I. MONSTRES HÉTÉROTYPIENS
Genres appartenant à cette famille. —Genre hétêropage. — Genre hétérotype. — Genre hétéraclelphe. — Hétéradelphes observés chez l'homme et chez les animaux. — Porcin hétéradelphe de M. Leshre. — Genre hétéromorphe. — Genre hêtèrodyrne.
Cette famille comprend cinq genres, se distinguant •surtout par le degré d'avortement du sujet parasite, et •son mode d'insertion sur l'autosite.
Genre Hétêropage. — Dans le genre Hétêropage, lie sujet parasite est très petit, très imparfait, mais il (est encore pourvu d'une tête distincte et de membres ipelviens; il est inséré sur la face antérieure du sujet [principal, de la partie inférieure du thorax à l'ombilic (fig. 256).
Cette disposition curieuse permet de comparer un hé ttéropage à un aoîphopage, chez lequel un des sujets (composants, arrêté dans son développement, a conservé lies caractères d'un paracéphalien.
Dans une des observations rapportées par Geoffroy- Saint-Hilaire, le sujet parasite avait une tête volumineuse, mais mal conformée ; sa bouche, toujours béante, laissait continuellement échapper de la salive. Ses yeux ! étaient fermés, ses membres supérieurs, courts, mal faits, très contournés, n'avaient que trois doigts chacun. La moitié sous-ombilicale était encore plus imparfaite, car les organes génitaux n'étaient qu'ébauchés, et il n'existait qu'un seul membre pelvien.
Genre Hétérotype. — Après le genre hétèropage, nous placerons le genre Hétérotype, que Geoffroy - Saint-Hilaire a admis, d'après une observation due j à Maunoir, mais qu'il n'a pas classé. Dans ce genre, l'union entre l'autosite et le parasite se fait surtout par le canal vertébral et la moelle. — On trouve deux sa crums, appartenant par moitié aux sujets composants, servant de pivot à deux bassins appartenant aussi par moitié aux deux sujets. Les moelles épinières, soudées entre elles par leurs extrémités, sont, dans une partie de leur étendue, complètement en dehors du canal vertébral.
Gomme dans le genre précédent, le sujet accessoire conserve les caractères d'un paracéphalien.
Genre Hétéradelphe. — Le genre Hétéradelphe, est caractérisé par l'avortement complet de la portion supérieure de l'être accessoire, dont la tète, le cou et quelquefois le thorax font défaut.
Tandis que, dans les genres précédents, le parasite avait les caractères d'un omphalosite paracéphalien, dans le genre hétéradelphe, il n'a plus que les caractères d'un acéphalien (fig. 257).
Un des cas les plus remarquables, que l'on connaisse
IIETEROTYPIENS
.chez l'homme, est celui que rapporte Buxtorff. Dans c ce cas le parasite paraissait seulement composé du Ibassin et des deux membres abdominaux. Il présentait tceci de particulier que les impressions ireçues par le parasite étaient perçues :par l'autosite, qui savait même la possibilité de lui im- ;primerde très légers :mouvements. Cethé-
IFio. 253.— Mo istre hétérotypien. — Hétéropage (1. G.-S.-H.).
Fig. 257. — Monslre hélérolypien.
— Hétéraclelphe (Amb. Paré).
ttéradelphe s'était marié et était devenu père de quatre enfants, tous bien conformés et jouissant d'une excellente santé.
L'hétéradelphie n'est pas non plus une monstruositébien rare chez les animaux ; elle s'est présentée chez le bœuf, le mouton, le porc, le chat et le chien, mais presque toujours chez des sujets morts-nés ou n'ayant vécu que quelques jours.
Nous reproduisons ici une figure ( fig.
258) que nous devons à l'obligeance de M.
le professeur Lesbre, qui, dans le Journal de V Ecole de Lyon, a publié une étude anatomique très complète et très intéressante du sujet qu'elle représente.
