‹ Précis de tératologieChapitre 139 sur 211 · II. MONSTRES MÉLOMÉLIENS · texte numérisé non relu

II. MONSTRES MÉLOMÉLIENS

Caractères des méloméliens. — Geoffroy-Saint-Hilaire les classait à tort clans les monstres doubles parasitaires. — Les mélomèles sont des monstres simples. — Principales formes qu'ils peuvent présenter. — Fréquence de celte monstruosité chez les animaux.

Les méloméliens sont caractérisés par l'existence d'un ou plusieurs membres supplémentaires, fixés sur les membres normaux.

Cette famille ne comprend qu'un seul genre, le genre. Mélomèle qu'Isidore Geoffroy-Saint-Hilaire classait dans les monstres doubles parasitaires polyméliens. Il avait cependant soupçonné leur véritable nature, mais ne l'avait pas indiquée catégoriquement.

Plusieurs auteurs ont déjà rectifié cette erreur duj fondateur de la tératologie, et, parmi eux, M. Dareste admet que la mélomélie, comme la pobydactylie, est due à une division des bourgeons des membres, à la multi-

MÈLOMÈLIENS 359

ication des organes et non à une dualité primitive du rrme embryonnaire.

Fie. i~i2. — Dissection superficielle de la moitié antérieure d'un mouton mélomèle. (L'extrémité inférieure du membre normal a, été tronquée.)

A, Trapèze; B, rhomboïde; C, mastoïdo-huméral terminé par deux chefs D D' sur le membre normal et le membre supplémentaire; E, sterno-maxilire; V, biceps brachial ; F', le même muscle daus le membre supplémenire ; G, biceps; G', biceps du deuxième membre; H, court fléchisseur de want-bras; I, [grand dorsal; J, seconde portion du pectoral profond; K, dtoïde. (Emprunté au mémoire de M Blanc.)

M. Blanc a publié, sur la même cpuestion, un travail ^ès original où cette opinion est développée et soutenue

avec des descriptions et des considérations d'anatomie comparée qui ne laissent aucun doute.

Fig. 174. — Membre antérieur droit triple chez une chèvre (L'avantbras et la main normaux ne sout pas représentés).

Fi g. 173. — Face externe du scapulum du monstre de la figure précédente montrant le point d'attache du membre supplémentaire.

R, R' Cavités glénoïdes ; SS', crêtes acromiennes; T, cartilage de prolongement du scapulum ; U U\ apophyses caracoïdes ; Y, col du scapulum (Emprunté au mémoire de M. Blanc. i

O, Scapulum portant trois cavités glénoïdes, une normale, R, et deux accessoires, RI et R!; H, Hi et W, humérus; »-l et ri, les deux radius supplé-' mentaires, portant chacun un cuhilus dont les olécrànes sont confondus en c,-Ci et Cl, carpes supplémentaires; M* et M2, régions métacarpo-phal.mgiennes supplémentaires (Emprunté au mémoire de M. Blanc.)

En effet, partant de la division de l'extrémité digitée,

MÈLOMÈLIENS 361

Ion arrive insensiblement au dédoublement de la main Lu du pied, de l'avant-bras ou de la jambe; au dédoublement et à la multiplication du membre entier ; enfin, là la réalisation des différents types qui appartiennent ;uux mélomèles.

Les principales formes qui peuvent s'observer sont lies suivantes :

Deux membres, séparés sur toute leur longueur, U'un normal bien conformé, l'autre supplémentaire, le jplus souvent irrégulier, partent d'un même scapulum; cc'est ce qui s'observe sur les figures 172 et 173.

Un deuxième type peut se rencontrer; il est caractérisé par la duplication véritable d'un membre. — On (trouve alors, accolés l'un à l'autre, enveloppés par un imême tégument et ne paraissant former qu'un seul corgane, deux membres presque complets qui se séparent tau niveau d'une articulation, carpe ou tarsepar exemple, ten formant un angle plus ou moins ouvert.

C'est cette forme que Geoffroy-Saint-Hilaire a étudiée sur un enfant de quatorze ans, dont le membre [pelvien du côté droit était double, composé de deux (cuisses distinctes recouvertes d'un tégument commun.

Sur un squelette de chèvre, appartenant aux collecttions de l'Ecole vétérinaire (fig. 17 {), on peut voir une ; autre disposition : le scapulum du côté droit se continue ; par un membre absolument normal, mais, en avant de .l'épine acromienne, on trouve deux épines acromiennes accessoires très bien détachées, pourvues chacune d'une ; surface articulaire qui supporte un organe suppléi meotaire.

Ces deux membres supplémentaires, bien développés, sont allongés parallèlement l'un à l'autre, et soudés

362 MONSTRES AUTOSITKS

entre eux au niveau de chaque articulation ; ils étaient très probablement enveloppés par un même tégument.

Ce cas rare a été observé déjà par Isidore Geoffroy - Saint-Hilaire et par Joly ; c'est pour lui que M. Blanc propose le nom de Triomèle.

Fig. 175. — Veau méloméle (d'après Bauraeisler).

Ce monstre serait un triomèle, mais il se distingue du sujet de la figure précédente par ce fait que les trois membres sont irréguliers.

Nous n'entrerons pas dans les détails d'une description anatomique des muscles, ligaments, vaisseaux et nerfs se distribuant ou s'insérant sur les membres surnuméraires des mélomèles, mais nous ferons simplement remarquer que c'est précisément la disposition de ces organes, ainsi que les relations qu'ils affectent avec ceux du membre principal, qui démontrent le mieux que ces monstres ne peuvent pas être considérés comme des monstres doubles parasitaires.

Un méloméle, difficile à comprendre en admettant l'explication de la soudure d'un organe parasite sur les membres d'un sujet autosite, s'explique fort bien, au contraire, par un simple excès de développement avec division du bourgeon primitif.

SYMÉLIENS 363

La méloraélie est beaucoup plus fréquente chez les animaux que chez l'homme, et s'observe le plus ordinairement sur les membres thoraciques.

Page 1