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I. — Appareils en bandes plâtrées

Bandes. — Tissu des bandes. — Le choix du tissu des bandes a une importance considérable pour la bonne réussite de l'appareil.

Actuellement, on n'utilise plus que les gazes avec apprêt (tarlatane, mousseline raide), ou sans apprêt (mousselinechiffon, toile à beurre).

Nous donnons la préférence aux tarlatanes très légère-

ment empesées, à mailles solides, souples, assez serrées, qui se laissent pénélrer facilement par le plâtre et le conservent dans leur mailles.

Les tarlatanes, très empesées, ont surtout l'inconvénient de retarder la solidification des appareils.

La largeur des bandes doit varier suivant le genre d'appa-

Fig. 14. — Mode de plâtrage des bandes.

reil plâtré que l'on désire confectionner. Pour les membres, on utilisera des bandes de 8 à 4 centimètres. Pour le tronc, pour les corsets plâtrés, les bandes seront larges de 10 à 12 centimètres, et longues de 9 mètres. Les bandes trop larges s'adaptent mai sur les surfaces irrégulières, au niveau du bassin, par exemple.

Plâtrage des bandes. — La meilleure manière d'imprégner de plâtre les bandes est celle représentée dans la figure 14.

Une très petite quantité de plâtre est étalée sur la bande qui repose sur un lit de plâtre. Il faut environ 30 grammes de plâtre, soit une cuiller à soupe, pour un mètre de bande de 10 centimètres de large. On frotte fortement avec le bord cubital de la main droite, afin de bien faire pénétrer égaleégalement le plâtre dans les mailles du tissu.

La bande est enroulée comme une bande ordinaire en serrant moyennement, ni trop, ni pas assez.

Les diverses machines proposées (Wywodzoff, Beely,

-Charte}, ^ |

Fig. 15. — Appareil roule-bande plâtrée.

Bilhaut) dans le but de préparation rapide des bandes plâtrées, sont peu pratiques. Elles ne permettent pas d'imprégner les bandes en répartissant le plâtre d'une façon régulière.

Nous employons quelquefois dans notre pratique l'appareil représenté dans la figure lo.

Quelques orthopédistes préparent, séance tenante, leurs bandes en les déroulant et les enroulant de nouveau dans une cuvette à moitié pleine de bouillie plâtrée (5 verres de plâtre pour 3 verres d'eau froide sans sel).

Dans notre pratique, nous préférons nous servir de bandes imprégnées de plâtre à l'avance.

Technique de l'appareil avec des bandes plâtrées

Protection de la peau. — Le sujet étant placé en bonne attitude, on lave, on savonne soigneusement la région, on l'enveloppe soit avec de la flanelle, soit avec de la ouate, soit avec un tricot.

La ouate cardée ordinaire, non dégraissée, qui est élastique et ne se tasse pas, sous forme de bandes de 12 centimètres à 6 centimètres environ de largeur et de 1 à 2 centimètres d'épaisseur, est seule recommandable.

On peut encore se servir de couches peu épaisses de ouate comprise entre deux feuilles d'apprêt (ouate collée devienne). La ouate est enroulée soigneusement en la répartissant très exactement sur la surface du membre et en matelassant les saillies osseuses. Quelques tours de bande de mousseline, serrés modérément, fixent la ouate et l'empêchent de se déplacer.

Nous employons souvent la ouate peu épaisse comprise entre deux feuilles gommées, dite « ouate collée ».

La ouate présente quelques inconvénients. Il est difficile de l'appliquer exactement en quantité égale autour du membre ou du tronc. Elle forme des paquets. Elle se tasse au bout d'un certain temps, ne contenant plus exactement les parties que l'on désire immobiliser. Elle absorbe la sueur, s'imprègne de poussières et donne asile à de nombreux parasites.

Nous préférons, en général, l'enveloppement au moyen d'un tricot qui a pour principal avantage de donner une contention très exacte des parties immobilisées. Ces tricots en tissus de coton (Jersey), élastiques, à mailles assez serrées, de diverses largeurs pour les différentes tailles, doivent coller exactement sur la peau, sans pli.

Nous avons fait confectionner de très longs tubes de tissujersey, de diverses largeurs, dans lesquels on peut couper un maillot ayant la longueur et la largeur nécessaires.

Pour les appareils plâtrés inamovibles du tronc et des membres inférieurs, nous employons depuis longtemps l'envelop-

peinent avec le tissu connu sous le nom de « tissu des Pyrénées ». Ce tissu dont l'envers montre la maille et dont l'endroit est recouvert d'un épais duvet a le grand avantage de fournir un substratum d'une épaisseur et d'une élasticité convenables et de s'appliquer très exactement sur la peau (fig. 16).

