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I. MONSTRES SYCÉPHALIENS

Mode d'union et organisation des sycéphaliens. — Caractères des genres Janioeps, Iniope et Synote.

Chez les sycéphaliens, les deux troncs sont unis audessus de l'ombilic, comme chez les sternopages; le

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mode d'union est absolument le même, mais, de plus, les deux cous et les deux têtes sont également soudés.

I mq. 2?2. — Monstre sycéphalien. Fia. 223. — Monstre sycéphalien.

Janiceps. Iniope (vu du côté de la face

complète).

complètes, directement opposées l'une à l'autre. — Ces lieux faces proviennent de la soudure de deux demiïaces de chacun des sujets composants; c'est-à-dire l[ue la moitié droite de la tête de chaque sujet, se trouvant séparée de la moitié gauche et étant écartée la tératement, la demi-face droite d'un individu correspond et est soudée à la demi-face gauche de l'autre, et réciproliuement.

Dans leur genre le plus parfait, les sycéphaliens présentent donc de chaque côté de la double tète, une face, dont la moitié appartient à un sujet, l'autre moitié à un autre.

Genre Janiceps. — La disposition qui vient d'être décrite, se rencontre dans le genre Janiceps (fig. 222), ainsi appelé parce que la tête des monstres qui présentent cette conformation, rappelle avec exactitude celle de l'être mythologique Janus.

Genre Iniope. — Le genre /m'ope, diffèrepeu du précédent. — Vu par l'un des côtés de son double corps, un iniope représente absolument un janiceps (flg. 223), mais del'autre côté, il n'existe pas de seconde face complète.

Celle-ci est simplement représentée par

Fig. 224 et 255." — Iniopes ; face incomplète.

une oreille, ou par deux oreilles très rapprochées l'une de l'autre, offrant, au-dessus d'elles, une orbite contenant un œil plus ou moins imparfait (flg. 224 et 225)-

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Genre Synote. — Dans le genre Synote (fig. 226 et ;227), la face rudimentaire, dont nous venons de parler,

Wia. 227. — Fœtus de porc. — Synote Fia. 228. — Synote humain;

(d'après Amb. Paré). faceréduiteàdeux oreilles

(Mus. Dupuytren, d'après Lancereaux).

sst encore plus imparfaite et ne présente que deux oreilles très rapprochées ou une seule oreille médiane :fig. 228). Parfois l'atrophie est plus prononcée et on

n'aperçoit qu'un ou deux trous auriculaires médians, sans conques distinctes.

Ces trois variétés de sycéphaliens ont été observées et se rencontrent chez l'homme et chez les animaux; le dernier genre surtout a été vu chez le veau, le mouton, la chèvre, le porc, le chien, le chat, le lapin le cobaye et le lièvre. — La non-viabilité est la règle.

Chez les sycéphaliens, la disposition anatomique des organes thoraciques et abdominaux, ainsi que le mode d'union des deux thorax, rappellent les différentes variations que l'on observe chez les sternopages et les ectopages.

IL MONSTRES MONOCÉPHALIENS

Caractères des monocéphaliens. — Genres Dêradelphe, Thoradel- •phe, Ilèadelphe et Synadelphe.

Dans cette famille, les deux têtes sont beaucoup plus étroitement soudées et confondues ; la double tête qui en résulte n'offre aucune trace extérieure de duplicité et a l'apparence de la tête simple d'un individu unitaire.

De plus, et c'est ce dernier caractère qui sert de base à la distinction des genres, la fusion des deux troncs est plus intime, ils sont toujours réunis jusqu'à l'ombilic, quelquefois au delà.

Genre Dêradelphe. — Les monocéphaliens du premier genre représentent exactement, quant au tronc et au mode d'union des deux corps, les synotes de la précédente famille; ils n'en diffèrent que par l'absence exté-

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Heure de toute partie surnuméraire sur la face posté- : Heure de la tête, qui paraît absolument simple.

C'est ce qui s'observe dans le genre Dêradelphe (fig. .229), assez commun chez | lies animaux, beaucoup : plus rare chez l'homme.

Genre Thoradelphe. — IDans le genre dêradelphe, j on trouvait encore, à la 1 : dissection : deux rachis , et deux cacaux vertéj 1 braux, isolés sur toute leur | ! longueur, deux moelles i épinières, distinctes jus- I cqu'à leur extrémité supérieure, deux moelles allongées, et enfin deux trous > occipitaux très rapprochés ou un seul trou occipital : manifestement double.

