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I. MONSTRES SYSOMIENS

.ML.de d'union et caractères des monstres sysomiens. — Genre psodyme; particularités anatomiques. — Genre xiphodyme; organisation. — Viabilité des xiphodymes. — Xiphodymes célèbres. — Rita-Cristina. — Xiphodyme de Jacques IV. — Genre Dérodyme. — Description anatomique d'un monstre de ce genre.

Dans cette famille, les deux têtes restent toujours complètement distinctes et séparées, tandis que les deux corps réunis et plus ou moins soudés entre eux, surtout

i inférieurement, ne présentent qu'une seule paire de

: membres pelviens.

Fio. 232. — Monstre sysomien. — Psodyme (figure schématique).

On reconnaît trois genres principaux, se distinguant très facilement par le degré de soudure des deux troncs.

Genre Psodyme. — Le genre Psodyme, le premier de la série, est très caractéristique (fig. 232). Les deux

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sujets, entièrement séparés dans leur moitié supérieure, présentent, extérieurement, deux têtes, deux cous, deux thorax complets, et un abdomen double supérieurement,

simple intérieurement, VJH <4tâbL porte sur deux membres pelviens normaux, auxquels s'ajoutent parfois, en arrière et sur l'axe d'union, les rudiments d'un troisième membre.

A la dissection on trouve : deux colonnes vertébrales, distinctes jusqu'à la région lombaire, où elles se soudent; un bassin unique, des viscères thoraciques doubles, des viscères abdominaux doubles supérieurement, simples inférieurement; un seul anus et un seul appareil sexuel.

On a observé la psodymie chez l'homme et chez le veau ; mais elle est assez rare. — Ces monstres peuvent être viables.

Genre Xiphodyme. — Le genrè Xiphodyme, qu'il vaudrait mieux appeler thoracodyme (Dareste), comprend des monstres présentant encore deux troncs distincts supérieurement; mais les deux thorax sont confondus par leur partie inférieure et représentent

vuv

Fig. 233. — Monstre sysomien.

Xiphodyme (Rita Cristina, d'après I. Geofrroy-Saint-Hilaire).

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: une vaste cavité, formée de doubles éléments, rappelant ; un peu la disposition que nous avons attribuée aux tho- : racopages.

Les membres thoraciques sont toujours au nombre de quatre, mais le bras droit de l'un des sujets et le bras .gauche de l'autre sont très rapprochés, quelquefois unis -entre eux par leurs bords (fig. 234).

Fio. 234. — Xiphodyme avec soudure des bras concentriques. (Figure schématique.)

Il y a deux membres pelviens normaux ; exceptionnellement les rudiments d'un troisième. Enfin, il existe aussi un double bassin, dont la composition rappelle assez bien celui des monstres ischiopages syméliens.

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On peut dire, en somme, que, par la conformation de leurs organes thoraciques, les xiphodymes ressemblent aux thoracopages, et que, par celle de leurs organes

pelviens et lombaires, ils ont quelque ressemblance avec les ischiopages. On aura ainsi une idée assez juste de leur organisation (fig.

Viabilité des xiphodymes. — Rita-Ckis-

TINA. — XlPHODYME DE

Jacques IV. — Les xiphodymes sont des monstres qui naissent viables; on cite, chez l'homme, des sujets présentant cette mons-

F,o. 235. -Squelette de xiphodyme. qui ^ de

venus célèbres et ont même vécu assez longtemps.

C'est dans cette catégorie qu'il faut ranger Rita-Cristina, être double qui naquit en Sardaigne le 12marsl829, fut transporté en France, dans l'automne de la même année et mourut à Paris le 23 novembre suivant, à l'âge de huit mois et demi.

« Vers le commencement du règne de Jacques IV, naquit en Ecosse un enfant mâle, dont le corps, unique intérieurement et double supérieurement, paraît avoir réalisé tous les caractères des xiphodymes. Elevé avec beaucoup de soin, par les ordres du roi, ce monstre apprit plusieurs langues et devint habile musicien. Ses

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deux moitiés avaient souvent des volontés opposées et quelquefois même se querellaient entre elles. Cet être double dont l'étude psychologique et physiologique eût pu, dans un autre siècle, devenir d'un si grand

Fio. 236. — Fœtus de vache sysomieYi; probablement xiphodyme.

intérêt pour la science, mourut à vingt-huit ans. On prétend que l'une des moitiés survécut plusieurs jours. » (I. G.-S.-H.)

