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CANAUX SUPPLÉMENTAIRES DU PENIS

de l'excès de volume que présente le ventre du fœtus (fig. 132).

Dilatation du canal. —Nous ne faisons que mentionner la dilatation congénitale du canal de l'urètre, ano malie rare, le plus souvent accompagnée d'autres malformations.

Canaux supplémentaires du pénis. — La duplicité de l'urètre et l'existence de deux conduits perméables ne sont pas acceptées par tous les auteurs; on ne nie pas que le gland ait pu présenter deux orifices distincts, mais il est dit que l'un de ces orifices devait se terminer en cul-de-sac.

M. Verneuil a publié cependant une note dans laquelle il expose clairement un certain nombre de cas, démontrant que le pénis peut être parcouru par deux canaux plus ou moins parallèles, aboutissant à des orifices distincts et ayant des fonctions bien déterminées.

Luschka a vu, sur la face dorsale du pénis d'un individu de dix-neuf ans, une ouverture de 4 millimètres qui communiquait avec un canal dans lequel débouchaient les quatre conduits excréteurs d'une prostate accessoire ; celle-ci reposait sur la face dorsale du corps caverneux vers la base de la verge.

Picardat a rapporté l'observation d'une ectopie des voies prostatiques, qui n'est pas moins remarquable. Mais ce ne sont pas les seules, et l'on signale aussi des ectopies des voies séminales qui, bien qu'assez rares, sont également curieuses.

Vésale dit avoir vu un étudiant dont le gland était pourvu de deux ouvertures ; l'une donnait écoulement au sperme, l'autre à l'urine. Borelli, Testa, Cruveilhier ont rapporté des faits de même genre. — La duplicité de

l'urètre, ou du moins l'existence de canaux supplémentaires ne doit donc pas être niée.

Fissures de l'urètre; hypospadias et épispadias. — Enfin, et pour terminer la série des malformations de l'urètre, il nous reste à parler des fissures, qui, suivant leur siège, constituent les deux anomalies connues sous le nom à! hypospadias et d' épispadias .

Ces anomalies, l'hypospadias particulièrement, sont intéressantes, car elles accompagnent presque toujours l'hermaphrodisme et contribuent à donner au sexe masculin une partie des caractères du sexe féminin.

Hypospadias. — Dans l'hypospadias, l'orifice urétral est situé à la face inférieure de la verge, en un point variable suivant le degré de la division.

Quand l'ouverture se trouve à la face inférieure du gland, on a Y hypospadias balanique ; quand elle se trouve dans l'intervalle compris entre le gland et le scrotum, c'est l' hypospadias pènien. Au-delà on rencontre deux formes plus graves, qui sont : 1° l'hypospadias pèno-scrotal (Duglay), quand l'ouverture est située sur le scrotum, au voisinage de l'union de la verge avec les bourses ; 2° l'hypospadias pèrinéoscrotal (Duglay), quand l'ouverture est située sur le scrotum, au voisinage de l'union des bourses avec le périnée.

C'est cette dernière disposition qui est la plus grave et que nous reverrons en traitant des différentes variétés d'hermaphrodisme apparent. Dans ces cas, en effet, non seulement il y a ouverture anormale et arrêt de développement de l'urètre, mais les corps caverneux participent à la malformation et sont plus ou moins atrophiés.

Comme il est fréquent de voir l'hypospadias se com-

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pliquer d'une direction vicieuse de la verge et de sou incurvation en bas, on comprend que parmi les troubles

Fia. 133. — Pénis présentant un beau type d'épispadias complet.

fonctionnels inhérents à cette malformation doit se trouver, en outre de l'émission de l'urine et du sperme dans

une direction vicieuse, l'impossibilité du coït, par direction anormale du pénis au moment de l'érection.

Epispadias. — Dans l'épispadias, l'orifice urétral se trouve à la face supérieure de la verge, à une dis tance plus ou moins grande du gland.

On a donc, comme précédemment, l'épispadias botanique, pênien ou complet; c'est même cette dernière forme qui est la plus fréquente; l'ouverture urétrale se montre alors sous l'arcade pubienne, à la base de la verge (fig. 133).

Ces deux vices de conformation sont dus à des arrêts de développement, qui se comprennent très bien quand on se reporte au développement embryologique des organes génitaux, l'hypospadias est du reste beaucoup plus fréquent que l'épispadias.

Chez les animaux l'hypospadias se rencontre avec les mêmes particularités et les mêmes inconvénients que chez l'homme. M. Ghénier en a observé un très joli cas chez le mulet.

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