Dans le genre Thoradelphe, il n'en est plus I ide même, ce n'est plus à [partir du cou, mais seulement du thorax, que la Pl0; 229. Monstre monocéphaduplicité de l'être COm- lien. — Dêradelphe (Amb. Paré).

mence à se révéler.

A l'intérieur, il n'existe qu'une seule série de vertè- ) tbres cervicales et une seule moelle épinière cervicale, ccomme aussi un seul crâne et un seul encéphale ; d'ail- 1 leurs, la bifurcation des deux rachis ne commence que wers le milieu de la région dorsale.

Cette disposition a pour conséquence l'apparition d'un caractère que nous n'avons pas encore rencontré dans tous les genres de monstres doubles qui viennent

d'être étudiés, c'estl'existence de deux membres thoraciques seulement.

Les thoradelpbes n'ont été observés que chez les animaux, et encore on les a rencontrés si rarement, qu'ils constituent un des genres les plus mal étudiés de la série.

Genre Iléadelphc. — M. Dareste, d'abord, et Joly, après lui, ont fait connaître le genre Iléa deîphe, qui doit être intercalé ici, dans la classification de Geoffroy- Saint-Hilaire.

En voici les principaux caractères (fig. 230).

Une seule tête; un tronc unique, muni de deux pattes antérieures, s'élargissant, à partir de la région lombaire, pour se diviser en deux arrière-trams, à peu

Fig. 230. — Chat monocéphalien.

Iléadelphe <.

1 La peau du dos a été fendue de F en F' et lègèrementècartéesur les flancs, afin de mettre à nu les régions lombaires et pelviennes, ainsi que les points d'origine des deux queues. — On voit en M et M' les muscles de la cuisse droite de l'un des sujets et ceux de la cuisse gauche de l'autre. Ces muscles ne sont pas soudés entre eux. Il en est de même des os des deux cuisses contiguës. — TH, thorax muni de deux pattes seulement; RP, région pelvienne bifurquée, c'est-à-dire formée de deux arrière-trains ayant chacun deux pattes P et P-, et Q et Q'. (D'après un dessin de Joly.)

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très normaux. Ces deux arrière-trains sont accolés laèralement et munis chacun d'une paire de pattes plus >u moins bizarrement contournées. Deux omnilics contigus, niais distincts. — Cette monstruosité a été rencontrée chez le chat et chez 'e mouton.

Genre Synadelphe.

— Le genre Synadel- )he, qui termine la série ■.es monocéphaliens, est près rare ; c'est une implication des genres rrécédents.

Les monstres synaeelphes sont caractérisés par la fusion, à la Dis sus et sous-ombiliaale, des deux troncs.

Il n'existe qu'un seul 'X)rps, manifestement ouble dans toutes ses aarties et pourvu de mit membres.

Comme chez les déaadelphes, les sycépha- ■ens et une partie des îonomphaliens, on trouve, chez les synadelphes , une ite unique, pourvue d'un trou occipital très large, uelquefois double ; deux rachis et une cavité thora-

Fig. 231. — Arrière-train d'un monstre double qui pourrait être placé entre les thoradelphes et les iléadelphes.

cique appartenant par moitié aux deux individus soudés. Mais au lieu d'avoir deux abdomens séparés, on n'a qu'une seule cavité abdominale, dont cliacune des parois latérales appartient par moitié aux deux fœtus.

Par conséquent, de même qu'il existe deux sternums latéraux et opposés l'un à l'autre, il existe deux pubis latéraux et opposés, de telle sorte que si, par la partie sus-ombilicale, les synadelphes rappellent l'organisation des dèradelphes, par la partie sous- ombilicale, ils sont constitués comme les ischiopages.

Une conséquence remarquable de leur mode d'union est l'existence de deux ombilics latéraux et diamétralement opposés, formés, par moitié, par chacun des individus soudés.

Celte monstruosité a été rencontrée seulement chez les animaux.

Tribu III. — Les axes longitudinaux des deux corps convergent par la partie inférieure.

Dans la troisième tribu les deux sujets composants sont distincts et libres à leur extrémité céphalique, mais sont unis par leur extrémité pelvienne ou même par toute la région sous-ombilicale de leur corps.

Deux cas se présentent : 1° les deux corps sont plus ou moins confondus, en un tronc commun, mais manifestement double, ce sont les monstres Sysomiens.

2° La fusion est plus parfaite, le corps paraît simple, ou du moins ne présente des traces de dualité qu'à l'analyse anatomique, ce sont les monstres Monoso miens.

SYSOMIENS

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