‹ Précis de tératologieChapitre 12 sur 211 · DÉFINITIONS · texte numérisé non relu

DÉFINITIONS

très différentes de celles des parents : tels sont un homme à trois mains, un poulain à tête humaine, un enfant demi- chien... »

11 existe beaucoup d'autres définitions de ce genre et toutes présentent ceci de particulier, qu'elles comprennent l'ensemble des déviations sans distinction, confondant la simple anomalie avec la monstruosité la plus grave.

C'est Haller qui, le premier, chercha à faire cesser cette confusion, n'accordant le qualificatif de monstres qu'aux êtres chez lesquels la déviation spécifique est assez apparente pour sauter aux yeux de tout le monde.

Cette distinction a été conservée par les auteurs modernes et nous la retrouvons dans les définitions des savants qui ont le plus contribué aux progrès de la tératologie : Etienne et surtout Isidore Geoffroy Saint- Hilaire.

Prenant le mot anomalie comme terme général i devant s'appliquer à toutes les espèces de déviations i organiques, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire1 en donne la 1 définition suivante :

« L'anomalie est toute déviation du type spécifique, ou en d'autres termes, toute particularité organique que j présente un individu, comparé à la grande majorité des individus de son espèce, de son âge et de son sexe. »

Le même auteur a divisé ces déviations en groupes ou embranchements, consacrant définitivement la distinc- I tion à établir entre les anomalies simples et les anomalies très graves, auxquelles il accorde le qualificatif c de monstruosités.

' laid. Geoffroy Saint-Hilaire, Histoire des anomalies, etc., Pans, 1832-1836.

A H a alors défiai la monstruosité de la façon suivante : « La monstruosité est une anomalie très grave, rendant difficile ou impossible Y accomplissement dune ou plu-

I fonctions, ou produisant, chez ceux qui eu sont affectés une conformation vicieuse, apparente k l extérieur, très différente de celle que présente ordinairement leur espèce. » ,

Par conséquent toute anomalie qui n est pas très .rave ne devra pas être qualifiée de monstruosité.

II v a la, il faut bien le reconnaître, un fait d appréciation qui paraît prêter à l'arbitraire, car puisqu il s'aoit d'une question de plus ou de moins, on peut se demander où finit l'anomalie et où commence la mons-

^ Test certain qu'entre l'une et l'autre il n'y a pas une différence de nature, et que la distinction en est toute artificielle. Mais cette distinction est indispensable, car étant donné le sens désobligeant que nous accordons au nom de monstre, nous ne devons pas 1 employer clans tous les cas et qualifier ainsi 1 hommeatteint d'un bec-de -lièvre, l'enfant ou 1 animal présentant un anus contre nature, un ou plusieurs doigts supplémentaires, etc.

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