La figure 16 représente un maillot en tissu des Pyrénées, avant l'application d'une appareil plâtré d'un des membres inférieurs pour traitement de la coxalgie.

Mode d'application des bandes.

— Avant leur application, les bandes plâtrées sont plongées complètement dans un récipient contenant de l'eau tiède à 35" environ. Au bout d'un certain temps, lorsqu'il ne se dégage plus aucune bulle d'air, on retire une des bandes et on exprime l'excès d'eau qu'elle contient en la plaçant entre les deux mains que l'on serre doucement l'une contre l'autre.

On enroule comme avec une bande ordinaire, en évitant les plis, les renversés et en s'nbstenant de toute traction et de toute presnon. La bande doit se dérouler naturellement.

Au lieu de faire des renversés au niveau des parties qui ont une forme conique, irrégulière, on coupe la bande avec des ciseaux et on donne aux nouvelles circulaires la direction voulue.

Fig. J6. — Enfant revêtu d'un maillot en tissu des Pyrénées.

Avec une main, à chaque tour de bande, on frotte, on étend circulairement le plâtre, on recherche l'adhérence exacte sur les contours du membre.

En général, chaque tour de bande doit recouvrir le suivant dans ses deux tiers.

Quatre épaisseurs de bandes plâtrées donnent un appareil d'une solidité convenable.

Une très petite quantité de plâtre gâché peut être appliquée à la surface de l'appareil, afin de faire disparaître les inégalités.

Un appareil confectionné avec du bon plâtre et suivant les règles, doit durcir en quelques minutes, en moyenne en cinq minutes, après l'application de la dernière bande. On peut hâter la dessiccation en plaçant à la surface des serviettes très chaudes pendant quelques secondes seulement, laissant ensuite l'appareil à découvert

Modelage. — Avec la paume des mains à demi-fermées, on lisse l'appareil, on l'applique, on le moule sur les parties qui doivent être exactement fixées ou déchargées.

Avec le manche d'une cisaille introduite sous l'appareil, on relève les bords et on fait bomber les parties qui ne doivent exercer aucune compression.

Emcndage. Fentes et ouvertures. — Avec une serpette ou un bistouri bien tranchant, par petites tranches successives en coup d'ongle, on enlève les bords de l'appareil qui compriment. On échancre, on dégage dans l'étendue nécessaire. On fait, suivant les besoins, de larges fenêtres ou de petites ouvertures, principalement au niveau des plis articulaires, qui servent à introduire une valve ou le manche d'une longue cisaille qui relève les bords de l'appareil et empêche toute compression (voir p. 68, fig. 63-64). Les trop larges ouvertures au niveau du thorax, empêchent une contention exacte. Un corset bien exécuté, ne doit pas gêner l'expansion thoracique et abdominale.

Lavage des mains de l'opérateur imprégnées de plâtre. — Après un lavage à l'eau tiède et au savon et frictions avec brosse douce, on enlève le plâtre adhérent et qui a pénétré

dans les ongles et les sillons unguéaux avec un tampon de ouate imbibé d'alcool, ou mieux d'une solution de bichlorure d'hydrargyre (1 p. 1000) (liqueur de van Swieten).

Conservation. Imperméabilisation des appareils. — Dans notre pratique, nous frottons la surface de nos appareils avec un morceau de savon blanc et nous lissons ensuite avec nos mains.

L'enduit qui se forme est brillant, imperméable, et assure la conservation pendant plusieurs mois.

On peut aussi imperméabiliser avec diverses substances (résine de copal, de daminar, gomme laque, résine ordinaire blanche en solution dans l'éther ou l'alcool, silicate de soude, sulfate de zinc à 12 0/0, huile de lin bouillie avec 5 0/0 de borate ou d'oxalate de manganèse, litharge à 1 0/0, peintures-émail, paraffine).

La paraffine est recommandable. On doit employer une paraffine fusible à 60° (paraffine dure) que l'on fait foudre et que l'on applique sur l'appareil sec, au moyen d'un large pinceau.

Le mélange d'un tiers de ciment blanc avec deux tiers de plâtre à mouler, le tripolithe qui tient le milieu entre le plâtre et le ciment, donnent des appareils très solides et qui ne sont pas altérés par le contact des liquides.

