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II. MONSTRES MONOMPHALIENS

Distinction des genres. — Genre ischiopage . — Genre xiphopage Xiphopages célèbres. — Les frères Siamois. — Particularités d'organisation de cruelques xiphopages — Genre thoracopage — Genres sternopage, eclopage, hémitropage et licmipage.

Les deux sujets sont presque complets, mais les vaisseaux ombilicaux sont fusionnés en un cordon commun ; c'est ce qui distingue les monstres de cette famille des monstres de la famille précédente.

Suivant le point du corps où se fait la réunion on reconnaît les genres ischiopage, xiphopiage, thoracopage, sternopage, ectopage , hémitropage et hémipage.

Genre ischiopage. — Dans le genre ischiopage, les deux individus sont réunis par la région pelvienne et placés bout à bout, dans une position similaire, c'està-dire la face tournée du même côté (fig. 215).

On a ainsi un être double, de forme allongée, terminé, à chacune de ses extrémités, par un thorax, deux membres thoraciques, un cou, une tête, et présentant,

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dans la portion moyenne, un double abdomen, de doubles membres abdominaux et, tout à fait au centre, l'ombilic commun,

Les deux colonnes vertébrales sont sur la même ligne et l'axe d'union des deux sujets est perpendiculaire à cetle ligne.

Fig. 215. — Monstre monomphalien. — Ischiopage.

La disposition anatomique des organes pelviens est des plus complexes, mais, grâce aux travaux de Palfyn, Duverney, Prochaska, Dubrueil et Geoffroy-Saint- Hilaire père et fils, on possède sur cette organisation d'excellents renseignements.

Toutes les parties situées dans la région pelvienne appartiennent par moitié à chacun des sujets. Ainsi il y a deux paires de membres, rejetées latéralement, formées chacune du membre droit de l'un des sujets et du gauche de l'autre. — Les membres de la même paire sont assez souvent soudés (fig. 215).

Il semble que les deux bassins, fendus en avant, se

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soient écartés pour se juxtaposer et se souder, de sorLe qu'il existe deux symphyses pubiennes (flg. 216).

Cette division s'est étendue aux organes pelviens; il y a deux vessies, appartenant par moitié à chaque sujet,

et recevant l'une et l'autre deux uretères.

Les deux tubes intestinaux aboutissent à un rectum commun, qui débouche à un anus simple, ou vient s'ouvrir dans une poche simple qui représente alors les deuxvessies conjointes.

F,„ oie r, ». t.. Quant aux appareils

I'ig. 210. — Bassin dischiopage , , ,

montrant une soudure des deux sexuels, ils ont été divisés

extrémités coccygiennes. — f, aussi par l'axe d'union, en soudure coccygienne ; S, pubis deux parties symétriques ;

(Lancereaux). . , . 1 "i

il s'ensuit en somme que, chez les monstres ischiopages, chaque individu est formé de deux moitiés, appartenant l'une à un sujet, l'autre au sujet opposé.

On voit quelquefois la dèrencè'phalie compliquer cette monstruosité.

Les ischiopages n'ont jamais vécu bien longtemps. Nous ferons à leur sujet la même remarque que pour les monstres pygopages : leur organisation, comparée à celle des genres voisins, est telle qu'ils mériteraient presque de faire une famille à part.

Genre xiphopage. — Dans le deuxième genre, la réunion se fait par la partie antérieure et inférieure de la poitrine; le point de soudure s'étend de l'appendice

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kiiphoïde du sternum à l'ombilic commun ; c'est, le en re œiphopage.

La xiphopagie paraît plus fréquente que l'ischiopagie [ t, comme exemple, je dois rappeler que c'est à ce groupe n'appartenait un monstre monomphalien devenu célèbre ous le nom de « Frères Siamois » (fig. 217).

ïio. 217. — Monstre monomphalien. — Xiphopage (Frères Siamois).

Observation des frères Siamois. — Cbang et Eng ttaient les noms de ces deux êtres soudés, qui naquieent.en 1811, de parents chinois établis dans le royaume te Siam.