Genre Dérodyme. — Le troisième genre est le genre

Fio. 237. — Monstre sysomien. — Dérodyme.

Fia. 238. — Agneau dérodyme.

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Dérodyme ; c'est le plus intéressant de la série, par la

. conformation anatomique des sujets soudés et par sa fréquence relative chez

! les vertébrés (flg.237, 238 et 239).

Nous avons eu occasion, il y a peu de temps, d'observer et de disséquer un veau dérodyme, qui nous a

i été envoyé par un de

: nos confrères. La des-

i cription rapide de ce veau donnera une idée \ \ parfaite du genre.

A l'extérieur, la division n'était visible

i qu'aux deux extrémi -

i tés du tronc. — Il y

; avait, en avant, deux

i cous portant chacun

mne tête bien confor -

imée et, en arrière,

i deux queues. Le corps „ „„. "^^rT „

. . . 1 l<ia. *>àv. — Sujet ligure dans les œuvres

[paraissait Simple etse d'Ambroise Paré. — Il s'agissait pro-

I trouvait Supporté par bable,ment d'u» monstre dérodyme, quoir que la division soit indiquée un peu

(quatre membres nor- plus bas que le cou. imaux.

A la dissection, la duplicité de la colonne vertébrale était manifeste sur toute la longueur ; les deux rachis, : libres et écartés dans la région cervicale, étaient très ; rapprochés l'un de l'autre et parallèles depuis le corn-

raenceraent de la région dorsale jusqu'à l'extrémité poslérieure. Ils étaient soudés en deux points seulement; vers le milieu de la région dorsale d'une part, et au niveau du sacrum d'autre part; celui-ci était représenté par une seule pièce, manifestement double.

Le bassin, unique et absolument simple, était normal; il donnait insertion à deux membres pelviens bien conformés. — Les côtes opposées aux régions accolées étaient seules développées, et, s'insérant par leurs extrémités inférieures sur un sternum simple, limitaient une cavité tboracique unique dont le plafond, formé par les deux rachis, présentait seul des traces de duplicité. Quant aux côtes concentriques, celles qui étaient situées du côté de l'axe d'union, elles n'avaient pas pu s'allonger et n'étaient représentées que par des rudiments très courts, placés dans l'étroit intervalle laissé libre entre les deux colonnes vertébrales.

Les deux trachées aboutissaient séparément à des poumons irrégulièrement doubles; mais le péricarde était simple et ne renfermait qu'un seul cœur. Je dois faire observer, en passant, que souvent les monstres dérodymes présentent deux cœurs contigus.

Le tube digestif, double dans toute la partie antérieure, se fusionnait, un peu avant le rectum, en un seul conduit qui débouchait dans un cloaque ouvert sous les deux queues. Dans ce cloaque aboutissaient aussi les voies génito-urinaires, absolument simples.

On pourrait synthétiser la conformation générale de ce monstre et, par suite, celle du genre dérodyme, en faisant l'hypothèse suivante : Prenons deux animaux, A et B, normalement conformés; par une section longitudinale passant un peu en dehors du rachis, mais

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partageant le bassin et le sternum en deux parties symétriques, enlevons à À toute la moitié gauche du corps, et à B toute la moitié droite; ceci fait, rapprochons exactement les deux moitiés rachidiennes de chaque animal, en maintenant écartées les deux tiges cervicales, qui supportent les deux tètes, non comprises dans la division ; mettons la peau par dessus, et nous aurons la conformation du monstre double dérodyme.

Quelquefois, les deux co - Ion nés vertébrales, au lieu d'être doubles sur toute leur longueur, se confondent à partir de la région lombaire, etlemonstren'a qu'unequeue.

Souvent aussi, comme on peut

le voir sur le petit squelette Fl0 240- Squelette humain

de la figure 240, la Soudure et dérodyme. — La description

la confusion des deux colonnes vertébrales ne sont pas aussi prononcées ; mais, à part cela, l'organisation générale du monstre est toujours la même.

Nous devons ajouter, en terminant, que ces monstres ne sont pas viables et qu'ils ont été rencontrés dans presque toutes les classes de vertébrés, où ils offrent une organisation parfaitement analogue à celle que nous venons de décrire.

faite dans le texte se retrouve exactement, avec cette différence, cependant, que les deux colonnes vertébrales sont assez distinctes, sur presque toute leur longueur.

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