De temps en temps, surtout en été, on insuffle entre le corset et la peau de la poudre de talc ou de lycopode, mélangée d'acide borique.

Une bande de gaze souple, placée en contact avec la peau, et à laquelle on imprime des mouvements de va-et-vient, enlève les poussières et les corps étrangers qui se sont introduits entre la peau et le jersey (voir page 60, fig. 59).

Garniture. — Les bords des appareils sont garnis et protégés avec du diachylon, ou mieux avec du taffetas gommé, du taffetas chiffon, du caoutchouc en feuille mince (feuille an glaise).

Le maillot que l'on a eu soin de maintenir assez long, est rabattu sur les bords et la surface externe de l'appareil. Son bord inférieur est cousu à son bord supérieur, le plâtre se trouve ainsi complètement recouvert par du tissu.

Renforcement. — Si l'appareil a été correctement confectionné, il doit avoir une solidité suffisante.

Les moyens de renforcement proposés avec des attelles en toile métallique, en zinc laminé, avec de minces lamelles de bois de placage, sont peu recommandables et ne conviennent qu'à quelques cas particuliers.

Nos essais de renforcement avec du bois de placage, principalement pour les appareils plâtrés à coxalgie, nous ont démontré que le plâtre adhère mal à la surface libre du bois. L'appareil est dès lors constitué par plusieurs couches sépa-

Scie rotative de Collin pour couper les appareils plâtrés.

rées, il n'est plus homogène et il est dépourvu de toute solidité.

Dans quelques cas, on interpose dans l'appareil, diverses pièces métalliques : jury mast, attelles articulées, valves ou capsules (Port), attelles brisées, à liteaux, à pont métallique (Lucas-Championnière) ou reliées par des articulations (J. Wolfï. Voir page 63, lig. 61), de façon à obtenir un soutien de la tête ou dune articulation.

Procédés pour couper et enlever les appareils plâtrés. — On peut imbiber la surface avec une éponge légèrement

chargée d'une solution concentrée de chlorure de sodium. Le plâtre se ramollit et la section avec de forts ciseaux devient facile.

Aux couteaux, aux cisailles, aux scies, aux divers séca-

Fig. 18. — Ciseaux à plâtre.

Fig. 19 —Section d'un appareil avec les ciseaux à plâtre.

teurs de Sczymanowski, de Gollin (fig. 17), de Bruns, de Beely, nous préférons l'excellent instrument représenté dans la figure 18.

La figure 19 indique la technique de la section d'un appareil plâtré avec ces ciseaux, sorte de pince emporte-pièce, d'une

très grande puissance, qui permettent la division d'appareils d'une forte épaisseur.

L'emploi de bistouris, de serpettes, de couteaux bien tran-

'/Znaï.Gr, Fig. 20. — Couteau à plâti

Fig. 21. — Cisaille de Collin.

Fig. 22. Cisaille à point d'appui

Fig. 23. — Cisaille de Seutin.

chants (fig. 20). de cisailles droites ou courbes (fig. 21 et fig. 22), de la cisaille de Seutin (fig. 23), de scies de divers modèles (fig. 24 et 25), est utile, lorsqu'on doit découper des

BANDAGFS ET APPAREILS

fenêtres ou qu'il faut sectionner très régulièrement un apparreil plâtré afin de le rendre amovible.

Fig. 24. — Scie de Bergmann.

Fig. 25. — Scie de Eng

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Fig 20. — Section d'un appareil plâtré sur une lame métallique.

Le fil-scie de Gigli, préalablement placé au contact de la peau avant la confection de l'appareil en plâtre, permet une section rapide et nette, lorsque le plâtre est solidifié. Afin

d'éviter la blessure des tissus, on peut encore disposer entre l'appareil et la peau, une mince lamelle flexible, assez étroite, de fer-blanc ou mieux d' aluminium-élain.

La figure 26 représente la technique de cette section.

Nous avons depuis longtemps recommandé, en décrivant la technique des corsets plâtrés amovibles, de placer entre le maillot et la peau, sur la ligne médiane, au point où doit se faire la section, une lamelle de zinc ou d'aluminiumétain, assez flexible, de 3 cent, de large environ et de longueur appropriée à la taille du sujet.

Grâce à ce dispositif, on peut sectionner franchement et nettement le plâtre sans craindre d'érafler la peau (fig. 27).

Lorsque l'appareil a été sectionné, on écarte ses deux bords avec les doigts de chaque main jusqu'à ce que l'on puisse enlever la carapace plâtrée. La pince (gueule de loup) de

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