Unis de l'ombilic à l'appendice xiphoïde, Chang et Eng « trouvaient, au moment de leur naissance, opposés face

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à face; mais à la suite d'efforts faits dès l'enfance, pour arriver â des relations mutuelles plus commodes, ils sont parvenus à modifier cette disposition première et à se placer l'un à côté de l'autre. Alors les deux appendices xiphoïdes, au lieu de se continuer dans le plan du sternum, se sont relevés et rejetés de côté, de telle sorte que finalement les deux frères se sont trouvés unis par une bande assez longue se portant transversalement de l'un à l'autre et renfermant, en outre des parties musculaires et cutanées, les deux extrémités sternales déviées.

Les frères siamois étaient semblables par les traits de leur visage, mais un peu différents par leur taille et leur force.

Ils avaient ordinairement une respiration et des pulsations isochrones, mais si l'un d'eux exécutait un! mouvement, l'autre restant au repos, cet isochronisme était rompu.

Ils avaient l'un pour l'autre l'affection la plus vive, et ce serait, dit-on, ce seul motif, qui leur aurait fait refuser l'offre d'un chirurgien hardi qui se proposait de les séparer.

Il n'y avait pas, comme on l'a prétendu à tort, une] unité morale absolue entre ces deux individus; leurj indépendance psychologique était complète.

Ils se sont mariés en Amérique, ont eu l'un et l'au-S tre des enfants bien conformés, et ont vécu jusqu'à soixante-trois ans.

Particularités d'organisation de quelques Xipho.

pages. — Genre thoracopage — Chez tous les xipho-a pages connus et étudiés, la réunion n'était pas aussi simple que chez les frères siamois. — On a observé ;

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lr 0 la jonction médiane d'un plus ou moins grand 11 ombre de viscères appartenant à la zone supérieure de S 'abdomen, tels que le foie ; 2° la fusion de deux dia- E> ihraemes en un seul, et, du côté du thorax, la coatiî [îfu'ïté des deux cœurs.

k Par contre, Kœnig rapporte que deux filles, unies de | .appendice xiphoïde à l'ombilic, furent heureusement 'i[ séparées l'une de l'autre, d'abord à l'aide d'une ligature S œ plus en plus serrée, puis par l'instrument tran- 3 lhant. La soudure devait donc être des plus superficielles.

Is Ces différences d'organisation des monstres xiphoi mges, de Geoffroy-Saint-Hilaire,ont conduit M. Dareste diviser ce genre en deux genres distincts, l'un au- 5 uel il conserve le nom de xiphopage, l'autre qu'il déi ligne sous le nom de thoracopage.

>. Le type véritable des xiphopages est celui que prérentaient les frères siamois. — Dans ce genre, chaque s, iage thoracique osseuse appartient exclusivement à il lihacun des individus composants, sans aucune fusion ! '''organes entre les deux sujets, qui d'ailleurs sont

aarfaitement conformés, i Dans le type des thoracopages, au contraire, l'indépendance des deux cavités thoraciques ne s'observe que oupérieurement ; les sternums de chaque sujet se divieent inférieurement en deux moitiés, et chacune de ces Moitiés, s'unissant avec la moitié correspondante du tternum de l'autre individu, forment une cavité unique m les organes sont disposés de telle sorte, que l'un des individus étant normal, l'autre est inverse.

Genre sternopage. — Dans le genre sternopage, "îs deux sujets sont réunis face à face sur toute l'éten-

due du thorax, depuis l'ombilic jusqu'à la partie supé rieure de la poitrine (fig. 218).

Mais il ne faudrait pas croire que les deux sternums soient simplement juxtaposés; ils sont l'un etl'autredivisésen deux moitiés, qui chacune sont rejetées latéralement, et vont à la rencontre des deux moi tiés, semblablementdis posées, du sternum de l'autre individu. Elles s'unissent alors avec elles pour former deux sternumslatéraux, communs aux deux sujets, et limitant, en dehors, une seule, mais très vaste cavité thoracique, séparée de l'abdomen par un double diaphragme (fig. 219).

Les poumons sont normaux, mais on trouvetoujours un péricarde unique renfermant soit deux cœurs contigus, soit un double cœur étendu d'une paroi à l'autre.

Cette monstruosité n'est pas extrêmement rare chez l'homme, et on en cite également des exemples assez nombreux chez les animaux. Il est inutile d'insister sur la non-viabilité des sternopages, la disposition

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