Ce monstre, sur lequel nous reviendrons, car il était à la fois, hétéradelphe et augnathe, appartenait à l'espèce porcine. 11
P, Sujet parasite avec sa vulve V; CO, présentait, SUr le CÔté cordon ombilical commun au parasite et à , , ,, , ,
rautosite (Lesbre). gauche de 1 abdomen,
Monsti't
IIÉTEROTYPIENS
au voisinage de l'ombilic, un sujet accessoire, greffé sur
Fig. 259. — Disposition des principaux organes intra-abdominaux du monstre précédent.
H, Rectum de l'autosite; R', rectum du parasite terminé eu cul-de-sac; R? rein de l'autosite, surmonté d'une capsule surrénale ; Re' rein du parasite; U, uretère de l'autosite; U' uretère du parasite; V, vessie de l'autosite- V, vessie du parasite ; AA, artères ombilicales de l'autosite, se portant vers l'ombilic de chaque côté de l'ouraque ; A' A', artères ombilicales du parasite; Yo, veine ombilicale; Co, cordon ombilical; O 0, ovaires de l'autosite. Le gauche se joint au trajet inguinal par le ligament L ; CM, canal de Millier de 1 l'autosite; 0', ovaire du parasite; C' M', canal de Mùller du parasite; Ao et ' Vc, aorte et veine cave sous-lombaires de l'autosite ; Ao et Vc, aorte et veine i cave sous-lombaires du parasite, branchées sur les précédentes (Lesbre).
Ilui sans connexion squelettique, et réduit, à peu de chose iprès, à une paire de membres postérieurs.
GciNARD, Tératologie. 07
Ce sujet parasite était un véritable péracéphale, n'ayant dans son squelette que les pièces osseuses constituant les membres abdominaux, ne présentant ni poumon, ni cœur, ni thymus, et ne montrant, comme tube digestif, qu'un côlon, en relation avec celui du sujet principal, aboutissant à un rectum terminé en cul-de-sac au voisinage d'une petite vulve bien conformée. — On trouvera dans la figure 259 et la légende qui l'accompagne des renseignements complémentaires sur la disposition des autres organes abdominaux et pelviens.
En 1863, M. Chauveau a publié un mémoire fort remarquable sur un veau hétéradelphe ; dans ce mémoire il s'est livré à des considérations très circonstanciées sur la circulation des omplialosites et le développement des nerfs et des muscles, donnant une nouvelle preuve des services considérables que la tératologie peut rendre k l'anatomie, à l'embryologie et à la physiologie. — Nous noterons encore un fait qui a un certain intérêt, c'est que, dans cette observation, le parasite et l'autosite était de sexe différent.
Genre Hétéromorphe — Le genre hétéromorphe que Geoffroy- Saint-Hilaire avait pressenti, sans le décrire, pourrait être placé ici. C'est M. Dareste, qui l'ayant observé chez le poulet, a fixé définitivement ses caractères, en rapprochant son observation de celle que Tiedmann avait faite chez l'homme.
Dans ce genre, les deux sujets sont unis par leurs extrémités pelviennes, à la façon des ischiopages ; mais tandis que l'un d'eux est complet, l'autre est un acêpJialien réduit simplement à un train postérieur.
Genre Hétérodyme. — Dans le genre Hètérodynie
HKTÉRO'i YPIKNS .',71
le sujet parasite, suspendu à l'épigastre de l'être normal, est composé simplement d'une tête plus ou moins imparfaite, d'un cou et d'un thorax plus imparfaits en-
Fio. 260. — Monstre hétérolypien. — Hétérodyme (Amb. Paré).
core, qui souvent sont tellement rudimentaires, que la tête paraît implantée directement sur l'épigastre de l'autosite.
Nous reproduisons ci-dessus (fig. 260) une figure à' hétérodyme, empruntée à Amb. Paré; le dessin est un peu fantaisiste, mais représente certainement le genre de monstre que nous venons de décrire.
MONSTRES DOUBLES l'ARASITAÎHKS