentement le rachis et la tête, sans brusquerie et appliquer une minerve plâtrée.
Si on éprouve une trop grande résistance pendant le redressement, s'arrêter, se contenter du demi-résultat obtenu, procéder par étapes.
A la période de convalescence, lorsque les douleurs et la contracture ont disparu, que le rachis et la tête sont bien redressés, on conseille des appareils orthopédiques de contention (colliers en plâtre, en bois, en celluloïd, en cuir moulé, etc., les minerves orthopédiques (fig. 270), et surtout V appareil de Cazin-Lannelongue (fig. 269).